Il faut que je vous parle d’elle, mon grand amour

L’acteur Jacques Gamblin nous parle du climat, puis de son grand amour … Un texte qui ravira les cyclistes et fera comprendre bien des choses aux non-cyclistes.
Les véhicules écologiques – 10  (et dernier) 

Jacques Gamblin déclame un très beau texte sur le climat. Ecoutez-le donc en entier, il ne dure qu’une vingtaine de minutes. Vous me remercierez après.

Mon climat

Vers la fin (minute 18) il parle de son grand amour… 

Il faut que je vous parle d’elle, de mon grand amour, 
la deux-roues que je chevauche depuis tant d’années sous tous les cieux […]
Ceux qui vont plus vite qu’ailleurs, ceux qui ne laissent pas de trace et réinventent le ciel. 
Oui, rouler, rouler, rouler sur ma deux-roues pour faire fondre la boule que j’ai au fond du ventre et toucher du doigt les jours meilleurs. 

Mon grand amour …

et surtout je m’amuse; le dépressif aura le sourire; Rigolez, vous verrez …

Christine Corbin, de Caen, en a saisi au vol une partie du texte. La voici.

Il faut que je vous parle d’elle, de mon grand amour, 

la deux-roues que je chevauche depuis tant d’années sous tous les cieux […]

Ceux qui vont plus vite qu’ailleurs, ceux qui ne laissent pas de trace et réinventent le ciel. 

Oui, rouler, rouler, rouler sur ma deux-roues pour faire fondre la boule que j’ai au fond du ventre et toucher du doigt les jours meilleurs. 

Rouler, pousser sur le quadriceps, faire remonter les vapeurs de mes désirs et de mes impatiences pour les traduire en énergie positive. 

Depuis plus de trente ans, je locomotionne la ville au quotidien avec elle, déroule et déboule sur le grand ruban gris. 

Près de tout, loin de rien, elle m’emporte et me rapporte, à jeun ou bourré, où je veux, quand je veux ; je file, me profile me faufile entre le tôles, zigue-zague et m’insinue me brèche et m’interstice, prince du bitume, je gagne du temps, de l’énergie, de la fantaisie, des chemins et des itinéraires, me joue des Etoile, des Bastille et des Concorde aux heures de pointe, fait bisquer les nerveux, nargue les prétentieux et réinvente la ville.

Pluie, neige, grêle, soleil à tue-tête, je respire du carbonique, certes, mais pas plus ni poins que les solitaires dans leur cage de fer – c’est vérifié – et surtout, je m’amuse. Ma deux-roues m’a sauvé et je me sauve avec elle. Je me croyais condamné et captif de la cité mais elle a fait repousser mes ailes fanées.

« Mais vous n’avez pas froid, en hiver ? Non, Madame, jamais froid, je régule mon chauffage à l’intensité de mes efforts » ;
« mais vous n’avez pas trop chaud l’été ? Non, Monsieur, je circonvolutionne moins vite et le tour est joué » ;
« Mais vous ne transpirez pas avec votre sac sur le dos ? Non, Madame, il a sa cagette, le sac, à l’arrière. 

C’est un petit 2 pièces, ma deux-roues, j’y transporte tous les sacs et valises, des bois et matériaux et des tringles à rideaux, des vases deChine, des oléagineux, des boules de cristal, des huiles essentielles et des pensées aériennes et puis, avec le temps, j’ai adopté sa famille, ses sœurs et ses cousines, la pliante qui prend le train sous mon bras, la de course, la tous-terrains, la tous-chemins pour les loisirs, le sportif ou le contemplatif selon l’humeur ou la nécessité » ; 

Mais, vous n’avez pas peur avec toute cette circulation ? Non, Messieurs, c’est eux qui ont peur de moi et plus nous serons nombreux et plus ils auront peur de nous, jusqu’à plus peur du tout car, un jour, il n’y aura que nous et le Français dépressif aura le sourire en liberté. Essayer, c’est l’adopter » ;

« Mais, quand même, c’est dangereux ! Non, Madame, ça aussi, c’est vérifié, le moins dangereux des moyens de locomotion individuels » ; 

« Et, les feux rouges, c’est emmerdant, ça casse l’effort ! Non ?…oui, Monsieur, je suis d’accord, ça casse l’effort et c’est pour ça que je les brûle ! » ; »

Mais, quand même, c’est dur ! Non, Madame, ce sont les quatre premiers tours de roue qui sont durs, après les jambes se dévergondent et s’envolent et puis, si vraiment c’est dur, c’est que vous n’avez pas la bonne deux-roues : changez-en ! ». Quand on ne vous aime pas, il faut partir. […]

Nous ne sommes qu’au début du cycle du bicycle – rigolez ! Vous verrez!- 

et c’est en peloton que nous roulerons vers des zones bien conservées, protégées des agressions particulaires. Les poumons gonflés d’air vicié …. 

Chaque être humain deviendra ainsi un porteur d’air. 

Jacques Gamblin, transcrit par Christine Corbin

et moi je remercie Laurent Pietri et Christine Corbin …



C’est ainsi que se termine la série de l’été 2022 sur les véhicules écologiques,
ou se disant tels. La liste des dix articles est ici.

Vous pouvez aussi voir l’ensemble des articles dans l’ordre de parution
en cliquant sur le mot-clé véhicules écologiques ci-dessous. 
Bonne année ! 

Print Friendly, PDF & Email

3 réflexions au sujet de “Il faut que je vous parle d’elle, mon grand amour”

Laisser un commentaire