5 jours sur la véloroute Charles-le-téméraire

Aussi impressionnante que prévu, l’euro-véloroute 50 perce la France de la Lorraine jusqu’à la Bourgogne, en passant par les Vosges. Belle leçon d’histoire, leçon de géographie au feu des mollets. 

 

De Metz à Nancy la véloroute Charles-le-téméraire n’est pas follement bien indiquée. La signalisation n’est pas très suivie, la destination de Nancy disparaissant vite au profit de localités secondaires. L’itinéraire de la véloroute est ignoré par Stanislas. Dans les 5 premiers kilomètres j’ai sérieusement cafouillé, me retrouvant même sur un chemin privé et finissant au hasard. 

Cela valait pourtant le coup plus loin de s’attarder sur les lieux de la bataille de Dormot ou de découvrir la nouvelle voie verte d’Arnaville ou le beau chaucidou du double pont de Dieulouard. Les espoirs sont permis.

Poutant, évidemment la traversée de Pont-à-Mousson n’est pas indiquée, pas plus que sa gare. Ce sera le cas aussi à Nancy, sauf si l’on ne s’écarte pas d’un poil de l’itinéraire. Sinon, et puisqu’en plus la piste était coupée, impossible de s’y retrouver, malgré la belle déviation disponible. La signalisation ne pense que « boucles de la Moselle » et nous abandonne à Jarville. A son échelle le guide ne peut toujours rien pour nous. 

Le pire restait à venir, puisque l’étape de Nancy jusqu’à la limite du « Pays d’Epinal coeur des Vosges », est constituée par une énorme grand’route (pas signalée, heureusement) et à une quarantaine de kilomètres de cailloux. A ce point du récit je conseille fermement de passer de Nancy à Charmes en train (une petite heure de TER). Les travaux seraient prévus, et finis vers 2022. Les fiers Nancéiens se réveillent-ils?

Très belle réalisation, quand il y en a 
Tout le long, ce qui a été réalisé mesure au moins 4 mètres de large, souvent plus. Le revêtement est toujours en dur, bitume ou, souvent, béton1. Poteaux ou barrières à l’état de trace, peu ou pas de panneaux de voie verte, juste un petit avertissement parfois pour prévenir qu’il y aura peut-être quelques autos. Ici on sait résister aux panneaux de police. Deux ou trois passages courts sur pavés historiques, pas mal de passages sur routes tout à fait acceptables, qui donnent l’occasion de rouler un peu plus vite. C’est bien.

Le Pays d’Epinal est magnifique, ce sont des gorges profondes, des forêts obscures et des ouvrages sublimes. A partir de Fontenoy-le-château et jusqu’à l’arrivée dans la vallée large, l’itinéraire est remarquablement signalé, toujours exactement dans les bifurcations, avant aussi si besoin, depuis les deux côtés s’il le faut. Et la mention si simple de « sud » et « nord » que nous connaissons depuis toujours au Danemark et aux Pays-Bas, est enfin présente en France ! A croire que les bonnes pratiques, initiées en Gironde, appliquées en grand dans le Doubs, se répandent désormais. Il faudra juste trouver moyen que les panneaux ne tournent pas dès qu’ils en ont l’occasion ! Ce n’est pas fréquent, mais toujours très gênant (et encore en ai-je remis d’aplomb quelques uns !).

Dans cette vallée austère, ne comptez trouver ni commerces, ni fontaines publiques ni personne pour vous ravitailler, pas même en eau. On a même failli m’en refuser, à une buvette de boulistes, sous les yeux des dames de l’accueil vélo du pays d’Epinal !!! Pour les hébergements c’est un peu pareil, l’un était « fermé » vendredi, et « complet » samedi et dimanche … sans prix affichés, ni sur internet ni sur place. A sa porte le patron m’indique que c’est 27 €. L’autre est quasiment fermé lui aussi, mais en vrai, les deux sont quand même dans le guide, faute de mieux et on le comprend. Ne faites pas les fiers, ça évoluera.

