Revue de presse d’avril 2019

  • Les trottinettes électriques : faux remède sans diagnostic, empoisonneuses du territoire. Retour du prolétariat, comme avec les livreurs de repas.
  • Les cyclistes récalcitrants au port du casque, même là où il est obligatoire. Selon le type de cycliste les demandes divergent. Feux vert intégraux : pas possible partout.
  • Saint-Dié des Vosges et la Seine-Saint-Denis se lancent. Avec sérieux, en plus.
  • De l’art de se débarrasser du train, pourtant l’avenir de l’automobile est sérieusement compromis. 
  • Les besoins en électricité augmentent, la production de gaz nocifs va avec, mais deux nouveaux vélos électriques changent la donne. 
  • Et enfin le lien vers le film d’Arte qui retrace nos deux derniers siècles destructeurs, au point que ce n’est même plus rattrapable.
    Bonne lecture ! 

Espace urbain

Face aux trottinettes électriques, le piéton devient une espèce menacée. Reporterre, 15 avril. Les transports motorisés, « nouveaux petits dinosaures du quotidien » empoisonnent la vie des passants. Pour ne pas qu’ils conquièrent les territoires urbains, comme l’automobile a jadis conquis la chaussée, l’auteur de cette tribune appelle à stopper cet « engrenage nocif ». Un très sobre et efficace article, excellent.

Trottinettes, le nouveau paracetamol de la mobilité. Julien de Labaca. Les trottinettes sont un cache – misère qui aggrave la maladie.

Continuons avec les faux progrès de l’époque, ou Le retour du prolétariat : La tête dans le guidon : Être coursier à vélo avec Deliveroo. Fabien Lemozy (Laffont).  La Nouvelle Revue du Travail, n° 14, 2019. 

Few drivers fined over 1-metre rule, while cyclists cop it over helmets. WAToday, 12 avril. More than 700 WA cyclists were fined last year by police for not wearing a helmet. 

Les entrepreneurs à vélo défendent la bordure de la piste Chronovélo à Grenoble. Place Gre’net, 13 avril. Alors que le collectif Le vélo qui marche crie au danger pour les deux roues, l’association des entrepreneurs à vélo, les « Boîtes à vélo », se félicite d’un aménagement qui protège tous les cyclistes, en particulier les plus jeunes, des chauffards.

Reporterre

Feu vert pour le vert intégral. Gracq, 5 avril. Pour les carrefours, avec quelques conditions pour le succès. 

Vélo

La prime mobilité bientôt obligatoire, mais plafonnée. La Tribune, 2 mai 2019. Au passage, ça me plaît toujours quand on parle d’une Loi au futur avant même qu’elle ait été votée … Pour la peine, voici le début du texte : Le gouvernement va rendre obligatoire la prime de mobilité pour tous les salariés. Cette prime, jusqu’ici facultative, doit permettre d’indemniser les trajets domicile-travail. Le dispositif sera inscrit dans la Loi d’Orientation des mobilités qui sera adoptée mi-juin. La prime mobilité sera néanmoins plafonnée à 400 euros par an et par salarié.

Parigo, émission sur France3 Paris Ile-de-France le 19 avril : Vélotaf, et si on s’y mettait ?, 13 minutes : Plusieurs velotafeurs, les entreprises à vélo, Jérôme Sorel, Stein van Oosteren. L’essayer c’est le bonheur ! 

À Amsterdam, les vélos ont déjà remplacé les voitures. Canal+, 8 avril 2019. La capitale des Pays-Bas a supprimé 11 000 places de parking pour y mettre des vélos. Et si ça vous fait râler, attendez de voir le tarif des parcmètres et des amendes… L’objectif ne fait aucun mystère : aménager des espaces verts, planter des arbres, élargir les trottoirs pour les piétons et créer de nouveaux parkings… pour les vélos. Le stationnement va passer à 7,50 euros par heure en centre-ville (Paris : 4 euros de l’heure, Londres 7,75). 

Va-t-on reprocher aux citoyens de s’acheter des vélos ?

Les vélos en libre-service sont-ils là pour rendre des services ? Non, ils sont là pour gagner de l’argent, même si cela va dans un sens contraire à leur objectif affiché.

