« Faire la ville » ? mais de quoi parle-t-on ???

Il ne faut pas s’étonner si les citoyens ne « participent » pas nous explique un ancien élu de Rennes.  Dans les concertations on ne parle pas de ce que vivent les citoyens dans une société devenue élastique.

Qu’est-ce que « la ville », « votre ville », pour les citoyens ? Voici un petit livre éclairant sur le discours politique en matière d’urbanisme. Jean-Yves Chapuis se demande pourquoi ce discours est radicalement incompris et hors-sujet, notamment lors des concertations. Ancien élu en charge de l’urbanisme à Rennes, puis consultant, il sait de quoi il parle.

Et pour commencer il démontre que « la ville » n’existe plus dans ses limites administratives et qu’ainsi parler aux électeurs ou aux citoyens n’a plus grand sens.

Le passage d’une société sédentaire à une société de la mobilité rend les limites des territoires floues. 

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Il montre que la langue utilisée est totalement incompréhensible, et que si l’on veut que des citoyens s’y intéressent il faut partir de leur propre ressenti, pas de diagnostics tirés des ordinateurs. On parle de Projets urbains en oubliant que les citoyens sont avant tout des personnes qui habitent, là et pas ailleurs, et que c’est cela qui les intéresse. Sinon il ne faut pas s’étonner qu’ils soient dans le ressentiment et la colère. Il faut aider les citoyens à comprendre et accepter que nous sommes dans un monde complexe, d’accord, mais si le périmètre ne correspond à rien, le sujet ne les concerne pas et qu’en plus ils ne comprennent rien, on perd un peu son temps. 

De nombreuses citations viennent appuyer la démarche de l’auteur, tâtonnante à l’unisson des incertitudes qui nous habitent. Sa description de la place Napoléon, à La Roche-sur-Yon, est enthousiasmante. Alexandre Chemetoff l’a volontairement rétrécie ! 

Il propose d’utiliser la notion de « vacances dans sa ville » et de « ville archipel », qui aborde le débat fondamental, autour de la mobilité. Pour lui mobilité et santé devraient être au coeur de l’ingénierie urbaine.

A la limite les transports ne doivent pas être trop confortables  (afin que les gens marchent). 

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Il plaide évidemment pour qu’on intègre tout le territoire urbain actuel dans l’action, et non la ville de 1950, sans oublier que la campagne environnante fait partie du paysage urbain, et qu’il est la ressource alimentaire vitale à préserver. 

Faire la ville ? Quelle ville ?
Jean-Yves Chapuis

Editions du Pantheon, Paris 15
mars 2021, 100 pages, 12 €

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