Puis la Saône s’élargit, et nous arrivons dans la plaine. Voilà maintenant que de Charles-le-téméraire la véloroute devient « voie bleue » alors qu’elle n’a pas dépassé la Bourgogne. Les indications sont mal placées, en dehors du champs visuel souvent, les bifurcations sont brutales, les panneaux manquants et les autres poussiéreux. Nous re-voilà dans le royaume de l’improvisation et du « bravo c’était bien là ». Nous sommes bien dans « l’Échappée bleue » si vous n’aviez pas compris.

Le pompon revient à Auxonne, la ville où j’ai repris le train. On vous largue au bord de l’eau, c’est votre nez qui décide de vous mener vers la gauche, puis vous faites le tour des bassins du port. Finalement un petit panneau vous en sort, et vous donne le choix entre une rue en impasse et une rue en sens interdit.
Pour atteindre la gare il faut traverser la ville par cette longue rue en sens interdit puis franchir la Saône, ainsi que vous le devinez grâce à votre téléphone. Sur l’autre rive toujours rien, jusqu’au moment où vous apercevez de l’autre côté de la route, à hauteur de moyeux, un petit panneau poussiéreux. La gare n’est pas poussiéreuse, elle est recroquevillée au milieu du bas de son grand et beau bâtiment. Accès au quai par escaliers, comme d’habitude et merci, ce sera la même chose au changement de Dijon, sauf qu’alors nous étions une dizaine de cyclistes dans les escaliers. 

Vosges : Paysage en état de quasi-abandon, sauf le ruban de la voie verte

En conclusion, je confirme que c’est toujours intéressant de rouler à vélo, cela permet de se rendre compte des changements d’aspect d’une région à l’autre, et de l’atmosphère qui règne loin des capitales. A plat et par beau temps les difficultés sont plus facilement acceptées. Les aménagements récents sont ici clairement bien meilleurs que les plus anciens. Quant au guide, moins de texte pourrait laisser place à des cartes à la bonne échelle, celle qui permet de les lire dans les situations compliquées … Au total, une belle leçon d’histoire, de géographie, de sociologie et d’économie. La suite c’est le Lyonnais, ou la Bourgogne et la Loire, ou le Doubs et l’Alsace.  Mais pour cela il aurait fallu que je ne sois ni blogueuse ni conseillère municipale.

 

L’échappée bleue, de Schengen à Lyon.

Mes bonnes adresses

  • Custines. Hôtel-restaurant Logis de l’Ile, famille Sabatini. Un routier en bien mieux. tel 03 83 49 36 75 Sur la route, pile à la sortie de la piste cyclable, au nord de Nancy et même de Pompey. L’établissement a beau être en bordure de l’autoroute c’est là qu’il faut s’arrêter. 
  • Mousson. Cycles itinérances, François Coponet. Vélos sur mesure. A Mousson, de l’autre côté du pont. Sur rendez-vous. 06 86 05 34 02  
  • Fontenoy le Chateau. Le Moulin Cotant. Hôtel-restaurant. 6 chambres modernes simples, petite réduction pour les cyclistes, restaurant parfait à prix sages. Les jours de fermeture pour les cyclistes on trouvera encore une solution, m’assure le patron. Accès par le port, passerelle tout au fond. Au village musée de la broderie, vaut la peine. Belles promenades à faire dans les hauteurs.

 

Guide : L’Echappée Bleue … Moselle-Saône à vélo. Éditions Chamina. 

wikipedia vous explique pourquoi ce nom.

Charle le téméraire : Charles de Valois-Bourgogne, 4° et dernier duc de Bourgogne, Dijon 1433 – Nancy 1477. Ses états s’étendent des actuels Pays-Bas au Nivernais, en passant par les actuels Luxembourg et Lorraine. (Wikipedia encore).  L’idée de créer cette véloroute et de lui donner son nom revient à Jean-Paul Lepetit, créateur de l’AF3V en 1997.

Sites :

S’y rendre : 

  • Depuis Paris j’ai pris un TER pour Vitry le François (2 heures), attente 1 h 1/2, TER pour Nancy (1 h 1/2), changement 20 minutes, et TER pour Metz (1/2 h). Total gare à gare : environ 6 heures. (En auto, distance estimée  331 km, durée estimée 3 heures 30). J’ai payé 43 € (réduction par carte).
  • Retour depuis Auxonne : TER pour Dijon (10 minutes), changement 1/2 h, TER pour Paris (3 heures). Total gare à gare : 4 heures pile. (En auto, 353 km, 3 h 20). J’ai payé 17, 50 €, même carte de réduction.

