Les trottinettes électriques échappent au législateur

C’est une fois de plus par décret que le Gouvernement impose ses décisions. Cela ressemble même à de l’urgence, l’information vient de tomber samedi matin en plein pont du 1er mai, et ne fait l’objet d’aucune discussion : « cette nouvelle réglementation entrera en application à la rentrée 2019 ». MàJ. 6 mai.

Les Engins de Déplacement Personnel motorisés rouleront avec les vélos

Loin de se poser des questions sur leur bilan carbone, industriel, d’accidents, de santé ou de bien-être en ville, le gouvernement vient d’annoncer qu’il a pris des décisions uniquement pour des raisons de sécurité, autrement dit sur la défensive. Le gouvernement prétend d’ailleurs implicitement qu’il n’y aura pas de problème de sécurité entre trottinettes et vélos sur les pistes cyclables, puisque c’est là qu’elles vont devoir rouler.

1- Les EDP motorisés sont interdits de circuler sur le trottoir
2- En agglomération, ils ont obligation de circuler sur les pistes et bandes cyclables lorsqu’il y en a. A défaut, ils peuvent circuler sur les routes dont la vitesse maximale autorisée est inférieure ou égale à 50 km/h.
3- Hors agglomération, leur circulation est interdite sur la chaussée, elle est strictement limitée aux voies vertes et aux pistes cyclables.
4- Le stationnement sur un trottoir n’est possible que s’ils ne gênent pas la circulation des piétons. 

Les règles pour les EDP motorisés seront essentiellement les mêmes que celles applicables aujourd’hui aux cyclistes, avec certaines spécificités. 

1- Il faut avoir au moins 8 ans pour avoir le droit de conduire un EDP motorisé.
2- Le transport de passagers est interdit : c’est un engin à usage exclusivement personnel.
3- Il est interdit de porter à l’oreille des écouteurs ou tout appareil susceptible d’émettre du son.
4- Les utilisateurs de moins de 12 ans doivent obligatoirement porter un casque (comme en vélo).
5- De nuit, ou de jour par visibilité insuffisante, et même en agglomération, ils portent un vêtement ou équipement rétro-réfléchissant (par exemple un gilet, un brassard, …)
6- Les EDP motorisés doivent être équipés : de feux avant et arrière, de dispositifs rétro-réfléchissants (catadioptres), de frein, et d’un avertisseur sonore.

Des règles « pédagogiques » que les maires pourront annuler !

Le gouvernement dit espérer que ses nouvelles règles feront « évoluer vers un usage responsable et plus sûr de ces engins ». Mais il compte sur la Loi (qui, elle, dépend de la représentation nationale) pour autoriser les communes à faire autrement. Quel bazar ! Vous croyez qu’il y aura des panneaux en ville pour dire que c’est autorisé sur ce trottoir, et pas le voisin, ou sur tous les trottoirs de tel ou tel quartier ??? 

Un décret créera des dispositions nouvelles dans le code de la route.
Il reconnaitra les EDP motorisés comme une nouvelle catégorie d’engins et en définira le statut, leurs équipements et leurs règles de circulation ainsi que les éventuelles obligations d’équipements de leurs utilisateurs.
Parallèlement, un article du projet de loi d’orientation des mobilités permettra aux maires d’appliquer des possibilités de dérogation à ces règles, afin qu’elles puissent être partout adaptées à la diversité des situations. 

Dernier point à noter : Ces machines doivent être bridées à 25 km/heure, alors que les cyclistes, surtout en ville et encore plus dans nos étroites pistes cyclables, ne dépassent pas les 20 km/h en pointe … 

  • On aurait pu les interdire. Leurs inconvénients le justifieraient clairement. Les lobbyes ont joué leur rôle.
  • On aurait pu créer les conditions pour que tous les modes trouvent leur place. En limitant drastiquement les vitesses autorisées, pour commencer. Les avantages en seraient multiples.
  • On aurait pu les rendre sûrs.
  • Finalement on s’en prend aux cyclistes, tout en laissant entendre que cyclistes et engins de mobilité personnelle, c’est du pareil au même. 
  • Et on passe en force, en ne laissant aucune place au débat parlementaire.

