J’ai parcouru la partie sud de la ViaRhôna, et j’ai vu de très belles villes

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Rejoignant à Lyon la grande randonnée annuelle de CyclotransEurope, j’ai commencé par m’offrir une visite de la ville (1), puis ai participé à l’éprouvante sortir sud (2), pour arriver à la Dolcevia qui s’est révélée très exigeante (3). La suite a été facile (4) et nous a permis de faire des pauses, notamment à Orange, et de visiter Avignon, Arles et Montpellier, avec Aigues-Mortes et Sète en option.


A Lyon, où je suis déjà venue quelquefois,  je voulais voir le passage sous la Croix-Rousse et des voies lyonnaises. Rien à dire le tunnel fonctionne très bien et permet de franchir la colline. Il y en a un autre devant la gare de la Part Dieu qui permet de sortir des embouteillages.


Les voies lyonnaises ne sont pas aussi spectaculaires qu’on l’imagine, elles sont même parfois de simples couloirs de bus autorisés aux vélos. Elles semblent s’améliorer au fil du temps. Le marquage de leur numéro est uniquement sur le sol, parfois déjà grisâtre, parfois plus visible et finalement aussi en couleur. Les plus récentes ont aussi des mentions de direction, qu’il faut comprendre (au début je les prenais pour des indications de lieu). Restera à faire qu’on les aperçoive depuis l’autre côté du carrefour, et cela semble prévu, et que des plans d’ensemble soient affichés. Ces « voies » vont très loin et si l’on connaît le numéro de celle qui dessert le lieu où on va (l’auberge de jeunesse, par exemple) il n’y a pas beaucoup de risque de se tromper. Tout ne s’annonce pas rose à Lyon, mais là c’est Olivier Razemon qu’il faut interroger.

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De belles continuités plus anciennes jouant un rôle central sans gêner les piétons.

La sortie sud de Lyon est réputée depuis longtemps comme étant épouvantable. Nous avons donc suivi une alternative proposée par l’AF3V, qui fut épouvantable elle aussi. Très longue, pleine de côtes, un parcours pour sportifs du dimanche matin. Il va vraiment falloir se pencher sur la question.

Deux jours après nous étions sur la DolceVia, primée et célébrée. Il s’avère que c’est un ensemble de plusieurs axes, dont deux ont une extrémité sur la via Rhona, avant et après Valence. A Tournon-sur-Rhône nous avons été magnifiquement reçus au gite Le pied du géant, en pleine vieille ville. Nous y prendrons le lendemain le petit train touristique de l’Ardèche, qui grimpe dans la montagne dans un décor sublime.

Un wagon est réservé aux vélos, un bénévole les hisse et un autre les installe.


J’ignore si nous avons fait le bon choix, mais les 20 km restants pour atteindre le Cheylard ont été une horreur. Cailloux, trous, sable, plus chaleur caniculaire bien sûr, nous avons zigzagé entre les motifs de chute sans pouvoir jamais freiner avant l’obstacle à cause du sable. De plus nous nous heurtons aux mâts ronds et mal placés, portant des panneaux forcément tournants, ce qui par cette double faute vous envoie vite fait sur la mauvaise route. Nous nous arrêtons dans une guinguette provisoire qui nous sert un infâme café soluble sans nous en avoir même prévenus ! 

Baptiser « voie verte » une route aussi plate que possible et interdite aux gros motorisés … est légitime, mais la prétendre cyclable alors que ce ne sont que nids de poule, nappes de sable et gravier est faire preuve d’aveuglement. Heureusement pour nous il ne s’agissait que de la première partie.

La récompense fut celle de la soirée. Le Cheylard est une bien vieille petite ville aux rues serrées et enlacées, aux maisons étroites tout en hauteur, gouvernée par un maire qui veut le bien de ses habitants. 3000 habitants, 10 médecins, 4 pharmacies, des commerces délicieux, enseignement complet du primaire à l’IUT, tout cela au milieu des montagnes et forêts. Nous étions 4 à bénéficier d’une maison du 16eme siècle à trois niveaux en plein dans les noeuds de ruelles en escaliers et paliers. 