—Note—

  1. Le béton plaît moins aux rouleurs sur pneus étroits, à moi oui. S’il est bien posé il durera 50 ans. S’il ne l’est pas il peut se fracturer, ou, comme ici sur une petite portion, être de la micro « tôle ondulée » peu perceptible à l’oeil.
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11 thoughts on “5 jours sur la véloroute Charles-le-téméraire

  1. Merci pour ce retour d’expérience. Il est vrai qu’en France les indications sont parfois absentes (ou cachées) lorsqu’on en a le plus besoin. Ca nous a permis de nous perdre plus d’une fois. Le cyclotourisme se développe doucement, mais sûrement, de plus en plus d’infrastructures voient le jour, et les commerces et hébergements s’adaptent au fur et à mesure. Et ceci, même si la SNCF fait marche arrière sur le transport des vélos.

  2. Merci pour ce partage. Je prends l’occasion de partager mon point de vue sur la question des cyclistes et de l’orientation.
    Etant inscrit sur warmshowers, je constate que les cyclotouristes que je reçois ne voyagent plus avec une carte sur papier.
    Je suis féru de nouvelles technologies(c’est mon environnement professionnel), pourtant il me semble illusoire de penser qu’on peut partir sans carte et ne pas être désorienté à un moment ou un autre. Une carte suffisamment détaillée comme la série IGN TOP 100 est parfaite pour le voyage à vélo. En conjonction avec une appli donnant accès au fonds 1/25000, je n’ai jamais de problème d’orientation, y compris dans les sections en travaux ou pas terminées.
    Je soutiens les efforts de ceux qui œuvrent pour des indications sur le terrain claires et en nombre suffisant. C’est confortable et agréable, cela va de soi. Néanmoins je pense qu’il est néfaste de laisser croire que le voyage à vélo a comme prérequis des itinéraires parfaitement balisés du départ à l’arrivée. Dans la vraie vie, ça ne sera pas toujours le cas.
    Encourageons les cyclistes à suivre l’exemple des randonneurs à pieds: ils savent (la plupart du temps) lire une carte et s’orienter; ils emportent des cartes papier.
    Le bénéfice sera triple:
    1) moins de conséquences néfastes dans les secteurs mal fléchés;
    2) Plus d’autonomie gagnée par les cyclo-voyageurs, les motivant à plus rapidement sortir des itinéraires « pré-mâchés »;
    3) Moins d’encombrements sur les itinéraires les plus populaires (Loire à vélo par ex.)
    En effet, s’il est intéressant de commencer le voyage à vélo par les itinéraires « pré-mâchés », je pense qu’il est aussi important d’éveiller les nouveaux cyclos-voyageurs à l’autonomie dans leur cheminement. On ne peut s’ouvrir à la découverte sans une carte papier qui par son format, sa capacité à servir de discussion avec ses co-voyageurs ou les personnes rencontrées, est infiniment supérieure à un guide ou une appli mobile pour nous pousser à l’aventure. En plus, c’est bien connu, l’aventure commence au moment où on la prépare.

    Je fais infiniment plus de rencontres fortuites et enrichissantes en dehors des itinéraires « Vv et VR » ou Eurovélo. C’est normal. Quand les riverains de ces itinéraires voient passer des centaines de cyclos.tes par an, ils n’ont pas la même disponibilité ni la même curiosité envers le voyageur. Celle-ci, quand elle est réciproque, est quand même le premier des moteurs de la rencontre humaine et, partant, de l’amitié entre gens différents. L’enjeu est important!

