A vélo de Tarbes à Pau par de Lourdes souffrances

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Réfugiée en juin dans les Landes je décidais d’aller voir mon ami Jean-Jacques à Tarbes, ainsi que la ville de Pau dont on dit tant de merveilles. Lourdes est sur le chemin si l’on passe par la véloroute n° 81 qui vient d’Italie. On passe aussi à Betharram, l’occasion était belle.

J’arrivais à Tarbes le vendredi 13 juin 2025 à 10 h 30 du soir dans un train passant par la gare de correspondance où j’avais attendu la moitié de la journée. Mon train au départ de Morcenx, prévu pour 13h15, n’a jamais été vu. La chaleur avait tout détraqué et tout était bon pour s’extraire de la gare de Morcenx, noeud ferroviaire en concurrence directe avec Laroche-Migennes pour ce qui est des escaliers, sans robinet ni même de WC. J’y étais coincée depuis le début de l’après-midi en plein cagnard sur le quai central, desservi uniquement par de grands escaliers. Guichet fermé à 17 h, toujours pas d’eau, nous revivions l’exode. Ce train sauveur du soir affichait alors complet pour les vélos, je n’avais plus de billet puisqu’il m’avait été remboursé (retard de 4 h déclaré finalement annulé) et je n’étais pas tout à fait sûre qu’il arriverait à destination. Il y est arrivé, peu importe l’avancement de la nuit. Il est parti de Morcenx à 19 h 47, soit après 6 h 30 d’attente sans secours, en direction de Dax ! Par chance il s’est arrêté à Tarbes.

▶️ Reconnaissance à la patronne de l’hôtel Bellevue à Morcenx, pas loin de la gare, qui a refusé de me louer une chambre parce que le lendemain samedi j’allais être piégée sur place : les samedi et dimanche il n’y a que deux trains, dont l’un très tôt. J’ai eu du mal à accepter, et évidemment j’ai bien fait.

Tarbes est une ville industrielle qui ne sait trop que faire de son présent. Elle a du potentiel d’urbanisme avec ses parkings de surface en plein centre-ville qui ne demandent qu’à redevenir des places, et ses larges avenues. Elle a déjà fait des bandes cyclables par-ci par-là, et quelques pistes à double-sens horriblement mal raccordées au réseau. Une des deux associations de cyclistes a cependant obtenu qu’une des traversées soit bien marquée par un revêtement de couleur sable et c’est très efficace (et j’ai perdu la photo). Il y a aussi une voie verte fort agréable le long de la rivière, mais aucun double-sens cyclable en ville, même pour de très courts raccourcis que les cyclistes prennent tous les jours. 

Grands bâtiments, y compris industriels, dignes des villes opulentes, vaste place du marché, tout cela pourrait être mis en valeur pour faire de Tarbes une belle ville pyrénéenne. Il faudrait évidemment que les automobiles soient quelque peu détournées. Ça vaudrait la peine.

Le surlendemain mon camarade m’a guidée jusqu’à Lourdes par la véloroute n° 81, en modifiant le tracé afin d’éviter de grandes ascensions. Nous avons donc fait un détour par l’est et ce ne fut pas très difficile.

La plus grande vigilence s’impose!

Lourdes est affligeante. C’est bien plus petit que Tarbes et bien pire pour tout le reste. La Ville sacrée ne sera bientôt que ruines. Elle est traversée de tout son long par une route nationale, bordée de trottoirs souvent plus étroits que ce qu’impose le respect de la règle et de bâtiments austères dont beaucoup sont « en travaux » ou en cours d’éboulement. Les hôtels pullulent dans la voie perpendiculaire du bas, le long du gave de Pau et en direction de « la grotte », ou du moins de l’ample terrain saint-sulpicien qui lui donne accès. Les vélos y étant prohibés et les arceaux absents j’ai continué mon chemin sans avoir de révélation, mais le pont principal étant fermé pour travaux et après plusieurs allers et retours infructueux je n’ai trouvé secours qu’auprès du café-vélo. 

▶️ Sans le patron du café-vélo je serais sans doute encore sur place ! Il est en bas, face au gave, du même côté que la grotte mais pas à côté. Son adresse officielle est Bike&Py, 16 esplanade du Paradis, 65100 Lourdes.


