Jean-Claude Degand, l’homme qui fut cycliste
autant que serviteur des chemins de fer
Nous nous sommes rencontrés à l’âge de 17 ans, raconte Elisabeth, l’épouse de Jean-Claude. Nous avons parcouru à vélo des milliers de kilomètres, poursuit-elle. Jean-Claude, déjà tout petit, se promenait à vélo dans son village de Bourghelles. Il avait inventé les « dessins de routes » avant de découvrir que les cartes routières existaient.
Ainsi a pris chair à nos yeux l’omni-présence du vélo dans la vie de Jean-Claude Degand, lors de l’office religieux qui précéda son inhumation, hier après-midi. Mais ce n’est pas tout :
Il y avait aussi la musique classique et puis l’architecture et puis l’art et puis les langues étrangères et puis la spiritualité et puis les 50 pays que nous avons rencontrés.
Leur vie fut aventureuse et drôle …
Ensuite, il y a eu les transports publics qui nous ont accompagnés pendant nos vacances : nous avons suivi presque tous les bus d’Europe pour étudier les réseaux et compter les voyageurs.
Des adieux tristes sans être tristes
Elisabeth enchaîne sur leur fille Diane qui envoya un message depuis l’Inde :
Pourquoi pleurer et s’attrister alors que cette histoire est déjà écrite depuis longtemps ?
Conclusion courageuse quand on commence par
Discussion inachevée, transaction non terminée, le débat s’est arrêté.
Laurent Miguet, journaliste, membre de l’association Objectif RER Métropolitains :
Jean-Claude était un tisseur de liens. Au sein de l’association Objectif RER Métropolitain on (…) croise des ingénieurs et industriels du ferroviaire et de la route, des développeurs de solutions billettiques multimodales, des militants du vélo et des mobilités décarbonées, des urbanistes, des chercheurs en sociologie, des fonctionnaires et élus territoriaux et nationaux issus de toutes les familles politiques de l’arc républicain, et même un journaliste.
J’avais l’impression que, chaque fois qu’il m’appelait, il souriait,
nous dit Nataliia Solomida, Ukrainienne réfugiée chez nous, ajoutant que c’est grâce à Jean-Claude qu’elle a trouvé sa place en France, qu’elle a commencé à s’y sentir utile. En même temps pour elle …
Il n’existe pas d’immunité contre la perte, (…) comme si la lumière s’éteignait.



Photos de Alfred Peter (à l’église) et de moi (au cimetière)
Nous étions une cinquantaine dans la grande église de Saint-Jean-Porte-Latine d’Antony. Certains venaient de loin, d’Allemagne ou du Cher, ou en aller-et-retour depuis le voyage de la COP29bikeride. Dans notre domaine des gerbes avaient été envoyées par Jean Castex, par l’UITP (Union internationale des Transports publics), ou par Laurent Michelin, « secrétaire général de SNCF voyageurs et TER, au nom des équipes SERM ».



Jean-Claude à l’antenne de Hourrail. Dans l’église, photo de Michel Caniaux. « Le (dernier) vélo de Jean-Claude » (plus porte-bagages), document envoyé par Erick Marchandise.
Le soir nous apprenions que le vélo de Jean-Claude avait été retrouvé dans une auberge de jeunesse polonaise … Son rapatriement sera sans doute plus facile que celui du corps du défunt. 3 jours de route en camionnette faisant suite à 3 semaines compliquées entre assureurs ne parlant pas la même langue. Nataliia, là aussi, a été essentielle.
▶️ Décès de Jean-Claude Degand et éléments de biographie.
▶️ Vous pourriez aussi lire ce que j’ai publié dans Linkedin à la demande de Objectif RER Métropolitains sous le titre Les adieux à Jean-Claude Degand. De nombreux commentaires enrichissent le portrait.