  3. C’est un peu facile de critiquer le manque de panneaux mentionnant l’itinéraire aujourd’hui !
    Par contre ce n’est plus « la Charles le Téméraire » mais « l’Echappée Bleue » depuis qu’un Comité de pilotage s’est mis en place justement pour apporter une cohésion au travail que chaque collectivité fait dans son coin et mettre en mouvement celles qui n’ont encore rien fait !
    – C’est vrai qu’aujourd’hui il est difficile de faire l’Echappée Bleue en suivant les panneaux indicateurs sans préparer son itinéraire. Ce n’est déjà plus un exploit, mais cela reste encore une exploration avec le plaisir des découvertes et pas encore une promenade pour dame.
    – C’est aussi juste de dire qu’il n’y a plus, depuis longtemps, de commerces dans chaque village et plus beaucoup de trains dans les gares qui restent ouvertes.
    Des fontaines et des abreuvoirs il y en a par contre de très beaux tout le long du parcours mais il faut un petit effort pour les trouver comme la fontaine des Ormois à Soing. Elle est superbe !
    La préoccupation d’aujourd’hui n’est-elle pas d’intéresser les habitants qui restent encore dans ces pays à la beauté de ce qui les entoure pour qu’ils sachent la mettre en valeur et de montrer à des « Parisiens » qu’il y a encore en chemin beaucoup de choses à découvrir qui ne sont pas vendues par les offices du tourisme ! Ce n’est pas simple !

    • Il est vrai que, s’agissant d’un produit touristique, je m’attend à ce que même les dames y trouvent leur compte.
      En revanche j’ai signalé combien la signalisation était de qualité dans les Vosges, et médiocre ailleurs. Si on flèche il faut le faire bien, ou alors ne pas flécher du tout et fournir des guides de qualité. Je verrais d’ailleurs beaucoup d’avantages à ne plus flécher pour les automobilistes, les déviations surtout, en cas de travaux, doivent être proscrites. Le premier avantage sera de les décourager.
      Si je n’avais préparé que l’itinéraire en train, je disposais d’un guide et c’est son rôle que d’y pallier.
      Pour l’eau je n’ai pas vu ces belles fontaines, sauf avec la mention « eau non potable ». J’ai cherché sans succès les cafés, les cimetières, les ports de plaisance, les abris pique-nique, les maisons du vélo, les toilettes publiques et les robinets de jardin qui habituellement en tiennent lieu.
      Enfin pour le nom de cette véloroute : en effet je n’apprécie pas à leur véritable coût ces noms marketing sans aucun lien avec les lieux. Je préfère Paris-MontStMichel à flow-velo, véloroute du littoral à véloscénie, Loire à vélo, véloroute de la Sarre ou du canal des deux mers… Ici, en plus le beau nom de Charles le Téméraire est fortement évocateur, et largement utilisé. Je continuerai, quoi qu’en pensent les pauvres indigènes éloignés du pouvoir.

  4. Bonjour Isabelle
    Les « pauvres indigènes » te saluent !!
    Je ne peux que réagir à cet article de manière agacé, surtout quand depuis plus de 10 ans nous avons contribué à l’évolution de cette véloroute dans le cadre de l’AF3V et de sa délégation régionale.
    Si la signalisation est de qualité dans les Vosges, c’est en grande partie puisque c’est nous (association) qui avons réalisé l’étude de signalisation des 75 km du canal des Vosges.
    La dénomination est toute récente (mars 2018). « L’Echappée Bleue » est effectivement le nom marketing retenu, mais il ne faut pas oublié sa déclinaison « Moselle-Saône à vélo » (de la même manière que tu cites le Paris-Mt St Michel qui est la déclinaison de la Véloscénie !).
    Dénomination toute récente et donc mise en oeuvre progressive sur les prochaines années. Les collectivités impliquées dans le Comité d’Itinéraire V50 n’ont pas toutes envie de changer tout de suite leurs panneaux. Ça se fera avec le temps, à la faveur de renouvellements, de remplacement suite à dégradations. L’essentiel est déjà qu’il y ait un itinéraire continu, ce à quoi nous nous attelons.
    Quant à la situation de ces pauvres campagnes, on peut n’être que de passage et le constater mais ça n’y changera rien. Par contre, localement, il y a la volonté de contrer la désertification rurale par des initiatives comme cette véloroute que beaucoup espèrent voir apporter un nouveau souffle à l’économie touristique. Le Comité d’Itinéraire V50, qui s’est d’ailleurs réuni hier à côté de Lyon, et auquel nous sommes associé et participants, montre une forte dynamique volontaire pour faire aboutir ce projet, tant sur le plan de la promotion que d’un aménagement de qualité.
    Concernant les infos sur cette véloroute, je t’invite également à mentionner la randonnée que nous avons faite en juin/juillet de cette année sur la totalité des 700 kms de la V50, ainsi que le descriptif que nous en faisons sur notre site régional (qui sera prochainement complété sur la partie au Sud de la Haute Saône) :
    http://lorraine.voie.verte.free.fr/spip.php?article180
    http://lorraine.voie.verte.free.fr/spip.php?article69

