La baie de la Somme : rouler au nord puis au sud et en finir

L’arrivée en baie de Somme ne fut pas simple, en sortir fut bien pire. Après le chemin de Clermont-de-l’Oise à Abbeville en passant par Beauvais et Amiens, voici celui de la baie de Somme en repassant plusieurs fois au même endroit. 2- La baie de la Somme et la vélo-maritime de Noyelles à Dieppe via Fort-Mahon-plage.

De Noyelles à Fort-Mahon-plage : la Vélo-maritime

Ah cette vélo-maritime dont on parle tant ! Quelle horreur par ici ! En plein cagnard  je ne l’ai trouvée qu’à la jugeotte, il y avait un panneau « rue de la gare » et même plus loin un panneau « piste cyclable »

Ma bonne adresse, la seule d’ailleurs … est à Noyelles. C’est Halte en B, la chambre d’hôtes de M. et Mme Hobin. tel. 06 33 58 58 31. Ancien café-épicerie, la salle est devenue salle commune. Chambres charmantes, sur une petite cour ensoleillée. Restaurant au camping, situé quasi en face. A la gare il y a une location de vélos et le terminus du train touristique de la baie. Et Noyelles soi-même est l’occasion d’une promenade dans cette petite ville anciennement ronde et fortifiée … et d’y faire de jolies découvertes. Je serais bien restée une deuxième nuit ! 

Ensuite ce fut un amoncellement de panneaux de plusieurs itinéraires et époques, ceux de la véloroute souvent plus bas que les autres, et visibles au dernier moment. Le fléchage est encore uniquement de proximité, comme si la véloroute n’allait pas jusqu’à la frontière belge, et n’affiche aucun lien avec les routes, comme deux réseaux hermétiques, si bien qu’on ne sait jamais dans quelle localité on se trouve. Les pistes sont souvent bondées de gens qui se promènent ou qui rentrent de la plage, et longent la plupart du temps des routes bien chargées. Ajoutez à ça les tronçons en forêt, traversant de drôles d’endroits comme un « village » de maisons abracadabrantes (Belle dune), au fond duquel se retrouve la piste. Je suppose qu’il y a des erreurs dans le fléchage, car je me suis perdue plusieurs fois, me retrouvant là où j’étais déjà passée 3 ou 4 fois.

Attention, soyez attentif ! (et c’est bien à droite qu’il faut aller!)

Finalement j’en ai eu marre et n’ai plus pensé qu’à me sortir de là. Pour m’encourager la rumeur disait que Berck c’était bien pire, et jusqu’à Dunkerque vraiment pas plaisant. De Fort-Mahon plage j’ai fini par rouler sur la grand route (la RD 32) faute de réussir à faire autrement, et là, après cette bande côtière assez étroite, plus un seul hôtel (tous bondés de toute façon en cette fin août), ni camping. J’ai dû demander l’hospitalité pour ma tente et moi dans un jardin à Quend, et le lendemain je ne trouvais de café qu’à plus de 10 km, au-delà de l’abbaye de Valloires. 

Après ma nuit à Noyelles je bute sur Fort-Mahon et trouve l’hospitalité pour la nuit à Quend. Je file à Valloires, puis décide de redescendre vers la baie.

La nuit porte conseil

Carte de la vélo-maritime

Je décidais alors de filer vers le sud et de donner une seconde chance à cette foutue véloroute.

Reprenons ! Je vais d’abord vers le nord, après une bonne nuit à Noyelles (1). Deux jours après me revoilà (2), et je file directement vers le sud.

Pour rejoindre la baie je dus souvent demander mon chemin, et découvrir que ne n’étais pas là où je croyais. Ce territoire est peut-être encore marqué par la défiance envers l’envahisseur, dont pour l’un on voit des bunkers fréquents (pour l’autre c’est les hôtels et résidences). Je repris la piste et faillis me retrouver le long de la Somme en direction d’Amiens. Il faut dire qu’au port rien n’est non plus bien indiqué. Il faut passer sur le trottoir du petit chemin de fer, puis se débrouiller avec un très grand carrefour. Après c’est bon.

