Crises et résilience : comment limiter la casse

Ils causent, mais nos dirigeants ne semblent pas réellement concernés. Pourtant la vie elle-même est en danger. Voici un tableau de ce qui nous attend, et des réponses à la question de notre survie.
⇒⇒ ⇒  Comment nous organiser pour survivre ? en allant à vélo ? oui, mais pas seulement. Un article du docteur Jean-Luc Saladin.

Cela faisait très longtemps que de nombreux experts tiraient la sonnette d’alarme sur les risques d’une épidémie se développant très rapidement. La crise de la Covid montre bien l’absence de culture scientifico-médicale des instances dirigeantes, alors même que de nombreux rapports avaient déjà été produits. Voir sur mon blog la note Coronavirus et François 1er. 

Maintenant on sait qu’il faudra prévoir des « hôtels de quarantaine » dans les aéroports pour les voyages transcontinentaux. Les voyageurs y séjourneront 15 jours  avant examen médical les autorisant à sortir.

Nous avions pourtant eu une première alerte avec le H1N1 (grippe agressive, en 2009) et en avons avec toutes les grippes saisonnières qui nous assaillent chaque année. Elles arrivent d’Asie par avion, incubent dans le métro et le RER et les Parisiens les amènent avec les étrennes aux provinciaux à Noël. C’est le moment où les taux moyens de vitamine D ont baissé. Les immunités en sont déprimées en particulier la cathélicidine. Le virus se répand alors rapidement sur toute la France. Il n’y avait manifestement rien de prévu. 

Il faut retenir que d’autres menaces pèsent sur nous pour lesquelles presque rien non plus n’est prévu1 . 

  • Ce qui pourrait nous tomber dessus (Grégoire Chambaz)
  • Les solutions à mettre en oeuvre (Alexandre Boisson et André-Jacques Holbecq)

Ce qui pourrait nous tomber dessus

1 – Gigantesque panne électrique
Une tempête solaire est capable de détruire tout ou partie des systèmes électriques et électroniques. La Nasa dit que nous pourrions nous retrouver projetés au 18 ème siècle en quelques heures. Si les gros transformateurs étaient atteints il faudrait des mois pour faire redémarrer nos sociétés électro-dépendantes.

2 – Effondrement des systèmes électriques et électroniques
Cela peut être dû à une autre cause qu’une tempête solaire, comme expliqué ici par un expert militaire suisse :

Le risque de blackout est-il réel ?
Grégoire Chambaz, sur Youtube (1 heure).

Cette conférence est essentielle et l’heure passe à toute vitesse.

Un banal incendie peut aussi jouer ce rôle, comme le relatait le journal Le Monde (25 juillet 2021). Un incendie dans l’Aude provoque des coupures de courant en France, en Espagne et au Portugal. Les flammes ont ravagé 850 hectares de végétation dans la montagne d’Alaric. L’incendie n’était toujours pas fixé dimanche matin et les pompiers craignent « un risque de reprise à cause de la sécheresse ». « 152 largages [d’eau] ont été déjà réalisés »

3 – Krach financier 
Cela est si vrai qu’un livre explique comment s’en arranger par avance. Il est présenté ici :  Le jour de l’effondrement, que ferez-vous ?

4Nouvelle épidémie
Elle serait aéroportée ou non, et plus agressive envers les jeunes actifs. Cela produirait très vite de graves dysfonctionnements de tous ordres comme expliqué dans « Face à l’effondrement, si j’étais maire » d’Alexandre Boisson ancien responsable la sécurité à la présidence de la République (le livre présenté au point 3).

5 – Cyber attaque
Elle pourrait évidemment être concertée et programmée pour désorganiser tous les services vitaux. 

6 – Très grosse vague de chaleur comme nous commençons à en vivre

7 – Gros accident industriel 

8 – Accident nucléaire 

9 – Attentats concertés majeurs sur tout le territoire 

10 – Tensions graves sur la chaine alimentaire dues à de mauvaises récoltes au plan mondial

11 – Inondations et en particulier submersion marine dans les zones côtières, 

12 – Baisse de l’intelligence et augmentation des troubles du comportement 
Ils pourraient être tels que la société n’ait plus personne qui soit capable de gérer la complexité des sociétés développées.

On ne peut pas exclure non plus plusieurs de ces évènements en même temps.