    Pour finir, sur le secteur entre Metz et Nancy, je suis particulièrement bien placé pour le connaitre puisque c’est là où je réside. Ca fait depuis 2005 que l’on pousse à sa réalisation et je ne vais pas détailler ici tout le travail associatif réalisé sur toutes ces années pour le faire aboutir. Aujourd’hui, malgré nos propositions de contribution à la signalétique de ce secteur, la collectivité et son maître d’oeuvre font leur truc de leur côté sans nous y associer. Le résultat n’est pas fameux. Il y a eu qq des articles de presse sur les manques, etc. Même si cela fait 1 an 1/2 que les travaux ont démarré sur ce secteur (retard pour cause de passage à côté de silos agricoles / risque d’explosion), il faut savoir que le chantier n’est pas encore réceptionné et que, théoriquement, l’accès n’est pas « autorisé au public. Raison pour laquelle nous ne faisons pas plus de publicité de cet aménagement sur ce secteur, et malgré toutes les années passées à le faire sortir.
    Donc, laissons les choses se faire maintenant que la dynamique est lancée. Les secteurs en retard en ont pris conscience et s’activent pour rattraper les autres. Le contexte budgétaires des collectivités, qui plus est rurales, n’est pas fait pour aider. Mais il semble que la priorité soit mise désormais sur l’aboutissement de cette de véloroute à courte échéance.
    Amicalement.
    Nicolas Poulouin
    AF3V – VMA Grand Est Délégation régionale Grand Est
    (Commentaire non corrigé)

  5. J’ai regardé un peu l’itinéraire. Il a l’air très joli, mais 99% de roulage en bord de canal ou de rivière, quelle barbe! (et en plus, pas de descentes!)
    Dire qu’il y a tant à voir en s’en écartant, ne fut-ce que de quelques kilomètres!
    A croire que les dérailleurs et la démultiplication n’ont jamais été inventés! (et je ne parle même pas de l’AE).
    Et si la raison est la défense d’une position cohérente avec les actions militantes pour pousser les collectivités publiques à investir plus pour le vélo et sous-entendant que les cyclistes ne peuvent pas rouler sur routes avec voitures, je pense qu’on est contre-productif.
    – Non, le vélo ne nécessite pas partout de voirie en site propre !
    – Oui, apprenons aux cyclistes, même jeunes, à rouler prudemment avec les voitures et apprenons aux jeunes conducteurs (et aux autres) à prendre en compte le partage de la route avec les cyclistes.
    On gagnerait un temps fou pour tracer des itinéraires cyclables européens, sans parler des budgets qu’ont pourrait concentrer sur les sections posant de vrais problèmes:
    – entrées/sorties de villes notamment les immenses ronds-points qu’y s’y trouvent souvent;
    – portions d’itinéraire nécessitant d’emprunter des routes à forte circulation;
    – chemins communaux mal revêtus.
    Les emprises seraient déjà publiques pour la très grande majorité donc ce serait tellement plus simple!
    On pourrait aussi emmener les voyageurs visiter des sites touristiques qui sont très souvent, en Lorraine spécialement compte tenu de l’histoire, situés un peu sur les hauteurs.

    Ceci dit, merci à tous les bénévoles pour leur efforts et le temps passé et j’abonde dans le sens « pas grave si tout n’est pas fini ». Prenons et valorisons ce qui existe tout en informant sur les points encore délicats, ce qui était bien le but de l’article d’Isabelle!

