Le 24 juillet 2025 le gouvernement annonçait la création de la Réserve naturelle nationale de la Seine champenoise. Elle se situe dans les départements de l’Aube (10) et de la Marne (51) sur le secteur de La Bassée, portion de la vallée de la Seine comprise entre Méry-sur-Seine et Monterau-Fault-Yonne. Elle constitue la plus vaste plaine inondable du bassin versant de la Seine.
La Bassée est une composante d’importance nationale de la trame verte et bleue et un outil majeur pour la préservation de la biodiversité. C’est une basse vallée alluviale quasiment plane, avec un sous-sol et des sols caractérisés par leur origine alluvionnaire, façonnés par la Seine, ses méandres et le réseau local de ses affluents, auxquels s’ajoutent les débordements réguliers de la nappe phréatique et les crues hivernales du fleuve.
C’est cet ensemble que nous avons du mal à reconnaître comme étant la Seine, et qui a favorisé le développement d’espaces naturels exceptionnels, abritant une faune et une flore particulières, inféodées au caractère inondable de la vallée, entretenus par des activités humaines qui ont dû composer avec les contraintes du milieu. Par son réseau de noues, de forêts alluviales, de prairies humides, la Bassée renferme des milieux naturels remarquables de grande qualité ayant déjà donné lieu à diverses reconnaissances et mesures de protection.

La Réserve naturelle de la Seine champenoise s’étend sur une superficie totale d’environ 2 462 ha, sur les communes de Nogent-sur-Seine, Marnay-sur-Seine, Pont-sur-Seine, Barbuise, Crancey, Périgny-la-Rose, Esclavolles-Lurey, Conflans-sur-Seine, Romilly-sur-Seine et Marcilly-sur-Seine.
Elle constitue l’un des ensembles paysagers de La Bassée les plus intéressants et joue un rôle capital, en particulier pour l’approvisionnement en eau des départements franciliens et de Paris. Elle est bien connue de tous ceux qui explorent la Seine amont, en particulier les adhérents de CyclotransEurope qui a étudié et promeut la réalisation de la partie amont de la véloroute de la Seine à vélo.
Jusqu’à présent, seule la partie seine-et-marnaise (77) de La Bassée était protégée au titre d’une Réserve Naturelle Nationale de 854 ha, effective depuis 2002. Le tracé du projet de la Seine à vélo amont en tient compte en le contournant, comme il tiendra compte du nouveau.

Présentation du projet en Bassée Aube-Marne : DREAL Grand-Est.
Un lecteur nous fait remarquer qu’il est paradoxal de créer une réserve naturelle sur une zone où se trouve une centrale nucléaire (à Nogent-sur-Seine) et où l’État vient d’accorder une autorisation (au groupe Italien Newcléo) pour la construction d’une usine de Mox (à Marnay-sur-Seine, entre Pont-sur-Seine et Nogent-sur-Seine).
Les Mox sont « élaborés à partir de mélange d’oxyde d’uranium et de plutonium issus de combustibles usés. Ils sont destinés à alimenter les réacteurs à eau légère de production d’électricité » ( Orano Melox.)





Pour répondre à la remarque du lecteur, une centrale nucléaire a besoin de beaucoup d’eau pour son refroidissement. MOX veut dire Mix Oxyde, soit mélange d’oxydes métalliques, et se présente sous forme solide. Réserve naturelle ne veut pas dire bannissement de toute activité humaine, et ces activités sont les plus contrôlées qui soient.