Revue de presse du vélo, novembre 23

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Cotentin. Deux routes départementales vont être requalifiées en voies vertes. La presse.

Namur – Bruxelles, Cyclostrade Namur-Bruxelles : les travaux commencent. ftbf.be, 14 novembre. Environ 75 km. Avec une explication du chantier et des raisons de la faire. Lien vers une fiche technique très bien faite.

Grenoble ouvre son école du vélo : tout savoir sur cette première en France. Actu, 24 nov. Sauf erreur, Lorient avait innové en créant un poste de formateur scolaire en circulation à vélo.

La folie du vélo est terminée. Article rédigé par Mark Brown, traduit par Léry Jicquel et publié dans Linkedin. La situation dans le commerce de vélo est bouleversée par la vente directe, ainsi que par les services de location (appelés services de mise à disposition). Dans la première partie il avait souligné le rôle des femmes et des retraités dans la dynamique du vélo à moteur. Mais le rôle de la période de confinement n’est pas à négliger dans l’essoufflement actuel. Etait-ce une exception ?

Le Gracq (Cyclistes au quotidien, Wallonie et Bruxelles) se réjouit des résultats présentés par l’industrie européenne du cycle concernant les Vélos partagés, en service public ou privés.
L’association souligne les « bonnes performances » de Grenoble, Bordeaux, Paris ou Toulouse, et tend à assimiler le nombre de trajets à la réussite des constructions de pistes cyclables. Elle ne parle même pas de la qualité des vélos, très impactée par l’usage intensif, ni du fait que forte utilisation peut signifier absence de stationnements à domicile, absence de possession de vélos ou forte fréquentation touristique. Qu’une industrie communique avec son angle de vue est compréhensible, que l’association ne situe pas le contexte est moins bien. Cycling Industries Europe (CIE) a analysé et classé les performances des vélos partagés dans 148 villes européennes et révèle des écarts importants entre elles. Ce rapport met en lumière les usages (top et flops) et la marge de progrès pour les villes au plus bas de l’échelle. Gracq, 15 novembre 23.

A l’occasion de la sortie du rapport des Acteurs du vélo public (en France) (ici en pdf) Jean-Marc Jancovici, résume son avis dans Linkedin (27 octobre 23) :

  • La distance moyenne parcourue par un vélo en libre service augmente avec la densité urbaine.
  • C’est dans les communautés d’agglomération que le report modal de la voiture vers le vélo est le plus fort, et avec les vélos en libre service qu’il est le plus fort des transports en commun vers le vélo.
  • L’augmentation forte de la part des vélos à assistance électrique contribue à ce que les cyclistes deviennent plus âgés et plus féminins. [e e]
  • Le rapport revendique 90 kg de CO2 évité par vélo et par an (mais la méthodologie ne semble pas inclure les émissions induites par le service de location de vélo : fabrication, réparation, déplacement des vélos en camionnette, bâtiments de l’entreprise, etc).
  • Le vélo en location ou libre service est aujourd’hui d’abord une affaire de CSP +, mais le rapport ne se demande pas pourquoi. Est-ce lié au fait que le vélo est « plus à l’aise » dans les endroits congestionnés et denses, qui sont aussi les endroits où l’immobilier est le plus cher ? Est-ce lié au fait que des gens plus modestes vont vivre le passage au vélo comme un déclassement, exactement comme ces catégories tiennent à la viande comme marqueur d’une certaine opulence conservée ?

Sa conclusion : Faire croître rapidement le vélo électrique – le mode motorisé individuel le plus sobre – sert donc la résilience autant que la sobriété. Evidemment j’ajoute : sauf si c’est à la place du vélo, sauf si c’est sans savoir se déplacer à vélo, sauf si c’est pour de courtes distances à plat.

Et moi je suis assez contente de vous citer un texte qui n’est pourtant pas un article et qui en plus ne va pas dans le sens de mes marottes, mais qui tient la route et mérite d’être entendu.

