
L’éditorial, par Susana Jourdan et Jacques Mirenowicz, s’intitule
Garder la Terre habitable à l’ère de la « post-vérité ».
Il nous y est dit que l’heure n’est plus simplement à l’éthique, aux comportements responsables des individus et des entreprises, ou à la défense des droits de l’homme, elle est à la préservation d’une planète tout bonnement habitable : alors que 2015 avait pulvérisé tous les records de chaleur, 2016 sera plus chaud encore (page 6) : on atteint 1,2°C de hausse moyenne de la température depuis l’époque préindustrielle, la concentration en CO2 s’est durablement installée à 400 parties par million partout dans l’atmosphère, les coraux meurent dans toutes les mers du monde, etc.
Le gouvernement « post-vérité » c’est celui d’un homme pour qui mentir c’est dire la vérité, et se contredire aussi normal que respirer. Vous l’avez sans doute reconnu, nous sommes en plein Orwell, remarquent les éditorialistes.
La revue suisse s’intéresse aux investissements dans les énergies fossiles, et les énormes pertes financières engendrées par ces investissements, et demande à ce que les investissements qui concourent à la destruction du climat soient abandonnés.

Ce dossier, illustré sur la couverture par un vélo de ville iconique (il ne lui manque que les fleurs dans le panier!), c’est « la mobilité soutenable ».

La mobilité soutenable se joue en partie dans les infrastructures, dans l’organisation de la ville qui raccourcit les distances et invite à marcher, à pédaler et à prendre le bus, le tram et/ou le train et à oublier l’automobile privée. Mais elle se joue aussi sur le terrain des représentations et des modes de vie, nous explique-t-on. Avec des graphiques éclairants sur les sources de CO2, sur les kms parcourus selon les modes et les pays…
Les scénario pour l’avenir (ultramobilité, altermobilité, proximobilité, étudiés à la demande de la SNCF) sont passés en revue par Vincent Kaufmann [1. Sur les scénarios de mobilité, on peut lire notre article Une mobilité sobre, seul moyen de ne pas crever de chaud, qui présente les mêmes 3 scénario, dont un seul permet d’atteindre l’objectif adopté lors de la COP21.], ainsi que les aspirations des citoyens à plus de proximité : « près de la moitié de la population interrogée rejette la dispersion spatiale actuelle des activités (travail, loisir, vie sociale et familiale) et souhaite réduire drastiquement ses déplacements quotidiens. » Page 24.
Très intéressantes, les conséquences de la très forte amélioration du train en Suisse, qui est l’explosion des déplacements aux heures de pointe, une véritable aberration !!! (p. 28) et l’atomisation de la société. Travailler loin de chez soi est insoutenable, mais pour faire évoluer les choses il faudrait que le transport ne soit plus perçu comme étant gratuit, et que l’on fasse mieux connaître les conséquences de ces navettes ultra-longues sur les couples et sur la santé.
L’article sur Amsterdam fait le récit de la lutte, bien réelle, entre automobilistes et cyclistes, et montre que « là comme ailleurs la voiture a cherché à évincer les vélos de l’espace public ». En 1937, par exemple, les cyclistes sont déjà présentés comme des « enfants à problèmes », et « en 1954, alors que les cyclistes constituent encore 75 % du trafic en ville, le maire demande au chef de la police de proposer une solution à ce problème du parking des voitures. »
Tout l’article est épique, par exemple l’abandon de l’obligation de construire des garages à vélos qui a créé la guerre avec les piétons, l’échec d’un référendum sur l’exclusion des autos du centre d’Amsterdam, l’explosion du vélo qui surprend tout le monde, et amène les politiques à courir après[1. L’explosion du vélo et les pouvoirs publics réduits à lui courir après est bien décrite également pour la France dans le livre de Julien Demade.] …

- Pour remplacer la voiture, il existe une très large gamme de vélos.
- L’Institution genevoise de maintien à domicile « libère » ses employés de la voiture individuelle (une politique efficace et rentable de mobilité active pour ses employés).
- Les jeunes se détournent du permis.
- La BNS [banque nationale suisse] fait le pari d’un monde à +6°C et perd 4 milliards.
- Un cri d’alarme vient clore ce numéro, sur le « numérique », à la fois industrie destructrice de l’environnement et usage destructeur de cerveaux. « Le numérique à l’école : un désastre… » pp. 10 à 14.
- etc.
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—Notes–
Un exemple de graphe :





