Mobilité, la terrible ambiguïté

L’injonction de la mobilité recouvre des réalités contrastées. L’usage généralisé de ce mot est cause de souffrances. Il est une des ambiguïtés majeures de notre siècle, comme le montre une remarquable exposition à Paris. [14 fév. 4 nocturnes et 3 conférences, voir en fin d’article.]

L’exposition Mobile – Immobile, organisée par le forum Vies mobiles, est présentée aux Archives nationales, lieu de la conservation austère des archives de l’Etat. A l’entrée de ce beau lieu construit de 1371 à 1859, une image de carcasses de voitures d’un côté, de foule humaine de l’autre.

A l’étage d’abord des « tranches de vie » en bandes dessinées, exprimant la simple vie de tant de gens, entre mobilité très proche de la famille ouvrière de Denain et mobilité éclatée, minutée et épuisante de l’aide soignante maman seule de 3 enfants qui n’obtient que des CDD de 6 mois, et dont le seul point fixe est son appartement HLM. 

A la mobilité accélérée signe de modernité en Chine, et de catastrophe, à nos paysages méconnaissables sous les assauts des ponts et noeuds routiers où l’humain a tout bonnement disparu, s’opposent les affiches de Brice Lalonde et René Dumont .. « Quand vous voulez »… 

Cette exposition traite de l’ambivalence de la mobilité, du « droit à la mobilité » et au tourisme lointain et de la fermeture des frontières et des noyades en mer ; elle traite des néo-nomades qui vivent en camion et des expatriés de la semaine, des foules mobiles mais canalisées, des transports bondés, des autos à l’arrêt … Le recours accéléré à la sous-traitance dans de nombreux secteurs (nucléaire, SNCF, bâtiment … jusqu’à la sortie de nos poubelles le dimanche soir) et aux CDD, et la disparition des services publics ne font qu’aggraver la situation, au détriment de ceux qui la subissent, et au détriment du climat.

Un passage sur les ingénieurs-trafic et leur logique. Leur boulot c’est de rentabiliser les routes. Ils ont donc sans état d’âme tout organisé à partir de la route. Aucune notion d’aménagement du territoire, aucune question hors-route, du genre avantages et inconvénients, aucune question même sur la réelle utilité de leur route… Il suffit de les remplir.

Bougez-vous, soyez actifs, il faut être mobile, chante l’air du temps, qui s’oppose au simple fait de traverser la rue. Les voyages forment la jeunesse, ajouterons-nous, mais travailler partout, n’importe où, grâce à votre ubiquité et à vos tapis volants (smartphones et tablettes) ? Notre société refuse le repos. Est-ce que tout cela vaut vraiment la peine ? se demandent les organisateurs de l’expo. 

Cette exposition est comme un article scientifique dans lequel vous vous promenez. Il y a l’exposition des faits, les illustrations, les propositions. La conclusion vous appartient.

Archives Nationales, 60 rue des Francs-Bourgeois, Paris 4°.
Jusqu’au 29 avril
Lundi au vendredi (fermé le mardi) : 10h00-17h30 
Samedi et dimanche : 14h00-17h30 
Plein tarif : 8 €, tarif réduit : 5 € 

Forum Vies mobiles
Exposition Mobile/immobile
Métro : Ligne 1 et 11 Arrêt Hôtel de ville / Ligne 11 Arrêt Rambuteau
Vélo : double-sens dans le quartier, pas d’arceau à proximité.

Nocturnes jusqu’à 21h30 les jeudis 21 février, 7 mars, 28 mars et 18 avril. 
Conférences ces même soirs sauf le premier
 à 18 h 30. Sur inscription.
Voici ce que que vient de faire savoir le Forum Vies Mobiles. Vous y verrez aussi que lire ce blog n’est pas aussi prestigieux que lire TéléÍrama, le Parisien ou …. puisqu’il n’est même pas nommé dans les « Parutions » … Pourtant j’ai obtenu les images et tout ce dont j’avais besoin de la part du service de presse! 

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1 réflexion au sujet de “Mobilité, la terrible ambiguïté”

  1. Toutes les petites rues du quartier sont effectivement en double sens cyclables (DSC) car situées en zones 30, mais ni la rue des Archives ni la rue des Francs-Bourgeois qui sont les limites de ces zones 30 (application à la lettre stricte de l’obligation des DSC en zone 30).
    Et très peu de stationnement vélo à proximité, en particulier aucune place de stationnement voiture remplacée par des places vélo dans le tronçon de la rue des Francs Bourgeois entre les Archives et le Crédit Municipal. L’étroitesse des trottoirs ne permet pas de s’accrocher aux rares poteaux de signalisation. Les plus proches trombones et arceaux sont devant le 50 rue des Archives

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