Documentation

Trottinettes électriques, giropodes, vélos et trottinettes en libre-service … relèvent des mêmes logiques : Invasion, sans rien demander aux responsables de l’espace public, de produits ne correspondant à aucun besoin réel. Industrie de l’électronique, souvent chinoise. Produits nuisibles pour l’environnement. 

Comme le rappelle le ministère, les EDP motorisés (trottinettes électriques, monoroues, gyropodes, hoverboards…) n’appartiennent à aucune catégorie du code de la route. Leur circulation dans l’espace public n’est donc actuellement ni autorisée ni réglementée : leur usage est donc officiellement limité aux espaces privés ou fermés à la circulation.

Une industrie très agressive

  • Attention, ils veulent envahir les pistes cyclables ! Mai 2016. Avoir droit aux pistes c’est le seul moyen pour que ce marché prenne de l’expansion. « Partageons civiquement », qu’ils disent. Ces industriels viennent du monde des robots et déploient une puissance industrielle et financière impressionnante. Ninebot, qui mène la « négociation », a son siège à Pékin, une usine à Tianjin et une succursale à Hong Kong…
  • Trottinettes : que faire de ces nouveaux venus? Octobre 2018. Un marché très juteux, dangereux pour les clients. Si on ne veut pas en finir avec la mobilité active, la seule solution est l’abaissement réel et drastique des vitesses sur la chaussée. Premières annonces de réglementation. 
  • Lime la trottinette milliardaire (pdf)

Des engins qui pourraient disparaître très vite

  • La descente aux enfers des licornes chinoises du vélo. Les échos, 3 avril 2019. Les start-up Ofo et Mobike rêvaient de révolutionner les transports avec leurs vélos en « free floating » et étaient érigées en modèle par le régime et les médias d’Etat. Elles luttent désormais pour leur survie après avoir commis des erreurs stratégiques majeures.
  • « On joue les rapaces » : on a discuté avec un chargeur de trottinettes électriques. numerama.com, avril 2019 

Leurs inconvénients sont pour nous

Les alertes de ceux qui réfléchissent

  • Les nouvelles formes de la mobilité : trottinettes électriques, hoverboards, bicyclettes électriques… in Réalités industrielles, série des Annales des Mines, n° 2018/2, pp. 36-40. Par Fédéric Héran, économiste et urbaniste, Université de Lille. Elles peuvent cogner et être déstabilisées par la moindre irrégularité du sol, leurs freins ne leur seront d’aucun secours sauf à les faire basculer vers l’avant. 
  • Trottinettes, le nouveau paracetamol de la mobilité. Julien de Labaca, consultant. Avril 2019. Les trottinettes sont un cache – misère qui aggrave la maladie. Puisque c’est pour les petites distances, pourquoi ne pas marcher, alors ? ou aller à vélo si c’est pour plus loin? Ces engins dispensent de résoudre les problèmes du stationnement des vélos, et en plus ils sont de la mobilité passive. Leur présence souligne surtout l’urgence de favoriser marche et pédalage. 
  • Amsterdam se débarrasse de ses mobylettes. 28 avril 2019. C’est le début de la fin des petits engins motorisés dans les roues des cyclistes. C’est le moment que choisit la France pour y autoriser les trottinettes électriques.
    Les véhicules à moteur sont interdits en France sur les voies vertes comme sur les pistes cyclables, sauf autorisation spéciale […] Merci infiniment chère madame Borne ! Nous apprécierions que l’interdiction des véhicules à moteur soit respectée [dans les pistes cyclables], qu’ils soient petits ou gros et quelle que soit leur vitesse …

En résumé

Les e-trottinettes sont le masque de l’industrie électronique, le chantre de la sédentarité, le cache des malformations de nos villes. On vient sans débat de leur offrir de la légitimité, au détriment des vélos.
Le faire pour « faire plaisir » à des industriels chinois de l’électronique est assez navrant, on nous balade …

