Les bons voeux du club des villes cyclables

la tableLe Club des villes et territoires cyclables fait le point en ce début d’année. IKV, flottes d’entreprises, PAMA, éducation à la mobilité à vélo, le club trouve que ça n’avance pas vite mais pense que 2016 permettra de finir ce que 2015 avait commencé. Il agit tous azimuts dans tous les domaines liés au vélo.

Bien sûr ce n’est pas de la faute du club des villes et régions cyclables si 2015 ne s’est pas bien terminée. En présentant ses « voeux » à la presse, Pierre Serne, futur ex-président EELV 1 en a fait le bilan. Il était entouré à la tribune par Véronique Michaud (la secrétaire générale), et les élus EELV Alain Jund (Strasbourg), Gilles Perole (Mouans-Sartoux), Catherine Hervieu (Dijon). Les co-présidents du club des parlementaires, annoncés, n’étaient pas là, seul le PS Alexis Bachelay est arrivé tardivement.plus large

Goût amer de fin 2015, espoir pour 2016
On peut dire que l’honneur a été sauvé par le club des parlementaires du vélo dont plusieurs membres se sont bien battus sur l’IKV. Si le décret n’est toujours pas signé (échec de 2015), il semble que son extension à la fonction publique soit à l’étude (espoir pour 2016).

L’IKV sera un grand succès, a-t-on assuré, car elle est populaire et dynamique, et n’est pas perçue comme une source de dépenses par les patrons. Dire qu’elle sera autre chose qu’un effet d’aubaine est une autre question, alors que, selon le club, la défiscalisation des flottes d’entreprise, elle, aura un fort impact. Les deux créeront de l’émulation, mais en plus la dernière participera au renforcement de la filière économique du vélo. Il faudrait, espoir pour cette année, qu’arrive enfin la signature de l’arrêté définissant les caractéristiques des locaux de stationnement des vélos dans les entreprises.

Le Plan Mobilités actives s’applique lentement mais quand même, mais la question des véhicules à grand gabarit (alias l’angle mort) n’est toujours pas traitée. En revanche l’interdiction des vitres teintées est promise pour janvier 2017. C’est presque 2016.

Enfin le club s’est longuement réjoui du succès de la première session de formation des éducateurs à la mobilité à vélo, avec 10 diplômés sur 14 participants. Cette formation, pilotée par la FUB, concerne aussi les bénévoles, et 145 d’entre eux ont été formés en 2015. Gilles Perole précise qu’il a engagé des démarches pour que le diplôme soit reconnu comme diplôme sportif afin de faciliter les interventions en milieu scolaire.

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Koalition, comité de promotion ou plateforme?
Le club se présente comme un fédérateur, qui veut décloisonner et rassembler. Il s’intéresse à tout ce qui touche à la mobilité urbaine (son stand sera très visible au salon des transports publics en juin prochain), aux débats parlementaires (avec sa filiale le club des parlementaires du vélo), à la filière économique du vélo, aux nouvelles technologies de l’information (qui préparent l’avènement du « vélo connecté »).
Le club avait édité pour Velo-city une sorte de catalogue publicitaire d’entreprises françaises 2 de la filière (mobilier urbain, services, etc). Aujourd’hui il parle de « plateforme » ayant vocation à donner à voir et structurer la filière économique. Il pilote aussi le concours DEFinnovation pour brancher le vélo sur le numérique et participer au développement des livraisons « actives », du vélo partagé et des services d’information pour le vélo. Enfin, son concours Talents du vélo poursuit sa route.

Ça fait un peu bizarre  de voir qu’aucune allusion n’a été faite à l’Inter Koalition du Vélo lancée par la FUB 3, avec souvent les mêmes partenaires que cette plateforme. Le Comité de promotion du vélo (issu de l’industrie du cycle) est lui aussi oublié, le club ne participant ni à l’un ni à l’autre, et la coordination gouvernementale pour le vélo n’a pas non plus été nommée, ni même sa nouvelle responsable. Pourtant tout le monde est sûrement d’accord pour dire que la qualité de l’air, les questions de santé et d’économie sont de bonnes raisons de développer le vélo, et nul ne se plaindra de voir les entreprises spécialisées succéder aux entreprises de transport ou de publicité dans la gestion des flottes de vélos, qu’elles soient d’entreprise ou de location municipale.

En quelque sorte on peut conclure avec cet aréopage très écologiste que le vélo est un transport de masse qui a encore besoin de se faire entendre 4. Ils rêvent tous de passer à la télé, ou d’être interrogé par le journal Le Monde (qui n’était pas représenté), mais risquent encore de faire apparaître le vélo comme un truc d’élus écolos. Espérons en tous cas que 2016 verra le début d’une vraie politique du vélo. Peut-être peut-on aussi rêver de voir une saine coopération entre toutes les parties prenantes du vélo?

Lire aussi :
– Le Club des villes et territoires cyclables affiche ses ambitions. Mobilicités
Politique vélo : le Club des villes et territoires cyclables ne veut plus de rétropédalage. Localtis.

  1. Pierre Serne n’étant plus vice-président de la région Ile-de-France, il sera remplacé avant l’été
  2. Cycling made in France : les acteurs français du vélo
  3. Plusieurs responsables d’entreprises étaient présents à ce petit déjeuner de presse, mais pas le président de la FUB, qui n’avait pas été invité
  4. Lire à ce propos l’article En 2016, le vélo va-t-il enfin faire sa pub? de I Bike Strasbourg, signalé par Actuvélo.
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