Plus on donne de la place à l’auto plus elle en prend, en dépit de toute logique

A Paris l’auto n’est utilisée que pour 12,8% des déplacements et le vélo y a une part très faible. Pourtant, comme partout, l’auto y occupe plus de place que les piétons. ADETEC passe en revue les villes françaises les plus importantes et propose des explications à ces bizarreries. Article amendé par B. Cordier le 5 octobre.

  • La part de l’auto à Paris est la plus faible des grandes villes françaises, et de très loin. 12,8%, contre 50% dans les autres grandes villes et environ 40% dans les métropoles.
  • Pour le vélo Paris se situe dans le 1er tiers du classement (14 ème sur 47) : 0,1% à Saint-Etienne, 3% dans Paris et jusqu’à 8,9 % (Strabourg) dans nos métropoles.
  • Pour la marche Paris redevient la première, 52%. 
  • Dès qu’on passe en banlieue les disparités commencent à s’estomper.
Villes-centres, répartition des modes de déplacement utilisés
Banlieues, répartition des modes de déplacement utilisés

Si on additionne marche, vélo et transports publics, Paris atteint 87% des parts, et 63% si on y met sa proche banlieue. 
A Strasbourg c’est 64% au centre et 55% avec la petite couronne.
La banlieue parisienne est 28eme sur 44 pour le vélo, selon cette grosse étude de ADETEC, publiée en juin 2021 et réalisée avec l’ensemble des chiffres disponibles.

Pourquoi ces différences ?

(1) Dans toutes les villes l’espace dédié à l’automobile est le plus grand.
(2) Mais plus l’espace est rare mieux il est partagé, et c’est là qu’on retrouve nos métropoles.

Répartition de l’espace alloué selon les modes de déplacement

(3) Plus un mode a de l’espace plus ce mode est utilisé (et plus il l’utilise : il prend toute la place). C’est très clair pour la marche, sauf à Paris, pour le vélo aussi mais pas de façon aussi nette, ainsi que pour les transports publics. 

L’usage de l’auto suit l’espace qu’on lui donne

Pour la assez faible corrélation entre vélo et espace alloué la raison me paraît simple. C’est le manque de continuité qui ralentit l’augmentation, mais aussi la qualité de ce qui n’est pas spécifiquement dédié à la marche ou au vélo. 
Bruno Cordier propose d’autres raisons
– Il y a aussi beaucoup d’espace pour le trafic motorisé individuel1.
– Les aménagements cyclables sont souvent plus destinés au loisir qu’au déplacement.
– Les distances sont parfois trop importantes.

La corrélation espace-usage est excellente pour l’auto, souvent pour la marche, moins pour les bus et les cyclistes.
Elle est aussi très bonne avec l’espace total disponible. C’est à Paris qu’on est le plus entassé, 13m2 par habitant dans la capitale, 59 à Saint-Nazaire, 40 à Lille. On marche plus aux Champs-Elysées que place des Terreaux.

Partout encore, même à Paris, l’automobile dispose de plus d’espace que la marche.

Le cabinet ADETEC-Bureau d’Etudes en Transports et Déplacements, créé et dirigé par Bruno Cordier, est spécialiste des études de mobilité. 

Le Palmarès des mobilités. Les villes françaises les plus vertueuses pour les transports. ADETEC, juin 2021. 

  1. Le trafic motorisé individuel bénéficie par ailleurs d’une publicité énorme ainsi que de services complets. Nul étonnement à ce qu’il soit dominant sur terre et dans les têtes.
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1 réflexion au sujet de « Plus on donne de la place à l’auto plus elle en prend, en dépit de toute logique »

  1. Les figures sont intéressantes et parlantes (ce serait bien de préciser de quand date ces statistiques, tant la pratique du vélo a explosé ces derniers temps par endroits), les commentaires dans les figures sont également clairs et utiles…

    En revanche le texte (hors celui des figures) me parait en contradiction avec les chiffres des figures, à moins que je n’ai rien compris

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