La Seine, retour par la Bourgogne

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Le chemin de retour de la source de la Seine devait me conduire de la source, à l’extrême bout du plateau de Langres, au canal de Bourgogne, en contre-bas et historique lien avec Paris. Le canal relie la Saône à l’Yonne. Il va de la Saône (à Saint-Jean de Losne) qui se jettera dans le Rhône, à l’Yonne (à Migennes), qui rejoint la Seine à Montereau-Fault-Yonne (Description et historique sur wikipedia), et la Seine c’est le fleuve de la Ville de Paris.

L’itinéraire de descente est fait de lacets étroits et très pentus, une sorte de labyrinthe sans pitié de petites routes isolées serpentant dans les arbres. Ce parcours fut rendu encore plus difficile à suivre par l’absence d’âme qui vive, la quasi absence de signalisation, et l’ignorance du réseau satellitaire. Tout ceci m’obligea à lire ma carte de très près, ce que je fis finalement assez bien mais pas rapidement. 

En bas j’avais décidé de voir enfin Alésia, desservie semblait-il par deux routes quasi parallèles qui se révélèrent sans aucune indication. Finalement je n’ai vu ni le site ni son entrée, j’en ai eu assez et j’ai filé sur Venarey-lès-Laumes, à une quinzaine de kilomètres avant Montbard, sur le canal. Où est le canal, pas en ville, à vous de deviner.

L’usure gagne, la fin approche

Le canal vieillit, il a besoin de soins. Monbard est décevante, aucune indication ne manifeste qu’elle accueille des cyclistes en vrai, elle ne leur indique même pas qu’ils doivent changer de côté. Les mentions qui survivent plus loin sont en voie d’effacement, ou placées au milieu de la côte qui fait accéder à la traversée. Il n’y a pas non plus beaucoup d’hébergements, ne faites pas trop la fière. Attention, pas beaucoup ne veut pas dire du tout mauvais, hein ! 

Tonnerre est accueillante si on a le courage d’y entrer, ou si l’on a suivi une route presque plate et calme, comme proposé opportunément sur le canal. Ce n’est pas la ville qui est accueillante, elle est déserte et affreusement étroite et pentue, mais sa charcuterie et son office de tourisme. Elle a la Fosse d’Yonne, universelle curiosité, restée sans arceaux à vélos ce qui m’obligea à passer mon chemin.

Du coté de Pacy-sur-Armançon (au nord d’Ancy le Franc) apparaissent des panneaux disant où on est et quels services on trouvera. C’est un progrès mais de direction, toujours plus rien du tout. A croire qu’on n’est pas sur un itinéraire.

A partir de Vezinnes le tapis de sol a été refait, vers 2020 me dit un voisin, et l’herbe commence déjà à l’envahir à travers le bitume. On ne dira jamais assez que tout matériel, même de qualité, doit être entretenu. Sinon il vieillira plus lentement qu’une camelote, mais plus vite qu’il devrait. 


Migennes, c’était pour voir le clou du spectacle tant attendu. Autrefois on passait au pied des silos, dans un chemin large et refait, en sable et plein de grosses flaques d’eau. Elles y sont toujours, mais on passe désormais plus en retrait du canal, par une piste en dur toute neuve. C’est très bien, sauf qu’autrefois on roulait près de la route et on voyait donc s’il y avait bien un hôtel à Brienon. Maintenant nous sommes amenés directement à la gare, et au nouvel hôtel, qui était le second motif de ma visite. 

Mon premier motif de visite c’était la gare. La gare de Laroche-Migennes ! Hélas ses dessous ont été refaits et c’est moins inquiétant qu’avant, mais le règne des escaliers perdure. Deux gouttières ont certes été posées, une par entrée, en entier côté ville et à moitié côté arrière. Cela n’adoucit pas la pente. Aucun quai n’ayant été pourvu, la difficulté reste presqu’entière. Alors je me suis mis à réfléchir, et puisque j’ai de l’influence (n’ai-je pas fait retirer un panneau ?) je suggère d’abandonner le dessous aux archéologues et de regarder le dessus de la gare. Nous avons ici un noeud ferroviaire, avec en son centre un plateau desservant les lignes centrales. Une passerelle bien conçue donnerait accès partout à tout le monde, notamment à tous les tireurs de roulettes ou pousseurs de roues. En outre cela ferait une liaison centrale et sûre entre deux rives, toutes deux habitées quoique inégalement. Une gare de triage avec au milieu un restaurant … vous voyez le rêve ? Retour au passé … 

A l’arrière, l’ancien hôtel Terminus, alors QG des cheminots et des cyclistes de passage, qui avait été repris en 2021, a déjà changé de mains. J’y ai vu 3 hommes, dehors puis sur le perron, puis dans la salle. Aucun ne m’a vue, même en me passant devant pour rentrer. Comme à Vitry-le-François, des très bons établissements se referment sur leur communauté et les « étrangères » ne sont pas bienvenues. J’ai fait demi-tour sans avoir même demandé les prix, sans même avoir ouvert la bouche. C’est le premier établissement sur la façade duquel j’ai vu une affichette rappelant que le voile sur le visage était interdit. 

