Au moins trois femmes pour la Transition écologique

Elisabeth Borne, Amélie de Montchalin et Agnès Pannier-Runacher s’occuperont d’Environnement dans le premier gouvernement du second quinquennat d’Emmanuel Macron. MàJ. 23 et 24 mai : portraits de Mme Borne.

Le nouveau gouvernement qui vient d’être annoncé cet après-midi comporte trois ministres pour s’occuper directement de la crise écologique : 

  • Elisabeth Borne est bien sûr Première ministre, elle est aussi chargée de la planification écologique et énergétique.
  • Amélie de Montchalin est ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires
  • Agnès Pannier-Runacher est ministre de la Transition énergétique.

Amélie de Montchalin est Lyonnaise d’origine mais a été longtemps Versaillaise. Elle a été députée, spécialisée dans la finance, et aussi secrétaire d’Etat chargée des Affaires européennes, puis ministre de la Transformation et de la Fonction publique. 

Agnès Pannier-Runacher est fonctionnaire, mais elle a aussi travaillé dans l’industrie automobile et a été ministre déléguée à l’Industrie. 

 Sa principale originalité est de confier à trois femmes les rênes de la planification écologique. Comme si c’était d’abord une affaire féminine que de s’attaquer à un changement majeur de notre civilisation. En tout cas, on ne peut pas vraiment dire que les hommes jusqu’ici aux commandes ont beaucoup fait progresser cette cause. En France, face au réchauffement climatique, on n’a pas tout essayé. 

Philippe Mabille, de La Tribune, 21 mai 2022

On s’étonne que personne ne soit nommé aux Transports, voire à la mobilité. On avait beaucoup parlé d’une autre femme, la Mansoise Chrystelle Morançaisprésidente de la Région des Pays de la Loire, pour la Loire à vélo plutôt que le circuit moto et auto, espère-t-on. « Aucune anomalie, assure l’Elysée au Monde, en expliquant que ces deux sujets figurent « dans le portefeuille » de la ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Amélie de Montchalin, avant d’être pilotés éventuellement par des secrétaires d’Etat, après les élections législatives des 12 et 19 juin. » (Le Monde)

Elisabeth Borne, nommée Première ministre, chargée de la Planification écologique et énergétique, fut ministre des Transports puis ministre de la Transition écologique et solidaire. Elle est la femme qui en France a sauvé le vélo du néant et qui a déclaré qu’il ne fallait pas le mépriser. Bien sûr c’est aussi elle qui a autorisé les trottinettes électriques dans les pistes cyclables, mais au moins … est-elle de gauche (je dis ça pour les cyclistes qui croient que seuls les écolos s’ils sont de gauche sont capables d’agir dans le bon sens). Elisabeth Borne est connue pour être un bourreau de travail, et pas du tout une marrante.
Autant nous l’avions beaucoup aimée pour sa reconnaissance absolue du vélo parmi les vrais modes de déplacement, autant nous avions trouvé qu’à la fin elle paraissait dépassée (dans le sens « épuisée ») par l’ampleur de sa tâche. Elle avait en tous cas tout compris sur le vélo, comme le raconte bien Olivier Razemon dans La « Première ministre du vélo ». « Il est maintenant nécessaire de rendre le Forfait Mobilité Durable obligatoire comme annoncé dès le début. C’est le sens de l’appel de l’Alliance des Mobilités lancé il y a quelques jours par les acteurs du vélo en France. » insiste Charles Poretz, de Ciclez. France-Inter lui consacre un portrait: Enfance, parcours, patrimoine : douze choses à savoir sur Élisabeth Borne.

Profitez-en : un article de Contexte, exceptionnellement en accès gratuit.
« Elle n’est influençable que par la raison pure » :
six choses à savoir sur la méthode Élisabeth Borne.

Lire aussi : Élisabeth Borne, fille d’un résistant rescapé d’Auschwitz, France24.

Signalons à toutes fins utiles la nomination de Brigitte Bourguignon au poste de ministre de la Santé et de la Prévention, des fois qu’elle se souvienne que l’activité physique régulière et non violente est le meilleur outil de prévention qui soit. Elle était précédemment ministre déléguée à l’autonomie, et elle se déclara favorable à la baisse de la vitesse sur les autoroutes. 

Jean-Baptiste Djebbari, notre ministre des Transports avionneur a quitté le navire avant l’heure. Avant que le Gouvernement n’ait démissionné il rejoignait une jeune pousse d’entreprise nommée Hopium, qui créé des voitures de luxe fonctionnant à l’hydrogène. Rêvons pour lui que les vapeurs ne lui montent pas au cerveau. Comme ministre des Transports il n’a fait de miracles que pour les avions.

Enfin Barbara Pompili, la toujours calme Amienoise, qui fut candidate aux municipales de 2008 à Paris, attachée parlementaire de Yves Cochet, députée de la Somme en 2012, d’abord écologiste puis macroniste. Elle présida les débats sur la LOM à l’Assemblée Nationale. En 2020 elle était nommée ministre de la Transition écologique, et avait sous sa tutelle notamment Jean-Baptiste Djebbari. Agée d’à peine 47 ans elle a un passé politique particulièrement riche comme le montre sa page wikipedia. Elle est candidate aux législatives. 

Cet article a été complété par Un secrétaire général à la Planification écologique puis par Toujours pas de vélo au ministère

Print Friendly, PDF & Email

12 réflexions au sujet de “Au moins trois femmes pour la Transition écologique”

  1. Nous ne sommes manifestement pas latéralisés de la même façon ! Saluons cependant la grande opération de recyclage que constitue ce gouvernement. Ça doit être ça le virage écologique.

    Répondre
  2. Il faudrait être aveugle pour ne pas voir que la fameuse transition écologique des transports ce sera la voiture électrique et le vélo n’aura droit qu’à un strapontin. N’attendons rien de cette coalition qui va aller à hue et à dia.

    Répondre
    • Le problème est qu’il n’y a pas sur terre les ressources énergétiques et minérales pour remplacer le parc automobile mondial par des véhicules électriques. Par ailleurs, cela ne règle pas le problème n°1 des voitures en ville : l’espace délirant que cela consomme là où l’espace est justement rare.
      Quant aux gouvernements Macron, il ne faut effectivement rien en attendre à part du greenwashing.

      Répondre
  3. A peine élu les actes de nomination du gouvernement ne traduisent pas les promesses d’aller vers plus de respect de la vie humaine et de la nature. Le déplacement actif sera encore le parent pauvre de cette législature car peu porteur d’honneur et de sensationnel. Nous continuerons tous à aller dans le mur qui se rapproche dangereusement. Les températures que nous subissons en sont les conséquences sans aucune réaction de notre part, c’est vraiment désolant ce déni.

    Répondre
  4. Je trouve ce portrait de Mme Borne plus élogieux que ce qu’elle mérite. Elle n’en a pas fait tant que ça pour le vélo (je dirais : le minimum syndical compte tenu de la situation actuelle), et elle a fait beaucoup de mal au ferroviaire, ce qui est bien pire à mes yeux.

    Répondre

Laisser un commentaire