Le « vélo sans pédale » adopte un VAE à pédales

Le sus-nommé « vélo sans pédale » de la société suédoise Vässla aura bientôt un petit-frère. Les deux sont des engins à deux-roues et une selle que je vous laisse découvrir.

La premier, le « vélo sans pédale » est un EDP au sens légal, engin de déplacement personnel. Il doit rouler dans les pistes cyclables lorsqu’elles existent1, et est disponible en Suède, son pays d’origine (où la société vend surtout des motocyclettes2), Allemagne, Espagne et France. En France surtout, et dans ce pays, à Paris d’abord. Il est sans pédales, mais surtout électrique.

▶️ C’est donc un cyclomobile léger, enregistré comme un vélo chez Paravol et donc au fichier de l’APIC, dédié à « l’identification des cycles et de la mobilité active« . Je parie que Noël Jouenne3 n’y avait pas pensé à celui-là. 

Lancé en mai dernier en France par une société dont le nom signifie « belette », un petit animal sauvage et féroce qui peut se faufiler partout, l’engin compte un nombre d’abonnés parisiens « défiant les prévisions », il doublerait chaque mois – et ne semble pourtant pas très élevé. On me dit que ce sont des jeunes garçons à 90%, entre 20 et 30 ans, plutôt de « classes moyennes », car l’abonnement est un peu moins cher que le pass navigo. Il y aurait un gros effet de mode et la promotion passerait beaucoup par le bouche à oreille, sur un territoire assez bien typé « ouest » : Paris 15ème et 17ème arrondissements, proche banlieue ouest (on me cite les communes de Boulogne-Billancourt, Neuilly, Suresnes et Courbevoie). Qu’ils soient utilisés principalement pour aller et revenir du travail, et un peu pour se balader, et que son usage soit quasi-exclusivement masculin, je veux bien le croire, pour le reste je doute, mais peu importe.

Deux engins électriques prisés par les jeunes hommes

Son petit frère, lancé ces jours-ci, est un simple VAE, toujours en location mensuelle, casque, antivol et rétroviseurs inclus, et bien sûr livraison à domicile, aide à la prise en main, réparations ou échange. Son autonomie approchera les 100 km (à assistance faible) contre 40 km pour le sans-pédale. Le site de vente Frandfroid indique que la puissance envoyée est proportionnelle à celle que vous envoyez vous-même, ce qui donne une conduite plus naturelle, dynamique et réactive. Ce type d’assistance se trouve d’habitude sur les VAE haut-de-gamme, précise le site. Le moteur est à l’arrière et envoie une puissance de 250W, la plus importante du marché. Le rédacteur dit que cela donne la sensation de toujours rouler en descente !

La batterie est amovible, on peut déverrouiller le vélo à distance et recevoir une alerte en cas de tentative de vol. Il figure également dans le catalogue suédois.

La motivation pour lancer ce second produit serait que la clientèle manifeste un besoin de bouger un peu. Au passage le confort aura été amélioré, avec une position plus ergonomique que sur le sans-pédale (plus penchée), une suspension sous la selle et des roues passant de 16 à 24 pouces. L’abonnement sera de 79 euros par mois, et la hauteur de la selle sera réglable. La liste d’attente est ouverte. 

Nul doute que le VAE en location mensuelle trouvera son public, celui qui aime se faufiler partout avec rapidité, celui qui aime zig-zager parmi les autos ou les cyclistes … Avec ou sans pédale c’est toujours un objet vif et électrique à deux roues, qui se plaira dans les pistes cyclables.

 

L’engin de frime des jeunes gars des beaux quartiers, réalité ou image marketing ?

En complément

  • Vässla : son nouveau vélo électrique en abonnement mensuel revendique 100 km d’autonomie. FRANDFROID, 22 septembre 
  • Vässla Pedal : le vélo électrique design à 79 € / mois. Cleanrider, 22 septembre 
  • En Suède l’engin s’appelle aussi « bike« .

Notes

  1. Seul l’élargissement de la définition des EDP, intervenue en janvier 2022, permet à ce type d’engin, sans pédale mais avec un siège, de rouler sur l’espace public. Voir Les « cyclomobiles légers » sont « autorisés » dans les pistes cyclables.
  2. Société Vässla
  3. Noël Jouenne : Qu’est-ce qu’un vélo?
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5 réflexions au sujet de “Le « vélo sans pédale » adopte un VAE à pédales”

  1. Intéressant (ou pas) d’observer l’histoire se répéter (cyclomoteur à pédale, mobylette à pédale, mobylette sans pédale, motocyclette, moto, puissance, poids, vitesse…).
    La lente disparition du vélo au profit de quelque chose qui permet dans les premiers temps de le prendre pour un vélo, mais que, une fois démocratisé, on ne prendra même plus la peine d’appeler vélo.
    Cette fois le vocabulaire a changé mais apportera le même résultat. Vae, vélo à assistance électrique limité à 25, speed bike, lobyisme pour que le VAE roule à plus de 25, débridage, puissance, moteur de 500w, couple de 100w, batterie de 1000W… Vocabulaire différent, résultat identique.
    Hé mais pourquoi on s’embête avec des pédales en fait ? Quand 10% de l’énergie seulement est fournie par le cycliste on a tout avantage à mettre des cale-pieds plutôt …
    La boucle est, lentement, bouclée.

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  2. On peut imaginer un « avantage collatéral » pour les personnes quant à elles obligées de circuler en fauteuil roulant à cause d’un accident ou d’un handicap : elles peuvent désormais se fondre incognito dans la masse des engins n’impliquant aucune capacité musculaire.
    Le problème est que les jeunes utilisateurs de ces VAE, laissant leurs capacités musculaires en friche, ne font rien d’autre que s’entraîner à piloter leur futur fauteuil roulant (sans parler du problème des métaux rares et celui des déchets toxiques induits par ces « assistances » électriques)…

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  3. Finalement on peut imaginer que le terme « cycliste » ne va peu à peu plus s’appliquer qu’au coureur du dimanche. Les jeunes générations ne sont pas attachées au dogme du vélo « sec » et les plus âgés viennent au VAE par la force déclinante. Je vois tellement d’engins hybrides circuler qu’on peut effectivement voir notre cause rapidement récupérée par toutes sortes de modes et de lobbys mercantiles. En commençant par tous les aménagements cyclables qu’il faudra bien partager avec des trottinettes qui filent à grande vitesse.

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  4. Notre grand problème est que l’on tente de nous faire oublier que nous sommes des êtres physiques vivant dans un monde physique.
    En voyant alors de tels engins, je me dis que la messe est définitivement dite.

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  5. Le vélo est et doit rester ce mode de déplacement sobre, peu consommateur d’énergie (sauf celle de celui qui pédale), silencieux, donc non générateur de nuisances, roulant en ville à vitesse modérée donc non générateur d’accidents graves en cas (très rare) de collision avec un autre usager des rues, convivial et sécurisant, permettant de faire ses courses dans les commerces de centre ville donc de re-dynamiser le centre de nos villes.
    En plus le vélo permet de rester en bonne santé, ou de retrouver une certaine forme physique (le vélo sur ordonnance implique l’utilisation du vélo appelé maintenant « musculaire »).
    Pourquoi tant d’incitations à l’utilisation de « faux vélos » qui donneront seulement bonne conscience à la majorité de leurs propriétaires (auparavant souvent cyclistes jusqu’à un âge assez avancé, même sans assistance des vélos, en adaptant ses trajets à sa forme physique), tout en participant à cette surconsommation d’objets correspondant souvent à des gadgets pour nos sociétés favorisées.
    Vive le vélo, le vrai !

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