Selon l’AFP, ce matin

Ces exigences [feux, freins etc.] sont déjà largement appliquées aux engins existants, indique-t-on au ministère des Transports, où l’on souligne que le projet de décret résulte de « plusieurs mois de travail avec l’ensemble des acteurs concernés« . Selon Mme Borne, « les opérateurs qui vendent ces engins » appellent « eux-mêmes à l’édiction de règles de bonne pratique et à des clarifications sur l’équipement obligatoire ».
Un barème de sanctions en prévu: outre l’amende de 135 euros pour circulation sur un trottoir, le décret prévoit une amende de 35 euros pour non respect des règles de circulation. Le dépassement de la vitesse de 25 km/h sera sanctionné par une amende de 1.500 euros.
Le projet de décret vient d’être notifié à la Commission européenne, et sera présenté au Conseil national d’évaluation des normes, puis au Conseil d’Etat, a précisé le ministère des Transports.
Les ventes liées à la micro-mobilité (engins électriques, mécaniques et accessoires) ont représenté 278 millions d’euros en 2018, en hausse de 32% sur l’année précédente, selon le baromètre Fédération FP2M-Smart Mobility Lab. Quelque 1,64 million d’engins ont été vendus l’an dernier, avec une baisse des engins mécaniques (-20%) et un bond des ventes des engins électriques (+43%).
 

Elisabeth Borne dans Le Parisien ce matin

Trottinettes électriques sur les trottoirs : «135 euros d’amende dès la rentrée», confie Élisabeth Borne. Le Parisien, 4 mai 2019. Ce décret vise donc à reconnaître pleinement leur existence dans le Code de la route mais aussi à mettre en place des règles de vivre ensemble pour que l’on retrouve un peu de sérénité et de sécurité dans nos rues. […] Notre principal objectif est que les piétons n’aient plus à raser les murs.
Le principal résultat, c’est surtout carte blanche aux EDP, et entraves pour le vélo. Les lobbyes ont joué leur rôle. On aurait pu promouvoir le vélo, limiter les vitesses, humaniser les rues… on nous balade … Tout ça pour faire plaisir à des industriels chinois qui se sont installés dans notre salon sans demander notre avis et mettent le bazar partout dans le monde. Nous sommes des guignols. 

Pour mémoire

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24 réflexions au sujet de “Les trottinettes électriques échappent au législateur”

  1. D’après Le Monde, Mme Borne a dit en parlant de ces trottinettes et autre nouveaux engins motorisés : « Ils ne polluent pas« . C’est, de ce que j’ai lu, la seule justification à la bienveillance étatique en leur faveur. Je ne sais dans quel univers parallèle vit cette dame, mais manifestement on y rase gratis.
    Sur un process industriel identique, la batterie coûte 50% de la pollution de fabrication d’une voiture électrique.

  2. Une phrase résume tout : « Les lobbys ont joué leur rôle. » Le vert « écolo » n’intéresse que s’il prend la couleur des billets de banque.
    Tout n’est que business, à la seule raison d’enrichir les groupes financiers qui font des hommes politiques, et de nous-mêmes, des pantins sous hypnose.
    A titre d’exemple, le vélo n’intéresse que s’il est une station « Vélib » dont le contrat d’entretien, à lui seul, ponctionne annuellement 20 000 euros d’argent public pour chaque station. Une folie, mais on dira partout que c’est formidable… parce que ça rapporte !
    Le vélo de monsieur tout le monde n’est pas défendu, parce qu’il ne met rien dans la poche des instances au-dessus des instances, qui s’amusent à nous illusionner !

  3. Le point le plus crucial sera la rédaction de la définition des EDP dans l’article R311-1. Il faut qu’il soit suffisamment large pour ne pas laisser de brèche ou de faille dans lesquelles les innovateurs s’engouffreront.

  4. Le temps est venu de faire la distinction entre les pratiquant(e)s de la mobilité active et les autres… Les utilisateurs des EDP ne sont pas, à mon sens, des pratiquant(e)s de la mobilité active.

  5. Heu… Dire que les velos plafonnent à 20km/h, c’est oublier les VAE, qui sont eux aussi bridés à 25 (valeur sur laquelle s’aligne cette reglementation).
    Et dans les alternatives pour les déplacements courts je m’étonne toujours qu’on ne cite pas… la trottinette ! La seule, la vraie, celle où il faut pousser. Si je ne m’abuse c’est elle qui avait le vent en poupe il y a qqs années pour les déplacements courts, avant qu’on ne l’électrise. Elle est d’ailleurs très souvent utilisée par les parents pour accompagner leurs enfants à l’école (et gagner les précieuses minutes qui éviteront de se faire enguirlander à la grille), on se réjouit donc que l’interdiction d’être à deux ne concerne que les trot électriques… et on continue à pousser… sur les trottoirs à priori (quoique en descente je finis sur la route et avec un casque car un engin bien réglé peut vite prendre de la vitesse…)
    Bref point n’est besoin de loi, il suffit d’un cerveau : quel que soit le véhicule, si tu vas plus ou moins vite que les personnes qui sont sur le même type de voie que toi… change de type de voie !
    Ha et dernier détail rigolo de ce décret : piste cyclable obligatoire et trottoir interdit… ok, dans ma ville les pistes cyclables sont très souvent sur les trottoirs, en espace partagé avec les piétons et non avec les voitures : on fait comment ?

