Sortie du confinement: le point sur les aménagements cyclables expérimentaux

Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique et ancienne ministre des Transports de ce gouvernement, a demandé au Club des villes cyclables de coordonner les initiatives des collectivités territoriales en matière de vélo pour la période de sortie du confinement. En piste pour les pistes expérimentales! 

Il est en effet probable que la période y soit particulièrement favorable, les citoyens rechignant à retourner dans les transports en commun, ne serait-ce que par souci de «distanciation sociale». De plus, quelle que soit la date à laquelle ils seront «libérés», ce sera la belle saison, peut-être même déjà la canicule.

Des pistes expérimentales ?

Les initiatives de « pistes temporaires » fleurissent dans le monde, et font envie. Montpellier a déjà annoncé vouloir en créer une pour desservir l’hôpital, ce qui est une évidence. A la fois parce que les hôpitaux modernes ont été construits hors les villes, souvent au-delà de la rocade, là où il y avait encore du terrain constructible, et qu’en conséquence ils sont soudain devenus inaccessibles à pied ou à bicyclette et le sont restés. C’est le cas à Montpellier (voir l’article d’O. Razemon). La deuxième raison c’est que les personnes qui y travaillent sont souvent cyclistes, ou l’étaient, ou le seraient naturellement, et que les visiteurs … sont souvent des personnes d’un certain âge ne conduisant pas. Notez que lycées, universités, technopoles et grands ensembles d’habitat … eux aussi, ont souvent été poussés hors-les-murs.

Ces « pistes temporaires », ou « expérimentales » sont l’occasion de tester en vrai et en urgence un projet, et de l’améliorer avant réalisation définitive. Il est évident que le vélo ne peut pas prendre son essor sans axes pertinents, commodes et sûrs. Il faudra aussi organiser le stationnement, mais cela vient après. Sous le nom d’ « urbanisme tactique » est aussi proposé d’expérimenter, avec les moyens les plus simples, de nouveaux aménagements, par exemple récupération d’espace devant un bâtiment public, fermeture de rue pour en faire une impasse, etc. L’idée générale est de profiter de la très forte baisse du trafic automobile pour récupérer une partie de l’espace ainsi libéré, et de voir comment ça marche. C’est aussi de le canaliser, afin de lui éviter les vitesses excessives qu’on voit en ce moment, celles-là qui terrorisent cyclistes et piétons qui, autrement, seraient de toute évidence bien plus à l’aise. A ce sujet Thomas Jouannot, du Cerema, vient d’envoyer (à 13 h) un article abordant les différentes possibilités offertes aux gestionnaires de la voirie. Il est daté du … 14 avril ! 

@Lelievre_Adrien recense les exemples de pistes provisoires: ces infrastructures créées à la hâte par les municipalités pour faciliter les déplacements à vélo pendant l’épidémie. Il en a déjà publié beaucoup, à l’étranger comme en France.

Madame Borne a donc demandé à Pierre Serne, un élu francilien président du Club des villes cyclables, de lui faire remonter les blocages et difficultés afin qu’elles puissent être levées le plus rapidement possible. M. Serne précise que bien entendu tout le monde sera sur le pont, bien sûr M. Du Crest, coordonnateur national pour le vélo, mais aussi la Fub ou l’AF3V.

Ils auront à s’intéresser aux blocages techniques, administratifs ou, surtout, réglementaires, peut-on imaginer. Nul doute aussi qu’ils seront aussi interpellés sur la réglementation du confinement, ou sur sa communication, et notamment sur la fausse information sur l’interdiction de se promener à vélo. La Fub collecte à l’heure actuelle les témoignages (lui écrire sur un fichier spécial créé pour l’occasion). Vous pouvez aussi consulter son fil twitter.