La prime au ridicule

Un périple de 176 km à vélo électrique pour des adolescents d’Oléron. France3, 15 avril 2019. Quinze adolescent ont enfourché leurs bicylclettes électriques pour un périple hors du commun. Ils vont parcourir 176 kilomètres pendant quatre jours. Des animateurs bien mal inspirés ! Le ridicule, c’est surtout ces gosses qui ont du le ressentir, mais le plus grave c’est que leurs encadrants aient eu cette idée. Ils ont même pensé à la camionnette pour les bagages. Des jeunes en apprentissage pour les soins aux paralytiques ? Ces vacances seront très bénéfiques pour l’environnement, conclue la télé. 

France3

Automobile

Un tiers des automobilistes urbains prêts à se passer de leur voiture. Le Monde, 11 avril. 52 % des 1 500 urbains interrogés par l’IFOP dans le cadre de cette enquête considèrent que la réduction de la place de la voiture dans le pays est une bonne chose.

Ces commerçants qui réclament le stationnement payant. Olivier Razemon, 14 avril. Plein d’exemples, et ils finissent même par réclamer la « semi »-piétonisation! Les commerçants commencent à comprendre que l’auto les tue et que le marché se fait en déambulant.

Encore Razemon : Voilà comment, petit à petit, on tue le voyage en train. 1er mai. Sans train c’est tout-auto. Avec train, ça dépend.

Allégorie !

Le temps des plans vélo

Seine-et-Marne. Le Provinois mise sur le vélo. Actu.fr, 23 avril. Dans le cadre du Plan climat-air-énergie lancé par la communauté de communes du Provinois, une étude va être menée pour développer la thématique vélo dans la région. (…) Et ce n’est qu’un début, on n’exclut pas de mettre un coup d’accélérateur par la suite. 

On a fait ce qu’on a pu, on a montré qu’on s’intéressait aux cyclistes.

Saint-Dié des Vosges est lauréat du programme Mobilité à la française (devenu France mobilité). Avec un territoire étalé le long d’une vallée principale et de quelques autres, qui ne communiquent entre elles que par la principale. « ce qui est décisif, c’est surtout que les circuits dans les parties planes soient visibles, qu’on en parle parce que l’on y voit des vélos circuler ». Un programme pour 8 ans, présenté par Le Parisien sous un titre parlant de vélo électrique, alors que le vrai sujet est la mobilité sur le territoire: « Le prix des carburants affecte le pouvoir d’achat des populations et une ville comme Saint-Dié est très vite encombrée aux heures de pointe…« . Il y aura aussi des garages à vélo et des événements. Article payé par la Macif, ce qui n’enlève rien au sérieux du projet.

Les routes départementales de Seine-Saint-Denis 100 % cyclables à l’horizon 2024. Le Parisien, 18 avril. Le conseil départemental de Seine-Saint-Denis engage un plan de 150 M€, sur cinq ans (324 projets à réaliser) afin d’adapter l’ensemble de ses routes aux déplacements à vélo. On doit donner la possibilité à la population de se déplacer à vélo. Un plan vélo ambitieux qui paraît sérieux. Et d’ailleurs …

Pantin – Aubervilliers : l’ex-RN2 va enfin respirer. Le Parisien, 25 avril. Vue d’artiste du projet. C’est la route qui mène de Paris au Bourget (5 km) et que nous avions voulu prendre pour nous rendre au salon de la COP21 … Plusieurs sites des Jeux Olympiques s’y trouvent. Tout arrive !!! 

Energie

EDF va devoir encore faire la soudure. Jean-Marie Darmian, 12 avril 2019. Pour atteindre les objectifs de réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, il faudrait fermer 12 réacteurs avant 2028. Avec les nouveaux EPR on arrive à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici 2035, contre 71,6 % en 2017 !  

L’homme a mangé la terre. Arte. Visible jusqu’en septembre. De la révolution industrielle à aujourd’hui, un décryptage minutieux de la course au développement qui a marqué le point de départ de l’ère de l’anthropocène (ou ère de l’homme) et de la détérioration continue de la planète.

iWeech : le vélo électrique qui carbure à l’intelligence artificielle. Journal du Geek, 14 avril. Il veut aider l’utilisateur à arriver à bon port quel que soit le niveau de la batterie par une gestion intelligente de l’utilisation de la batterie.

Une entreprise française crée un vélo électrique… sans batterie ! ID l’info durable, 26 avril. « U-feel« , ce vélo avancera grâce à un supercondensateur, un système de stockage de l’énergie … 

Pollution

La pollution routière entraîne 4 millions de cas d’asthme par an chez les enfants. Les échos, 11 avril. C’est à Lima, au Perou, et à Shanghai, en Chine, que la proportion d’asthmes diagnostiqués chez les enfants la plus élevée. Suivent huit autres villes chinoises, puis Moscou et Séoul. Paris se situe à la 21e place, avec un tiers des cas d’asthme d’enfants qui seraient liés à la pollution routière.

