Grandes manoeuvres dans les voies vertes

tout est clair
Un accord de collaboration vient d’être signé entre les deux plus grosses organisations s’occupant de véloroutes en France.

Vous vous souviendrez que l’idée d’une fusion AF3V – Fub1 avait fait long feu lors de l’assemblée générale de l’AF3V, pour des raisons de non-concordance entre champs d’intervention et, surtout, d’usagers concernés, ceux-ci dépassant largement les verts cyclistes dont s’occupe la Fub.

poussièreL’AF3V s’est donc tournée vers son alliée naturelle, à savoir l’ADC, association des départements cyclables2. Cette association, riche de ses départements et régions, s’est engagée de longue date sur la question des véloroutes et des voies vertes, secteur plus vite gratifiant et rémunérateur que les bandes arasées multi-fonctionnelles des routes départementales ou autres solutions de sécurisation des routes. Aujourd’hui l’ADC se retrouve à piloter le SNVVV3, d’autant plus que la mission de l’Etat a disparu avec le départ à la retraite de Jean-Louis Pons. L’ADC assure aussi la coordination des comptages d’usagers et des kilomètres réalisés. Mais problème, elle ne peut ni organiser en direct des actions locales de propagande ni se permettre d’émettre des jugements sur la qualité des réalisations de ses adhérents.

Un accord historique

C’est pour toutes ces raisons, et à la demande de l’ADC, qu’a été signé jeudi un protocole d’accord plein de promesses. D’après ce texte ADC et AF3V s’unissent pour former le groupement « France cyclable », sans fusionner car chaque entité garde ses méthodes; mais les actions seront désormais coordonnées. Toujours selon ce texte, que nous avons pu consulter, l’AF3V créé en son sein une entité dite « bureau d’étude », le BEVVV, auquel l’ADC passera commande panneau-Bloisdes travaux de labellisation et de relevés de terrain. En contrepartie les cartes Michelin et IGN sont publiées sous l’égide de l’ADC qui en garde les retours financiers4.
D’autres sujets pourraient se dessiner5, l’AF3V restant libre de porter la parole des usagers auprès des instances décisionnaires, et notamment les départements.


Le présent accord intervient à la suite d’une période de turbulences6. Il met fin à une concurrence stérile qui sévissait entre les deux organisations, et donne à l’AF3V les moyens de se consacrer à ses missions premières. Cet accord a été signé pour trois ans renouvelables, et paraît très beau mais il ne règle pas forcément tout. Il n’empêche pas d’autres accords, par exemple ceux qu’a noués l’ADC avec la FFCT sur le label « villes vélo-touristiques » ou avec France vélo tourisme7. Notons enfin que cet accord n’est que provisoire, et que l’on ne sait pas encore ce qui pourra bien se passer à la fin. moi profil vélo - copieEspérons déjà qu’il n’y ait pas trop de friture sur la ligne, parce que moi je m’en vais rouler8 !

    Notes ..

  1.  Sur l’assemblée générale de l’association française des véloroutes et voies vertes, voir l’article AF3V : la fusion ne fait pas la force
  2. L’ADC s’appelle désormais DRC pour Départements et régions cyclables
  3. SNVVV, schéma national des véloroutes et voies vertes, c’est-à-dire le projet qui se trouve en gris sur la carte de l’AF3V.
  4.  Les retours financiers de la carte Michelin sont inexistants, et ceux de la carte IGN sont liés aux ventes effectuées jusqu’ici par l’AF3V; en clair pour l’instant les auteurs ne sont pas rémunérés, situation à laquelle l’ADC va certainement réussir à mettre fin.
  5.  Dans les projets on trouve la préparation des cartes ou l’écriture des textes pour un site internet à créer.
  6. Pendant la période qui s’achève on a vu de tout : huile bouillante envoyée à la poile, herbes et piments fourrés sous les nourritures marines, filets percés, etc
  7.  France vélo tourisme : Association regroupant des partenaires publics ou privés pour assurer la promotion institutionnelle des itinéraires vélo-touristiques français auprès du grand public.
  8. Je n’ai pas écrit que je m’en allais vous rouler, car je vois bien qu’il n’y a plus de farine.
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1 réflexion au sujet de “Grandes manoeuvres dans les voies vertes”

  1. C’est une excellente nouvelle si les 2 entités notamment DRC jouent le jeu du partenariat sur un pied d’égalité.
    Ce partenariat est complémentaire entre une association d’utilisateurs et une association d’élus sur la thématique de la réalisation du SN3V et de ses compléments régionaux.
    Leur voix sera peut-être mieux entendue par la Coordonnatrice interministérielle pour le développement du vélo et surtout la Ministre (on peut toujours rêver!).
    Deux chantiers prioritaires:
    – Terminer le projet de décret voie verte qui achoppe sur le problème de la police de la circulation sur les chemins de service gérés par VNF. Les juristes de la DGITM et de la DSCR devraient avoir à l’esprit que le droit est au service des citoyens et trouver très vite un accord.
    – Libérer le foncier des établissements publics de l’Etat, des Collectivités territoriales pour réaliser rapidement un réseau cohérent de voies cyclables.
    Il faut aussi faire comprendre aux tenants du vélo en ville que les itinéraires du SN3V et de ses compléments régionaux ont vocation à relier les zones urbaines, le péri urbain et les campagnes. C’est ce qui ressort de la circulaire interministérielle du 31 mai 2001, c’est ce que pratiquent naturellement nos voisins.
    Je souhaite plein succès au rapprochement AF3V/DRC. Je souhaite que d’autres associations les rejoignent.
    Quant à moi, dernier responsable de la MN3V (pour le moment), je vais relire le mythe de Sisyphe pour conjurer le mauvais sort pour une politique volontariste et partenariale du vélo.
    Merci encore, Isabelle pour cet espace de dialogue.

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