C’est à l’avant de la gare que se trouve l’hôtel que je voulais voir et tester. Le Mitigana est aussi laid que les affiches du chantier l’annonçaient, ce qui s’oublie immédiatement à l’intérieur. La mairie a bien joué. L’hôtel était destiné aux plaisanciers, dont le port est juste à côté, avant et après location. Ça aide le port, mais la clientèle la plus importante relève du monde des entreprises, ce à quoi personne n’avait pensé. Les cyclistes ne sont pas négligeables mais pas encore en masse, bien que le local à vélos soit tout à fait correct. La construction de l’hôtel semble avoir été l’occasion de remanier la place, qui devient un vrai centre, avec le café au fond et des fleurs partout. Signalons aussi le grand restaurant indien juste à côté, avec vue sur la passerelle actuelle, celle qui ne donne que sur des escaliers : cuisine excellente, service souriant et prix contenus. Il fait contrepoids au restaurant de l’hôtel, très haut de gamme. Une ville cheminote s’ouvre enfin à de nouvelles activités. Ça fait plaisir. 

Il y aura davantage d’arrêts pour la nuit à Migennes lorsque la jonction le long de l’Yonne aura été faite.

Nous quittons le Tour de Boutgogne pour la liaison à Montereau-Fault-Yonne qui ouvre la route vers Paris tout en assurant la jonction avec la Seine. La piste attendue a pris place après le pont prévu, à la sortie de la rue Pierre-et-Marie Curie qui y mène en contre-bas de la RD 506. Un panneau « Paris » y a été placé, c’est peut-être le mien (voir Le Tour de la Bourgogne à vélo, un mythe qui n’existe plus, 2019, où, à propos de ce panneau je les traitais de criminels ayant fait une plaisanterie de très mauvais goût), en tous cas cela n’est plus de la plaisanterie.  Tout de suite après le pont les fossés du port longent l’Yonne par le sud, et le chemin qui suit a été transformé en piste cyclable, avant que le chemin du Ponton ne prenne la relève à l’entrée de Joigny. L’ensemble porte le nom de Chemins des flotteurs, et j’avais participé à sa reconnaissance en 2016.

Hélas à Joigny, dans le grand carrefour, il faut changer de côté mais cela n’est pas du tout indiqué, et même ma carte TOP tourisme IGN ne le montre pas clairement. Comme souvent c’est un citoyen à vélo qui m’interpelle et me remet sur la route. Une rasade à l’écluse associative nous remettra d’aplomb. Attention à l’abus d’alcool, la cave est bien remplie ! 

Tout se passe bien jusqu’à Sens, dont l’entrée et la traversée sont d’ailleurs intelligemment aménagées. L’hôtel où je suis descendue comme en 2021, sur le cours Tarbé, est facile à trouver. Son local à vélo est toujours exigüe mais on en a retiré les poubelles. Je leur ai fait la morale, un hôtel de votre niveau, etc. La 3eme fois sera peut-être la bonne. 

A Saint-Denis on hésite (il fallait aller tout droit dans le sens interdit) et à Cuy tout se détraque, comme on le voit sur la carte de l’AF3V. Pas d’indications et une gadoue grasse qui bloque le vélo. Demi-tour.

Des travaux semblent être en cours de commencement. Ici s’arrête donc mon ancien trajet (d’ailleurs pas facile), et c’est dans ce secteur que j’ai rejoint la petite route blanche, D 323, ne retrouvant des débuts de souvenirs qu’à Misy sur Yonne.

Même si les écluses sont moins barricadées qu’avant c’est vaille que vaille je me retrouvais à Montereau. J’avais remonté sur Marolles et m’étais finalement retrouvée sur le quai de Seine amont, au pied du pont et de la route qui mène à Montereau le Haut ! 


Conclusion : Le retour en Ile-de-France n’est pas une mince affaire. Si des pistes sont finalement créées depuis ou jusqu’à la dernière gare du réseau francilien, Montereau-Fault-Yonne, la fortune des commerces est faite. 

Le Département de l’Yonne affiche des ambitions pour le vélo. Voir sa brochure. Il a même une carte participative … qui est une vue aérienne sans aucun nom de lieu et sans trace de l’existant. Bien dommage, bon courage. 

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