Incidents déjà recensés par les cyclistes concernant le respect de la réglementation sur le confinement

Le journal Le Parisien, qui a sorti l’information hier soir (relayée immédiatement par l’association CyclotransEurope), souligne que le vélo a connu un essor spectaculaire grâce à la période des grèves. Il serait vraiment dommage de ne pas pousser beaucoup plus loin.
Le 15 avril Pierre Serne était l’invité de France-Inter à 6 h 20 pour en parler (8 mn). Il a été obligé de préciser qu’il n’avait pas reçu une « mission » (contrat à durée limitée) comme écrit dans mon journal quotidien préféré… mais avait répondu à une demande de coup de main en tant que président d’une association d’élus. Du poids des mots… encore une fois. 

Encourager le vélo c’est aussi ce qu’on peut faire de mieux pour le retour de la forme physique après une période de sédentarité presque totale, et pour le changement de système économique et social indispensable et urgent que nous devons opérer. Tant mieux, c’est un changement joyeux ! 

Le club des villes cyclables est joignable sur son site.

Pour se décider …

Par contre je ne vous parle pas de ce qu’il dit sur les règles de sorties dérogatoires, car lui aussi il s’emmêle les crayons ! Le club écrit : « le vélo peut être utilisé comme moyen de locomotion dans la limite d’une heure par jour et d’un rayon d’un kilomètre autour de son domicile » mélangeant loisir-activité physique d’une heure et dans un rayon d’un kilomètre, et moyen de déplacement, pour ravitaillement ou se rendre au travail, sans limite de temps ni distance. 
Le club ayant hérité d’un site aujourd’hui obsolète, tout cela ne se trouve pas dessus… Je pense donc qu’il me pardonnera de vous avoir donné toutes ces informations. 

et le cerema ..

Le Cerema organise un webinaire consacré aux opportunités de mise œuvre d’aménagements cyclables temporaires pendant et après le confinement, le 22 avril, de 14h à 17h30.
Associations d’usagers, collectivités, et institutions viendront témoigner des possibilités inédites de création d’aménagements cyclables offertes par la baisse massive du trafic motorisé.
Les renseignements pratiques de connexion sont dans l’agenda à la bonne date. 

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5 réflexions au sujet de “Sortie du confinement: le point sur les aménagements cyclables expérimentaux”

  1. Oui c’est ce qu’on entend des piste cyclables provisoire mais je trouve dommage que même le CEREMA n’aborde pas encore le problème des piétons qui dans beaucoup de quartiers de nos villes, devant les commerces de rue ou sur les ponts n’ont plus la place de se croiser en respectant une distance de sécurité La piste cyclable va servir aux 2, piétons et vélos. Il faudra aussi enlever du stationnement. Il faudra en profiter pour prendre de bonnes habitudes.

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  2. Enfin on sort de la logique des pistes cyclables! Bravo pour les marquages au sol pragmatiques, peu coûteux et souples. C’est ce qui se fait chez nos voisins européens. Pour les véhicules motorisés, il est nécessaire de réduire le stationnement de surface, mais à condition de créer des parkings souterrains à des endroits appropriés.

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  3. Que les zones rurales, le plus souvent discriminées en transports publics, ne soient pas les grandes exclues des projets de développement en circulation douce…

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  4. Du grand nimporte quoi. Fait dans la précipitation pont de Clichy saturé de 8h à 20h. Neuilly-sur-Seine pourquoi pas dans la contre allée plus sûre pour les vélos et bien non directement sur le boulevard avec des centaines de poids lourds par jour. Juste une question qui restera sans réponse, les personnes qui ont décidé on-t-elles testé les pistes cyclables ???

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    • Questions normales, réponses simples : moi j’ai testé, et j’ai trouvé que c’était infiniment mieux qu’avant, où c’était l’enfer. Si les ponts sont saturés, c’est probablement parce qu’il y a trop de camions. Alors je vous renvoie votre question : Est-ce que parmi les décideurs il y en a qui habitent sur l’avenue de Neuilly?

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