    • Bonjour, usager cycliste et également de trottinette mécanique, je souscris à votre remarque et sa logique générale « si tu vas plus ou moins vite que les personnes qui sont sur le même type de voie que toi… change de type de voie ! ». Si on appliquait ce principe cela permettrait aux trottinettes mécaniques qui comme moi roulent proche des 20km/h d’emprunter les aménagements cyclables sur lesquelles elles peuvent être aussi légitimes (si ce n’est plus) que les trottinettes électriques en tant que mode actif à propulsion musculaire.

  6. C’’est une « réforme » bâclée. La seule vraie solution c’est de repenser le tout (le fonctionnement des villes) de fond en comble. Le faire pour finalement « faire plaisir » à des industriels chinois de l’électronique est assez navrant, on nous balade … Nous avons vraiment besoin de prendre le temps !

  7. Comme dit C. G. sur un réseau social : « J’ai bien lu on pourra rencontrer des gamins de 8 ans, motorisés, sur des pistes cyclables ? C’est Disneyland ! » Elle a raison, c’est n’importe quoi!

  8. Qu’en est-il de l’accidentologie ? Si cette catégorie est incluse dans celle des cycles, la statistique ne pourra pas différencier les types d’accidents. Or, les trottinettes sont accidentogènes.

  9. Chose marrante, ces EDP vont être obligés d’emprunter les pistes et bandes cyclables alors que les vélos n’y sont pas contraints la plupart du temps !

  10. Merci pour l’information forte intéressante.
    Dans l’ensemble, j’ai trouvé cette décision logique, sauf le fait qu’il ne soit pas possible de se déplacer sur la route hors agglomération, parfois certaines communes sont séparées de quelques centaines de mètres !
    Et plus largement, créer des règles différentes entre cyclistes et usagers d’EDP : La majorité des cyclistes et non cyclistes ont de grandes difficultés à distinguer les règles spécifiques à l’usage du vélo, alors si on rajoute encore de nouvelles spécificités à ce nouveau type d’engins …
    Toutefois, je constate dans l’article une opposition d’Isabelle au sujet de ces engins.
    Je suis vélotafeur et cyclo-randonneur (pas de VAE), cependant je ne comprends pas cette opposition à ces nouveaux engins motorisés : Probablement que je suis progressiste plutôt que radical, mais actuellement la problématique principale sont les VL et à plus long terme leurs homologues électriques.
    Il existe de nombreuses solutions, et je considère que les VAE et ces nouveaux EDP en sont.
    Gardez en tête qu’un VAE, c’est environ 3 kg de batteries, une Renault Zoé 300 kg. Pour les heures de pointes en grande agglomération, c’est-à-dire lorsque la majorité des voitures ne contiennent que le conducteur, on a à la fois une exploitation des métaux rares divisés par cent, et une grande diminution de la consommation électrique nucléaire.
    Défendre des idéologies c’est bien et je le respecte, toutefois le monde réel n’évolue jamais comme on le souhaite, il faut donc savoir prendre avantage de ce qu’il se présente !

    • Selon @PHsansE les trottinettes en free-floating (le plus grand fléau) se propagent surtout dans les zones denses où on n’est jamais à plus de 1km d’une gare/station de métro. C’est un gadget (encombrant et polluant, même s’il n’a pas de pot d’échappement) qui fleurit grâce au sous-développement du vélo.
      Autre remarque, de @59_claude : Pour la santé mieux vaut acheter un vélo pliant. J’ai également lu la remarque selon laquelle les trottinettes « à pied » déséquilibraient le corps, notamment les hanches. Nous le savions déjà quand j’étais petite, mieux vaut le vélo !
      @kremersbx fait remarquer que si la SNCF emportait mieux les vélos et créait des stationnements adéquats, la question des trottinettes se poserait beaucoup moins.