La piste au sud

La piste commence par être vraiment pénible car elle longe une route importante, et ne devient agréable qu’à partir de Hourdel. Le fléchage est d’abord exclusivement de proximité puis s’améliore. L’itinéraire finit par utiliser des routes interdites aux véhicules, sauf agricoles ou à énergie humaine, et sont sans doute des routes de surveillance de la côte par les fameux occupants, et remises à neuf. Il n’y a pas un seul panneau de « voie verte » et on s’en porte aussi bien.

Le Tréport, enfin

Le dernier camping au nord ne vous acceptant qu’à partir de deux nuits, je trouve en ville une dernière chambre, chère. Le lendemain je décide de prolonger jusqu’à Dieppe.

Je vous parle de mon guide

J’ai eu des doutes dès le calamiteux premier jour au nord de la baie. La réalité et le guide ne semblaient pas coïncider, mais comme la réalité m’échappait elle-même je m’en tenais là. Au sud j’en ai eu la certitude, ce guide est mauvais. Pas de plans de ville, pas de mention des grimpettes, c’est déjà grave. Ne pas signaler qu’il y a un funiculaire au Tréport, gratuit et qui prend les vélos, c’est inadmissible. J’avais tout monté à pied. Laisser imaginer que la route côtière serait le long de la plage alors qu’elle est en haut de la falaise… n’en parlons même pas. A Criel il manque un panneau vers la gauche, mais la carte du guide, par contre, permet de ne pas se tromper. C’est son rôle, pour une fois il l’a rempli. 
Tant que j’y suis je signale qu’au Havre il ne dira pas plus que l’accès au pont de Normandie a été fait. Nulle part non plus il ne donne de renseignements sur les chemins de fer. Il se contente d’occuper les pages avec du texte plus ou moins descriptif. Je le signale dans l’article Vingt et quelques bonnes adresses pour préparer votre voyage à vélo

Une cartographie trompeuse et insuffisante

En haut du Tréport, après le funiculaire, route à deux voies, chargées et rapides, rien de tout cela ne ressemblant à une véloroute. Dès qu’on est sur des petites routes, rien à dire, on y est infiniment mieux que sur des pistes même larges longeant des routes au bruit lancinant. 

Du Tréport à Dieppe, la véloroute est continue bien qu’avec un jalonnement de sauts de puce dont on ne comprend guère la logique :  Pourquoi telle localité ??? Hier à proximité de la baie nous avions eu Bourdel, la Molière et Cayeux. Aujourd’hui Tocqueville. Inversement au Tréport la sortie était très correctement indiquée (par les montées dont j’ai parlé), comme il en sera ainsi aussi à Dieppe, du moins … jusqu’à la gare. 

La suite c’est De Dieppe à Forges les Eaux par la véloroute Londres-Paris. 
Le début c’est 
Rouler dans l’Oise et la Somme pour rejoindre la baie et ce n’est pas beaucoup plus gai.

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9 réflexions au sujet de “La baie de la Somme : rouler au nord puis au sud et en finir”

  1. C’est triste, mais peut-être qu’un jour vous finirez par utiliser un GPS et des applications de planification d’itinéraires?
    Connaissez-vous cycle.travel, vraiment très adapté pour nous aider à planifier nos itinérances à vélo?
    Je ne veux pas dire qu’il est normal que les guides faillissent à ce point, ni que les balisages doivent être aussi confus. Mais juste que des outils performants existent désormais qui aident à faire que nos vacances à vélo restent des vacances… et qui sont de plus en plus simples d’emploi.
    Sur le problème des campings qui exigent 2 nuitées, c’est une catastrophe. De plus, l’espace accordé aux campeurs itinérants se réduit à peau de chagrin au bénéfice des mobil home qui rapportent plus. L’appât du gain me fait craindre le pire pour l’itinérance en cyclo-camping dans les zones hyper touristiques en haute saison. Ça ne me gêne pas tant que cela car je les fuis, mais il peut m’arriver d’avoir à passer par ces zones. En général je m’éloigne de la côte et ça va tout de suite beaucoup mieux.