Pour rejoindre la sortie de ce triste lieu Il fallait passer par deux rues que tout le monde croira être en sens interdit, bien que la notion de voie partagée qui y est placardée implique la libre circulation des piétons et cyclistes (notion très optimiste puisque ce sont des rues encombrées de piétons, un peu comme à Montmartre). Aucune indication pour les cyclistes de la véloroute, cela va presque de soi, et même pour la clientèle principale du lieu (les pèlerins) ce n’est pas avouable. Des couloirs étroits peints en rouge sur la chaussée tiennent lieu d’espace confortable et de guide pour les fauteuils roulants. Les trottoirs eux-même, souvent exigües, même en bas, sont rarement dotés d’accès à niveau.


Au-delà, la côte dans la forêt ne correspond pas aux critères des véloroutes, mais j’ignore les circonstances de ce choix. La cycliste chargée moyennement entraînée que j’étais l’a cependant passée sans réelle difficulté.

La suite propose, dans une première partie, une signalisation directionnelle qui m’a paru faite avec soin, mais sans la compétence requise pour travailler sur un itinéraire destiné à des cyclistes. 

Pour la suivre il faut à la fois être en permanence à l’affût et par ailleurs être capable d’en deviner la logique. En outre plusieurs panneaux sont à la merci d’une auto arrêtée ou garée devant. 

À partir de Lestelle-Betharam, cela se complique et j’ai perdu le fil. Il manque au moins deux panneaux, dans mon sens, et je signale également ceux qui sont fixés sur un mât minuscule caché dans un recoin. Dans cette bastide j’ai aussi réorienté des cyclistes se rendant à Lourdes. De toutes façons l’itinéraire sur le terrain n’est pas le même que dans France vélo tourisme.

Résignée finalement à m’arranger de la RD 37 je fus attirée à deux reprises par des panneaux « vers la  V. 81 » qui chacun ne menait nulle part. Je négligeais donc le 3eme puis donnais sa chance au 4eme, qui lui était bon. On aurait dit que la signalisation du début avait été installée avant que les travaux de raccord ne soient faits. Cette fin de parcours est ombragée et agréable, sinueuse et charmante, bonne pour la promenade familiale plus que pour la traversée de ce bout de France de la Méditerranée à l’Atlantique.  Pas grave, en juin le soleil se couche tard. En hiver je crois que j’aurais pesté.

S’orienter dans Pau fut ensuite un enfer, notamment parce que la plupart des rues n’ont de panneau que sur un seul côté (ou aucun). Il aurait fallu le savoir : la gare est en bas, la ville en haut, bordée par une sorte de falaise. Il suffit de se rendre à la gare et de prendre le funiculaire, gratuit, pour passer de l’une à l’autre, se retourner pour admirer l’inestimable ligne des Pyrénées, puis s’aviser que en long c’est la ville originelle. Tout le reste est récent, pris sur l’agriculture et maillé comme un éventail, le tout sans guère de hiérarchie. Je crois que je n’ai jamais vu autant de rues et d’autos de ma vie, il y en a partout et tout le temps, ce bruit de fond permanent est épuisant. Le plan fourni par l’office de tourisme semblait incomplet, voire défectueux, le système satellitaire devenait complètement affolé. Cités et lotissements sont tout proches. Je n’ai jamais réussi en deux jours à ne pas me perdre dans les grandes largeurs. 

Mes hôtes habitent dans un petit lotissement presque caché avec un jardin fort plaisant. Ils font tout à vélo, sauf leurs voyages, qu’ils font en tandem.

Il y a aussi un tramway et un ascenseur, ainsi qu’un second ascenseur qui sera « bientôt réparé ». Pau mérite énormément qu’on s’y arrête. Pour qui n’y est pas habituée mieux vaut d’ailleurs s’y déplacer en tramway et à pied.

je suis ensuite rentrée sans encombres à Mont-de-Marsan en train avec un changement à Morcenx. Alain m’avait accompagnée jusqu’au funiculaire !

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Nussbaumer, Christophe
4 mois

Merci pour ce voyage entre Tarbes et Pau !
Petite précision : il n’y a pas de tramway à Pau.Tout au plus un « bus-tram » électrique alimenté par pile à combustible, l’hydrogène provenant au mieux de la centrale électrique dédiée lorsqu’elle fontionne, sinon livré par camion par un fournisseur localisé à plusieurs centaines de kilomètres.

Ph Rançon
4 mois

On a de belles voies cyclables à Pau, mais, pour les touristes, il manque des panneaux pour indiquer où elles se trouvent et leur direction finale.

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