    • Merci Alexos pour une intervention posée et pleine de bon sens.
      Isabelle, dommage que vous tombiez dans la facilité de désigner un bouc émissaire. C’est d’autant plus facile que c’est un méchant capitaliste, étranger et chinois de surcroit!
      Gardons la tête froide. LA raison de ce décret, sorti à la va-vite, c’est la fulgurance de la pratique et les problèmes qui en résultent. Cette adoption rapide prouve qu’une partie importante des citoyens y trouve une solution à leur problème quotidien de déplacement. Votre amour du vélo (que je partage) vous rend aveugle aux avantages de la trottinette électrique pour les individus qui l’utilisent autant qu’aux inconvénients du vélo (résolus par les EDP) pour un grand nombre de personnes.
      Sur le plan collectif, on pensait avoir avec les EDP « le beurre et l’argent du beurre » – moins de pollution et de congestion – sans faire les transformations d’infrastructures qui font râler les automobilistes citadins. Mais patatras! Le partage de l’espace ne fonctionne pas comme espéré! Donc on fait ce qu’on peut dans l’urgence car URGENCE IL Y A (conflits avec les autres usagers; les polémiques se développent)!
      L’évidence est qu’il est très difficile de satisfaire tout le monde, donc le gouvernement invente une solution effectivement un peu bancale qui essaie de composer entre des intérêts divergents. Ca n’est pas sa faute si une trottinette est cousine du vélo ! Pas facile de tailler une législation objective qui distingue les 2.
      Dans ce contexte et sans solution miracle (sauf pour ceux qui veulent l’interdire purement et simplement- les rêveurs), je trouve que la solution n’est pas si mauvaise: pallier les plus gros problèmes; réduire les avantages des EDP qui bénéficient de manière exorbitante à l’individu au détriment des autres usagers de l’espace public et de la collectivité. Le vélo va bénéficier (une peu) des ces mesures: sur les trottoirs l’utilisateur d’EDP met les autres en danger, sur la chaussée, il se met lui-même en danger et le vélo est plus sûr.
      Il faut quand même être content que plus de voitures restent au garage, non? On est quand même bien d’accord que la lutte contre la pollution est une priorité en ville?
      PS: je roule à vélo musculaire et pas en EDP.

  11. Communiqué des ministères des transports et de l’intérieur:
    https://www.interieur.gouv.fr/Espace-presse/Dossiers-de-presse/Les-trottinettes-electriques-entrent-dans-le-code-de-la-route
    Projet de décret:
    https://cdn2.nextinpact.com/medias/projet-decret-edp.pdf
    Intéressant à essayer de décripter, par ce qu’il modifie, et par ce qu’il ne modifie pas.
    Définitions ajoutés au R.311-1:
    6.14. Engin de déplacement personnel : engin de déplacement personnel motorisé ou non motorisé.
    6.15. Engin de déplacement personnel motorisé : véhicule sans place assise, conçu pour le déplacement d’une seule personne et dépourvu de tout aménagement spécial permettant le transport de marchandises, équipé d’un moteur non thermique ou d’une assistance non thermique et dont la vitesse maximale par construction est strictement supérieure à 6 km/h et ne dépasse pas 25 km/h. Il peut toutefois comporter une selle s’il s’est muni d’un système de stabilisation gyroscopique. Les engins exclusivement destinés aux personnes à mobilité réduite sont exclus de cette catégorie.
    6.16. Engin de déplacement personnel non motorisé : véhicule de petite dimension sans moteur.
    Donc une trottinette motorisée à selle passerait ipso-facto dans la catégorie motocyclette qui va bien.
    Plus subtil, l’article L324-1 portant sur l’obligation d’assurance n’est pas modifié. Je déduis de la définition 6.15 (EDP=véhicule équipé d’un moteur) et de l’article L324-1 (Toute personne physique …, dont la responsabilité civile peut être engagée en raison de dommages … dans la réalisation desquels un véhicule est impliqué, doit, pour faire circuler celui-ci, être couverte par une assurance garantissant cette responsabilité… on entend par « véhicule » tout véhicule terrestre à moteur) que les EDP devront être couvert par une assurance du même type que celle pour les voitures. La différence majeure avec les cycles se situe à ce point.
    Comment géreront les sociétés de free-floating, mystère. Mais la probabilité que ça affaiblisse un peu plus leur modèle économique n’est pas nulle.