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    • Il m’arrive d’interroger des sites cartographiques sur mon téléphone mais je ne souhaite pas être dans ma bulle et me priver des rencontres occasionnées par ces difficultés. Disons aussi que je prends un peu d’avance sur ce qui nous sera imposé, réserver l’électricité aux usages « indispensables ».

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  2. Bonsoir,
    Je déplore moi aussi que beaucoup de véloroutes soient mal balisées en France alors qu’en Belgique, aux Pays-Bas, en Suisse, en Allemagne, c’est le paradis pour se déplacer sans se perdre.
    Je roule beaucoup en France sur les véloroutes et je n’ai pas de gps. Par contre je me sers de temps en temps de l’appli Open Cycle-Map. Ça aide bien à trouver sa direction.
    Et quand je ne suis pas sûr du cap à suivre il m’arrive de sortir la boussole. Ça peut prêter à rire de nos jours mais c’est efficace et très ludique.

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    • J’ai aussi acquis une boussole et elle m’a bien rendu service pour sortir de Chartres et dans quelques lieux où la signalisation ne tient que si on ne quitte jamais l’itinéraire.

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  3. Oui c’est ainsi ! On ne peut plus voyager à vélo comme il a 40 ans avec seulement une carte Michelin au 1/250 000 disparue depuis – il y avait même certains chemins.
    Déjà les compteurs parfois altimétriques permettaient de savoir où on en était dans une montée de col. J’ai fait mon premier VI en 1998 peu équipé mais j’avais 45 ans et la forme conséquente à l’âge. J’ai toujours mon Cateye de 1996.
    Les guides sont mal faits en général, cela ne date pas d’hier, sauf ceux faits par de véritables cyclotouristes et pas ceux qui se recopient mutuellement. La multitude des tracés ne simplifie pas ainsi que le non respect par les Maîtres d’Ouvrage des recommandations pour le balisage.
    Positivons. Les erreurs permettent les rencontres à condition que cela ne génère pas de galère : arrivée à l’hébergement, repas du soir et que dire s’il pleut fort ou qu’il neige !

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  4. Quelques remarques :
    1) Il n’y avait absolument aucun guide pour les vélos il y a quinze ans (sauf le Canal du Midi et le Canal de Nantes à Brest, édités par des cyclotouristes) et, aujourd’hui, nous croulons sous une multitude d’éditions souvent peu sérieuses ! Quel dommage !
    2) Je connaissais les chambres d’hôtes qui exigent de rester deux nuits ; je n’imaginais pas que ça puisse aussi arriver avec un camping !
    3) Souvent, j’ai fait du cyclotourisme en longeant canaux ou rivières au plus près. Des chemins pas toujours confortables, mais il n’y avait besoin ni de cartes, ni de GPS. Je suis d’ailleurs toujours surpris de voir que la Marne (en amont de la Ferté-sous-Jouarre) ou l’Yonne ne sont pas répertoriées comme itinéraires pour les vélos alors que le chemin de halage permet de beaux périples.

    Bref ! Il faut aller faire du vélo en Allemagne :
    – Il y a des aménagements partout, tout est simple et bien indiqué ;
    – Il y a des possibilités de se restaurer partout, dans des cadres superbes ;
    – Et les hébergements sont confortables et pas chers.

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    • Si … il y avait les guides néerlandais (par ex. St-Jacobs fietsroute, 2013), allemands (ex. Berlin Wall Trail, 2003), néerlandais encore (et même en français ! LF1, 1995), les premiers suisses, etc. J’en ai beaucoup utilisés, et même dans le sens inverse du parcours et sans un mot de la langue utilisée, sans aucune signalisation sur le parcours … ils étaient si bien faits que je ne me suis jamais perdue.

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