    • Les véloroutes n’ont pas vocation à être universelles! Elles ont pour mission de relier régions et pays par des itinéraires les plus plats, directs et sûrs de façon à ce que tous les types de cyclistes puissent les emprunter. C’est comme pour les GR ou pour les routes historiques: on n’en sort pas beaucoup, et on trouve dessus beaucoup d’intérêt. On se doute bien qu’il y a une vie autour.

  6. Bonjour tous, Merci, Isabelle, pour la relation de ton expérience sur cette véloroute. Merci, Nicolas, pour les liens que tu nous donnes.
    Depuis quelques semaines, je suis dans l’interrogation : voie bleue ( préparée à l’occasion de notre tour de Bourgogne de 2013), échappée bleue pour l’EV50, de réelles sources de confusion. Dommage.
    Vince, Je vous cite « A croire que les dérailleurs et la démultiplication n’ont jamais été inventés! (et je ne parle même pas de l’AE).
    Désolée. Si vous êtes sportif, moi, non. Malgré les dérailleurs et la démultiplication, lors d’un voyage à vélo, il me faut poser pied et pousser le VTC chargé, afin de monter une côte, parfois difficilement. La VAE, le plus tard possible.
    Alors, les pistes que vous dédaignez, moi je les apprécie et les recherche.
    Un peu de tolérance, svp. Merci, Isabelle.
    Une ancienne messine venue au vélo en 2010 pour découvrir « la Loire à vélo ».

  7. De plus on peut rappeler, ou indiquer, qu’un projet semble-t-il en bonne voie consiste à relier Paris à Strasbourg par un TER. Cela permettra d’arriver directement à Nancy sans changement, que l’on vienne de Paris ou de Strasbourg. Il devrait s’agir d’anciens wagons corail, donc pas top pour y monter le vélo, mais faisable et autorisé.
    Ces trains devraient entrer en service lors du passage aux horaires d’hiver en décembre 2018.
    Parce qu’en effet, les TGV Est ne prennent plus de vélo à bord…

  8. Quant au nom « Charles le Téméraire », il suffit d’aller faire un tour sur la fiche wikipédia de la bataille de Nancy pour comprendre que ce nom n’ait pas été reçu avec enthousiasme dans ce coin. Un peu comme si on avait voulu appeler la véloscénie « Véloroute Amiral Nelson » ou l’Avenue Verte London – Paris « route Austerlitz » ou « route Trafalgar ». Alors, si on veut emporter l’adhésion, des fois, c’est bien aussi de faire des concessions. Échappée bleue, on aurait certainement pu trouver plus inspiré, mais ça ne fait de mal à personne. Sinon, comme le souligne Nicolas, il y a V50 et Moselle – Saône à Vélo. De quoi faire son miel.
    Après tout, la nationale 7 ou l’autoroute du soleil, tout le monde ou presque sait à peu près où ça va…
    Allez, sinon, pour les amateurs de traces d’histoire un peu cachées et qui apprécient l’éloignement des canaux sans craindre le relief, il y a les ruines de la cité de la Mothe, entre Outremecourt et Soulaucourt sur Mouzon. Cité médiévale lorraine démolie par Mazarin pour faire oublier le symbole qu’elle représentait pour les Lorrains. Ça a plutôt bien marché. Même la révolution, lorsqu’elle a dessiné les départements, a préféré que la Haute-Marne fasse un petit crochet dans les Vosges, afin que ces reliques ne soient pas en Lorraine.
    On est plus proche de la véloroute de la Meuse que de l’échappée bleue, mais ça fait le lien avec Charles le Téméraire et l’histoire agitée de la Région. Mais comme son nom l’évoque, la cité de la Mothe, pour y aller, ça monte. 2 km avec une partie à 13%. C’est pas le Tourmalet, mais c’est plus difficile à grimper qu’une écluse.

    • J’ai toujours été d’accord pour des numéros, c’est ce que font les Pays-Bas et le Danemark et c’est le plus facile à mémoriser lorsqu’on ne parle pas la langue. Le nom des rivières suivies c’est bien aussi, viarôna à la rigueur, Mosel radweg, Donau radweg, etc. Mais un truc sans rapport avec rien, je maintiens que c’est presque toujours idiot.

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