Aide à la réparation des vélos et vélos à moteur : un mic mac compliqué pour équilibrer sans léser. Actu-environnement s’en ai tiré, moi de cet article (du 16 novembre) j’ai dégagé le concret : environ 1,66 euro par réparation en atelier participatif. Et ceci : L’arrêté modifie (…) les sommes allouées (…) pour répartir la charge entre les deux filières [articles de sport et loisir pour le vélo, équipements électriques pour le VAM]. La réparation des vélos à moteur sera mieux soutenue à partir de 2024 et celle des vélos classiques revue à la baisse. Retenons surtout que la labellisation des réparateurs devra être faite pour le 1er février 2024 et qu’une campagne d’information et de sensibilisation d’envergure nationale portant sur le fonds dédié au financement de la réparation avant le 30 mars 2024.

Donc nous en saurons plus l’année prochaine. L’arrêté du 10 novembre 2023 est ici. Et d’ici là le paysage aura peut-être changé si Les Échos disent vrai :

Hécatombe dans les start-up françaises de mobilité. Les Echos, 21 novembre. C‘est la gueule de bois dans la mobilité. Plusieurs start-up phares sont en redressement judiciaire (Carlili) ou vont l’être bientôt (Cityscoot). D’autres sont rachetées à la casse (Cyclofix) ou mettent la clef sous la porte (Kiffy).

A l’inverse on nous signale la bonne santé des services de location de vélos d’entreprises.

La Haute-Bigorre lance un pôle vélo très ambitieux. PresseLib, 28 nov 2023. Très bonne nouvelle. Il y avait déjà le pôle de l’Isle-Jourdain ils ont créé un espace de rencontre et disposent d’un incubateur d’entreprise. On connaissait déjà Vélo vallée et on était conscient que cela ne suffisait pas. Bravo !

Pourquoi le vélo est-il le symbole de la réussite de Décathlon ? RTL 28 novembre 23. Oral, 2 mn, marrant.

Le premier service en France de vélos électriques en gare. AVEM (syndicat des véhicules électriques), 29 novembre. Il s’agit du Modalis, par Fifteen, dont nous avons déjà parlé plusieurs fois. En expérimentation sur la ligne Angoulême Royan (Angoulême, Cognac, Royan, Saujon, Saintes, Beillant, Jarnac et Châteauneuf) depuis cet été. Au 15 octobre 2023, 64 personnes sont abonnées à Vélo Modalis : 14 abonnements TER+VÉLO et 50 abonnements classiques.

Alors, foutue, en expansion ou en transformation, l’économie du vélo en France en 2024 ? Léry Jicquel, dans sa lettre hebdomadaire du 30 novembre 23, se pose la même question : « On est en plein effet dominos » mais il ne sait pas si c’est vers le côté obscur ou si c’est plus réjouissant. Sur cet effet dominos favorable il conclue : Je pourrais reproduire la même chaîne vertueuse en partant de la formidable croissance du cyclotourisme en France. A lire ici.

Vélo et marche : la « ville apaisée » marque des points au congrès des maires. Le Moniteur, 23 novembre 2023. Le texte du Moniteur était en libre accès à l’occasion du Vendredi Noir. En voici quelques extraits :

  • Pour la première fois le Salon des maires a inclus une séquence dédiée à la petite reine. « Le plan Vélo et marche concerne la France entière, y compris les espaces ruraux, périurbains et les villes moyennes qui n’en ont pas toujours saisi les enjeux » (Thierry Du Crest).
  • Les usagers applaudissent la priorisation du rural, éligible à des aides de 50 %, contre 15 % aux grandes unités urbaines et jusqu’à 60 % pour les quartiers prioritaires de la politique de la ville : « Les petites communes ne pourront jamais s’offrir le luxe d’un métro ou d’une ligne de bus à haut niveau de services. Au moins une jonction cyclable vers la gare ou le pôle multimodal le plus proche se trouve-t-elle désormais à leur portée », se réjouit Olivier Schneider, président de la Fub.