  12. Que ces engins soient regroupés avec les vélos pourquoi pas : la différence de vitesse est faible.
    Qu’on interdise de fait la circulation de ces engins hors agglomération sans piste cyclable ni voie verte, c’est totalement crétin.
    Quant aux amendes de 135 € pour circulation sur trottoir c’est totalement disproportionné eu égard au risque causé par ces engins.
    Bref un palliatif très décevant après des mois de discussion et surtout un manque de lucidité sur la réalité des trottinettes en libre service : leur modèle financier repose en partie sur l’acquisition puis la revente de données.

    • 135 € sur trottoir, c’est pareil pour un vélo et tout aussi disproportionné. Il faudrait pénaliser en dernier recours et non comme un droit à faire, et lier le montant à la nuisance, à la mise en danger d’autrui, à la valeur du véhicule, à la fortune du coupable, comme on voudra, en tout cas pas de façon aveugle et irréelle comme aujourd’hui.

  13. Pensée : D’un point de vue égalitaire, on peut conclure de cette légifération en faveur des EDP qu’elle rend caduque l’obligation de pédaler pour faire avancer un VAE… à moins qu’il ne faille en retirer la selle …

  14. La littérale invasion, « poubellisante », des trottinettes qui parsèment et jonchent les espaces publics, trottoirs, espaces piétonniers, espaces verts, jardins publics etc à Paris me répugne, me révolte, moi simple provincial (Orléans) à Paris ! Quand les autorités locales, de tous types, se décideront-elles à opérer le ramassage, nécessairement massif, de ces engins abandonnés, donc « en infraction globale » ? Ramassage pour destructions massives de ces  » détritus  » qui nous em…. tous ! Mon langage est peu « charmant » mais trouve sa réalité sur place. Désolé d’être désolant.

  15. C’est une mauvaise nouvelle pour le développement du vélo. L’être humain étant, en général, très attiré par ce qui est « tout nouveau tout beau », ces engins sont amenés à se développer rapidement et à envahir au sens propre les aménagements cyclables.
    Ou alors, puisqu’on rend l’usage des pistes et bande obligatoires pour ces engins, supprimons donc les voitures pour de bon (et pas seulement hypocritement les anciennes) dans toutes les grandes villes, et laissons la chaussée aux cyclistes.

  16. 20 km/h pour la vitesse en pointe des vélos, ce n’est pas le cas pour tous. Une limitation à 30 km/h serait plus cohérente pour le partage dans les zones 30 ! 30 km/h étant une vitesse maximum, on peut rouler moins vite évidemment ! À force de restreindre on conservera des modes de déplacement par des véhicules de deux tonnes pour une seule personne. Occupation de l’espace public avec de nombreuses voitures en stationnement plus ou moins autorisé.

  17. Je reviens sur l’obligation d’assurance RC.
    De passage à Berlin cet été : les trottinettes ont la fameuse petite plaque qui atteste que les engins en question sont assurés.
    Accessoirement ça permet de savoir à qui on a affaire en cas de sinistre sans avoir à demander au pilote d’avoir la bonté de bien vouloir s’identifier…
    Réglementation entrée en vigueur en juin dernier. Vitesse plafonnée à 20 km/h (donc moins que les vélos, ce qui est peut-être une des clés pour une cohabitation apaisée).
    Et, oui, les sociétés de free floating se plient à ces exigences, comme quoi, quand on veut, on peut..

  18. Notre ville de Saint-Avold (clou rouillé FUB 2011) se fait encore remarquer (et encore dans le mauvais sens) avec le choix de démonstrations et essais de trottinettes électriques organisés par le Président de la Communauté d’agglomération Saint-Avold Synergie (qui est en fait le Maire de Saint-Avold… toujours le même…) le mercredi 18 septembre dernier à Saint-Avold, et installation d’une borne pour recharge de véhicule électrique à la gare de Morhange !! Pas trace de vélo ou autre mode de déplacement actif ici !!
    Il est certainement difficile de trouver pire que dans notre ville… Et si les maires peuvent déroger aux lois « en leur âme et conscience », qu’en sera-t-il s’ils n’ont pas de conscience ?
    Vraiment désolée pour ma ville…

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