A Clermont-Ferrand, les VLS, ça chauffe !

2014_07_18_mg_0865Les vélos en libre-service de Clermont-Ferrand offrent plusieurs formules d’abonnement. Celles qui concernent plutôt les visiteurs sont discrètes, et aucune ne marche lorsqu’il fait chaud. Ce n’est pas la seule bizarrerie des transports à Clermont…

Clermont ne fait pas comme les autres. Elle a un tramway sur pneu, dont une partie est fermée cet été pour travaux lourds, une gare de trains rebaptisée pôle intermodal, mais sans tramway ni autocars, et des VLS qui ne marchent ni l’hiver ni l’été.

Le système de vélos en libre-service de Clermont-Ferrand permet de s’abonner pour 1 ou 7 jours, ou au mois.
Pour la courte durée, on ne peut s’abonner que en deux endroits, place Jaude et à l’agence près de la gare, pour un droit d’entrée de 1 ou 5 € et le paiement plein pot (1 €) dès la première demi-heure.

place JaudeEn route …
Je regarde donc à la station la plus proche comment m’abonner pour la journée, et je vois que je dois me diriger vers la place Jaude pour trouver la seule borne de la ville. Cette borne me demande de taper « 1 » ou « 2 »  suivant que je veux un abonnement d’une semaine ou d’un jour. Mon numéro de téléphone m’est ensuite demandé et je dois le taper trois fois car le système n’est « pas disponible ». Enfin mon numéro de carte bleue, plusieurs fois aussi. Entre mon sac, mon carnet, ma carte, mon téléphone, la lumière aveuglante, je n’ai plus de mains et n’importe qui pourrait m’arracher mes biens.
Je commence aussi à m’énerver. J’obtiens cependant un code secret à recopier. 6° main au moins, j’y arrive, et veux maintenant prendre un vélo.

borne uniquePas moyen, pas moyen !
Rien à faire, aucun vélo ne se débloque. Rendez-vous alors à l’agence, en tramway (1,20 €), lequel tramway ne dessert pas la gare1, 10 minutes de marche dans la chaleur, et encore je connais le chemin. 
Chantal, à l’accueil, a l’habitude. J’ai tout bien fait, mais il y a le soleil qui tape sur les vélos. Ça détraque l’électronique, et ce sera la même chose toute la journée. Elle a un moyen pour remettre en place le système à chaque fois, mais il est secret, je ne vous le dirai pas. D’ailleurs il est un peu brutal …
Le responsable de l’exploitation clermontoise, de la société Velogik, me confirmera plus tard que l’électronique souffre de la grosse chaleur comme du grand froid. Pour lui, le système est indisponible 8 jours en été et plusieurs mois en hiver. Pour y remédier il faudrait un petit ventilateur pour les totems exposés au soleil, et un petit chauffage d’hiver pour tous.
8 jours ou plus, en tous cas c’est d’autant plus regrettable que plus de 90% des trajets sont effectués par des abonnés à l’année2. Mais heureusement, après 3 ans de service,  ils ne sont toujours que 720 …  ce qui permet un service personnalisé (par exemple en cas de dysfonctionnement  le client est prévenu au téléphone) et des interventions directes sur le matériel. 720 abonnés, 400 vélos, 40 stations, 9 personnes à l’exploitation … Sans commentaire. Et ni les touristes ni les gens de passage ne sont la cible, on l’aura compris. Je ne sais pas si vous voyez la cible, d’ailleurs.
Une autre particularité du système Smoove, fournisseur du matériel et de l’informatique, c’est que les vélos sont vendus, ce qui rend légitimes les améliorations apportées par l’exploitant, qui d’ailleurs le fait en lien avec Smoove. Pour ce faire le responsable de l’agence clermontoise a recruté des gars débrouillards, et « surtout pas des ingénieurs ». A chaque ville son mode d’exploitation, et la qualité de service qui va avec, ajoute-t-il.

Pour 1 jour c’était 5 €
Mais revenons à mon aventure. Ce que Chantal ne m’a pas dit, et elle avait bien raison, c’est que j’aurais mieux fait de prendre une location d’une journée à 5 €. On ne pouvait le faire qu’à l’agence près de la gare. Cette possibilité de location, 1 jour, 1 WE, 1 semaine, 1 mois ou 1 an, se fait seulement à l’agence. C’est une excellente alternative à l’abonnement, qui délivre de l’obsession de trouver une station. En revanche, n’étant pas un abonnement, il ne serait pas concerné par le remboursement à 50% par l’employeur. 100 vélos sont louables, dont 70 à assistance électrique.
Encore fallait-il le savoir, c’était écrit au dos du dépliant trouvé en fin de course à la gare et nulle part sur les attaches ou sur la borne unique de la ville. J’ignore donc s’il en restait un pour moi.