O. Schneider, Th. Du Crest, Fr. Rossignol

  • « Voici huit ans, l’ancienne ministre de l’Environnement Ségolène Royal nous répondait que jamais l’Etat n’accepterait de mettre 100 M€ sur la table pour le vélo », se souvient Olivier Schneider. 
  • La principale nouveauté revendiquée par le délégué interministériel concerne l’apparition du thème de l’économie. Les services de location et de sécurisation, représentés dans le hall du salon des maires dédié à la mobilité et aux sports, témoignent du dynamisme du secteur. Les perspectives de création d’emploi concernent également la fabrication, le tourisme durable et la cyclo-logistique.
  • « A partir de la marche et du vélo, c’est toute une vision de la ville qui se décline », proclame Françoise Rossignol, présidente du club des villes et territoires cyclables et marchables : pour donner aux mobilités douces et en particulier à la marche la place qui conditionne la qualité de la vie urbaine, la vitesse réduite à 30 km/h constitue la règle, et les 50 km/h l’exception
  • En passant des mobilités douces à la ville désirable, les militants du vélo prennent la mesure d’un obstacle majeur : transmettre leur élan à la jeunesse, dont la pratique cyclable continue à baisser, selon les dernières statistiques nationales.

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Comment créer une vraie mobilité durable ? [Podcast] Triple A – #1 avec Aurélien Bigo. Youmatter, 31 janvier 23. C’est pas parce que c’est ancien que ça vaut rien.

A Paris, la fréquentation des pistes cyclables a doublé en un an. Le Monde, 11 novembre 2023. Aux heures de pointe, sur certains grands axes, les vélos sont déjà plus nombreux que les voitures. Les pistes sont déjà beaucoup trop « étriquées ». Le doublement de la fréquentation ne concerne cependant QUE les pistes équipées de compteur. Sur l’avenue de Flandre, le boulevard Voltaire et le boulevard Magenta, la moyenne ne dépasse jamais 384 véhicules motorisés à l’heure sur la partie centrale de la chaussée, contre 537 vélos sur les pistes cyclables Ce sont pourtant de vieilles réalisations très décriées. Et quand on dit « vélo » on y englobe patinettes électriques, vélos à moteur et vélos-cargos professionnels.

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Parler d’impliquer les citoyens, les associations, les entreprises et les collectivités territoriales dans la construction des politiques publiques parce que ce n’est que comme ça que ça peut marcher, et l’illustrer par un vélo … C’est tout un symbole éculé que Libération a utilisé pour illustrer une tribune de « présidentes et présidents » de Conseils départementaux. Libération, 26 octobre 2023.

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Monique
7 mois

Jancovici est pro-nucléaire, c’est tout dire de sa conception de l’écologie…

Antoine
7 mois
En réponse à  Monique

Non, bien au contraire, c’est rien n’en dire. Son raisonnement est que le nucléaire, en tant qu’énergie de transition, est indispensable pour les décénies à venir pour éviter un crash trop brutal de la société (comme dab, ce seront les moins nantis qui trinqueront). Ça donne du temps pour mettre en place le reste (sources d’énergies vraiment carbo-neutre, rien à voir avec les Teslas et moteurs à hydrogène). Les calculs le disent, les énergies vertes ne sont pas prêtes à se substituer de manière suffisante.

Monique
7 mois
En réponse à  Antoine

Ce qu’induit le nucléaire en matière d’extraction d’uranium, de déchets radioactifs, de danger en cas de séisme ou d’attaque terroriste, et donc de surveillance, me semble incompatible avec la santé et l’agrément de notre planète. Qu’a-t-on besoin de produire et consommer frénétiquement ? (Notamment tous les gadgets électroniques et numériques qui nous figent entre écrans et manettes ?) Vivre en consommant moins d’énergie me paraît la seule solution viable.

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