Merci qui ?

Philippe Parmentier, François Lesens, Hans Kremers, Noël Jouenne, Julien de Labaca (pour son article).

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7 réflexions au sujet de “Revue de presse d’avril 2019”

  1. > Pour atteindre les objectifs de réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, il faudrait fermer 12 réacteurs avant 2028. Avec les nouveaux EPR on arrive à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici 2035, contre 71,6 % en 2017 !
    Si l’objectif est de sortir des énergies fossiles, fermer des réacteurs nucléaires n’a aucun impact puisque l’uranium n’est pas une énergie fossile; un réacteur nucléaire n’émet donc pas de gaz à effet de serre.
    Pire encore : pour pallier leur intermittence intrinsèque et sans solution pour le moment, les éoliennes et les panneaux photo-voltaïques doivent être combinés à des centrales à gaz… qui lui, est bien une énergie fossile.

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    • L’auteur explique justement que l’industrie nucléaire française va très mal : « Il y aura certainement plus d’une décennie de retard tellement le chantier a connu des déboires dues à des malfaçons multiples et rien ne dit qu’en 2020… l’EPR français produira enfin de l’électricité ». Mes présentations ne suffisent jamais, c’est l’article qu’il convient de lire. En outre celui-ci est trop complexe pour que je puisse en faire un court résumé.

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      • L’article manque singulièrement d’argumentation sur le sujet. On peut être opposé au nucléaire pour des raisons de sécurité, de pollution… mais l’argument du CO² ne tient pas la route. Et l’auteur l’assène sans aucune explication ; il n’en a probablement pas.

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  2. Même Tesla s’inquiète de la raréfaction des matières premières pour la fabrication de leurs batteries … et on s’entête à faire des engins électriques qui n’ont aucune pérennité. Car toutes ces machines contrairement au vélo qui se répare facilement sont vouées à la poubelle : ils seront soit démodés soit en panne (et non réparables comme tout ce qui est bourré d’électronique) soit inutilisables en cas de fin d’une ressource . Et je ne parle même pas de ces trotinettes en libre service qui nécessitent l’utilisation de camions au diesel pour leur rechargement ou maintenance. L’être humain est-il totalement inconséquent ?

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  3. « La prime mobilité sera néanmoins plafonnée à 400 euros par an et par salarié.» plafonnée à 200€ pour les agents des fonctions publique (État, hospitalière, territoriale,) d’après ce que j’ai appris de ci, delà.
    Et des doutes subsistent pour son cumul avec un abonnement à un transport en commun alors que le vélo est une excellent mode de rabattement pour les longs trajets domicile/travail.

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  4. Vincent a écrit : « un réacteur nucléaire n’émet donc pas de gaz à effet de serre ».
    C’est évident :
    – il est construit intégralement en bois, le seul matériau de construction dont le bilan carbone est nul (si l’on excepte son transport),
    – tous les éléments nécessaires à sa construction sont transportés à vélo (ah zut, même les vélos, il faut bien les fabriquer, non ?),
    – le minerai d’uranium est extrait à la main (sans utilisation de ces énormes camions dont les roues font 3 m de diamètre et qui consomment 100 l de carburant à l’heure),
    – il est converti en « yellow cake » sans aucune utilisation d’énergie fossile,
    – le résultat est transporté du Niger vers la France à vélo,
    – idem pour le transport des matières nucléaires en amont et en aval du réacteur,
    – idem pour le transport des pièces de rechange nécessaires pendant la vie du réacteur (un générateur de vapeur = plusieurs centaines de tonnes),
    – toute la chaîne de traitement, de transport, et de stockage des combustibles usagés fonctionne sans utilisation de combustibles fossiles,
    – la construction du centre de stockage de l’Aube (Cigéo) se fait à la main, sans engins de chantier gloutons en pétrole, y compris pour creuser des galeries à 500 m de profondeur,
    – Cigéo sera tout en bois, surtout pas d’utilisation de béton ou pire d’acier, dont la production émet énormément de CO2,
    etc.
    La pub disait « Nos énergies ont de l’avenir, un avenir sans CO2 », alors croyons la pub !

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