SmooveLes ennuis continuent
Avec l’abonnement 1 jour ou 1 semaine, pas de demi-heure gratuite. Sur 5 vélos, j’en ai eu 2 dont les vitesses craquaient très fort dans les cardans. J’ai fait avec, car sinon c’était re-payer. A la fin j’en ai eu pour 7 € (+ 1 ticket de tramway), avec un vélo pour lequel j’ai dépassé la demi-heure3. Tout ça est bien dommage, car les vélos sont confortables, roulent bien et disposent de 7 vitesses, ce qui permet d’aller réellement à peu près partout.
On sait par ailleurs que le système de Smoove ne nécessite pas de câblage (tout est embarqué dans les vélos), ce qui est très commode et économique pour les villes, les vélos communiquant par ondes radio avec le totem de la station, lequel est relié à un serveur situé à Lyon. Certains de ces totems étant alimentés par panneaux solaires, c’est encore moins de câbles, mais il faudra bien ajuster la hauteur du parasol.

boîtier de commande

Pour conclure, chez Smoove on sait que l’électronique ne résiste pas toujours à la chaleur. L’implantation de Clermont est un petit réseau, qui ne devait surtout pas coûter trop cher et qui date. Mais pour les grands réseaux ce sont les applications sur d’autres terminaux (par exemple les horodateurs, comme à Vancouver) ou sur smartphone qui sont privilégiées.  Quant aux cardans, ils sont plus ou moins abandonnés aussi, le seul fabricant survivant au monde n’étant pas assez fiable et le mécanisme pas apprécié du tout en Europe du Nord. En revanche, une innovation maison assure l’absence de déraillement ! Bref, Clermont n’est certainement pas un modèle à l’exportation.

Amis visiteurs, ne venez pas quand il fait beau, ni s’il fait très froid, et ne dépassez pas la gare sans vous arrêter à l’agence C.vélo (fermée les dimanches et les autres jours fériés) ! Vous louerez un vélo ou vous abonnerez sans difficulté ni énervement car Chantal vous aidera. Elle vous fera même de l’ombre s’il fait trop beau. Si vous comptez visiter la ville, c’est la location qu’il vous faut. Seulement à l’agence de la gare, n’oubliez pas !

 

 

Dernière heure (2 août) : Egis remporte l’exploitation du système de vélos de la ville de Cracovie. Bati-actu, 1er août. Un système qui semble proche de celui de Clermont-Ferrand.

  1. La gare ne s’appelle plus gare mais Pôle intermodal de transport. Ni le tramway ni la gare routière ne s’y trouvent, et il n’y a même pas de fléchage.
  2. Ces dysfonctionnements saisonniers nuisent aux Clermontois, et renforcent l’exclusion du renfort de clientèle que pourraient fournir les visiteurs.
  3. Le temps d’utilisation s’affiche sur le vélo après remise dans l’étrier. Pourquoi ne s’afficherait-il pas avant, histoire de nous éviter de dépasser le temps ?
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5 thoughts on “A Clermont-Ferrand, les VLS, ça chauffe !

  1. Bon bah finalement, après lecture de ce post, pour ceux qui se déplacent vers Clermont en train, le mieux à mon avis c’est de mettre son propre vélo dans le wagon… c’est 10 € forfaitaire soit 20 € A/R, mais après, pas de problème !
    Pour qui veut se déplacer, dans l’agglo, il n’y a pas de station dans les communes environnantes… En gros les VLS sont conçus pour se déplacer en centre ville, ce qui, vue la taille, se fait très bien à pied !

  2. A Chalon sur Saône on a carrément abandonné le VLS après plusieurs années. Le bouquet c’était la dernière année, après changement de municipalité : changement de contrat pour prendre des vélos français à la place d’une marque étrangère, pour au final tout arrêter.
    En contre-partie un même budget sert en ce moment à l’aménagement de l’EV6 aux abords de l’agglomération.

  3. En 2 ans ça a progressé : l’abonnement est maintenant gratuit pour l’usager, la première 1/2 heure est gratuite, et tout se fait via internet et/ou l’appli smartphone, puis sur le combiné du vélo.
    Mais d’autres choses n’ont pas changé : toujours ni tram ni gare routière à la gare SNCF, et un parc vélo en mauvais état (pneu découpé, panne du dérailleur moyeu, …).

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