Le lendemain la descente par la branche sud fut plus facile, goudronnée presque partout, bordée en tant que de besoin de barrières spécifiques, franchissant les gorges par des passerelles suspendues, et dotée d’une signalisation meilleure que la veille, avec même les destinations ! Ce fut grandiose ! 

Des lacunes, manques de précision et bricolages persistent mais n’enlèvent rien à la beauté.

On tente de prendre soin des visiteurs, sans beaucoup de suite, mais ce n’est toujours pas l’essentiel.

Au-delà de Beaucaire nous faisons halte dans la matinée à Montfrin, qui marque l’entrée en Camargue, autre localité riche de ses habitants et de ses traditions. Ce jour c’était Abrivado, à cheval ils empêchent le taureau d’aller où il veut.

Les pistes cyclables sont plutôt bien, parfois un vrai billard, le jalonnement est par contre souvent lacunaire, et cela semble varier avec les Départements. La fin du parcours a souvent manqué de charme mais fut facile.

La ViaRhôna n’est pas la V2 mais la partie française de l’EV17. Elle a de nombreux partenaires, dont le plus ancien est la Compagnie Nationale du Rhône. Voilà pourquoi le logo se lit si mal.

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Arles est envahie par les autos, ses pistes cyclables sont des marquages piteux sur les trottoirs, même dans la partie moderne de l’institut de la photographie. Comme Montpellier, elle se dote de nouveaux quartiers très audacieux, ici pour une part confiée à un investisseur, collés à l’ancien, dans une continuité non-destructive ni isolationniste. La vue du le Rhône est digne de Cannes, intimidante.


Bien qu’Avignon ait rendu piétonne sa rue de la République (avenue centrale dans l’axe de la gare), par des artifices efficaces quoique sommaires, ainsi que tout l’environnement du Palais des Papes, c’est bien Montpellier qui l’emporte.

Montpellier est bourré de subtils jeux de sens interdits et de bornes rétractables, ainsi que d’un maillage de pistes cyclables en dur, un peu partout, malgré le manque de continuités sentant l’absence de stratégie et de plan.

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Montpellier s’affiche comme une ville de la promenade et du vélo. Cela va jusqu’à la création récente d’un passage sous la place de la Comédie, dont existence, accès et destination ne sont indiqués nulle part … et dont les informations promotionnelles ne sont visibles que depuis le trottoir et de toutes façons inutilisables par le non initié. « Galerie cyclable » ça veut dire quoi ? Un jeu de miroirs ? C’est à se demander si le vélo n’est pas considéré comme un leurre plus décoratif que pratique.

Cela se poursuit par subtils ralentissements du trafic motorisé, et des pistes cyclables un peu partout, sans raccords ni continuités, ainsi que de nombreux arceaux jamais vus ailleurs et semble-t-il très bien pensés. J’ai aussi vu des garages à vélo municipaux au mobilier sortant par le haut (autant que j’ai pu voir) de la routine française.

Quelques négligences cependant, dont voici juste un exemple, … qui pourraient devenir mortelles.

Voilà quelques notes rapides sur ce que nous avons vu. La via Rhona vaut certainement le coup. Malgré parfois des longueurs, et des bords de route peu attrayants, elle permet de rendre visite à nos grandes villes du sud. La DolceVia aurait sans doute été moins dure par temps plus frais, ou en la prenant seulement en aller et retour par le sud. Ç’aurait pourtant été dommage de ne pas monter en train, mais il était aussi regrettable de sauter Valence. En tous cas trouver des côtes aussi faibles en montagne reste une bénédiction, encore plus quand cette montagne est si sauvage. La France du sud est urbaine et digne de l’empire romain … et les Cévennes sont une source d’eau vive. Et bien sûr je ne vous dit pas tout, ce serait trop long. Je ne vous ai rien dit d’Orange, de Sète, de la Grande Motte, de la cathédrale de la Maguelone ou d’Aigues Mortes. Je vous dit juste que ce n’est que moyennement cyclable, mais que l’on peut atteindre sans difficulté la Grande Motte, ce qui m’avait été totalement impossible lors de mon Grand Voyage de 1989. Elle est même devenue entièrement cyclable !

⚠️ Je n’ai fait ni enquête ni rencontres de responsables et mon texte n’a de vocation que de vous rapporter les impressions d’une touriste.

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