Les solutions à mettre en oeuvre 

Je ne renonce pas à vous le répéter,  lisez « Face à l’effondrement, si j’étais maire » d’Alexandre Boisson et André-Jacques Holbecq. 

1 – Récupération d’eau
On doit la récupérer sur toutes les descentes de gouttière,  et la filtrer grâce au fait qu’il y aura au moins un filtre à eau dans tous les foyers. Notez en particulier les filtres paille (25 euros) qui permettent de boire n’importe quelle eau. Cela assure une sécurité vis à vis de l’eau avec la possibilité d’avoir des vergers-potagers productifs. Un récupérateur de 500 litres coûte 40 euros et une écope à poser dans la descente 20 euros. 

2 – Radio autonome 
Tous les logements doivent être équipés de radio à dynamo et panneau solaire ainsi que de prise usb et lampe intégrée (25 euros). En cas de krach électrique cela permet de recevoir les consignes des autorités, de recharger les portables et de s’éclairer.

3 – Réserves de 2 à 3 mois de nourriture 
Toutes les collectivités devraient en avoir, et les déstocker à l’approche de la péremption. Il suffit de financer un volant supplémentaire dans les entreprises et institutions où on stocke de la nourriture. Du temps des rois on stockait 3 ans de nourriture car on savait que les famines pouvaient survenir.

Dans les ménages, constitution de réserves de riz, pâtes, légumineuses, sucre et conserves correspondant à 15 jours d’alimentation du foyer. Il faut compter 2000 calories par jour et par personne. Le paquet standard de pâtes, riz, légumineuses de 500 g fait environ 1500 calories, avec une conserve en plus on arrive aux 2000 calories. Cela représente donc 15 paquets de pâtes, riz ou légumineuses par personne plus une quinzaine de boites de conserve de type sardine ou pâté.

Il faut également prévoir, dès avant les 15 jours, des tours de rôle parmi les foyers afin d’aller chercher de la nourriture sans pagaille.

4 – Autonomie alimentaire
Elle doit être assurée par unité territoriale avec conserverie locale.

5 – Constitution d’une organisation territoriale de messagers-responsables
Ils seront organisés par colonnes de 10. Ces messagers seront des agents de coordination mis en oeuvre en cas de crise par tranches de 10.  

 Il y aurait pour chaque colonne :
– Un responsable pour 10 déci-cellules (10 personnes touchées);
– Puis 1 responsable d’une déci-cellule pour 10 centi-cellules (100 personnes touchées);
– Puis 1 responsable d’une centi-cellule  pour 10 milli-cellules (1000 personnes touchées);
– Puis 1 responsable d’une milli-cellule  pour 10 micro-cellules (10000 personnes touchées).
Avec 27 colonnes on touche très vite les 270 000 habitants de la Communauté urbaine du Havre. 
– On peut ainsi faire circuler des messages de santé publique en dehors des crises. Ce système ne fonctionne qu’avec des vélos.
– Pour atteindre les 10 000 personnes d’une colonne il suffit de 5 ramettes de papier de 500 feuilles massicotées en deux. Cela pèse 10 kilogrammes.
– Le système est  montant et descendant, car il peut faire remonter des informations. C’est un réseau social du monde réel. 

6 – Véhicules avec haut-parleur 
Pour donner les consignes à la population il en faut dans toutes les collectivités.

7 – Au moins un vélo dans chaque foyer
Rien de mieux pour assurer le ravitaillement en cas de crise. On s’en souvient très bien, d’ailleurs. 

8 Au moins une boîte de masques chirurgicaux dans chaque foyer
Dans les zones à risque y ajouter un masque avec cartouche par personne.

9 – Liasses de billets non monétisés et non falsifiables
Elles seraient stockées par les collectivités pour faire face à un rush sur les banques   ou une hyper-inflation, un krach financier ou un krach électrique.
Ces billets seraient distribués par les collectivités pour que l’économie de proximité et de première nécessité continue à fonctionner sans que la population soit obligée de revenir au troc. La valeur de cette monnaie locale serait fixée par la valeur d’un panier de biens de première nécessité.

10 – Hôtels de quarantaine pour les vols transcontinentaux dans les aéroports.
Les passagers y séjournent 15 jours avant de pouvoir circuler. Les marchandises stationnent également 15 jours voire plus dans des zones de quarantaine. La variole se répandait par les objets. Nous pourrions avoir une variole moderne. 

11 – Tous les ans, à date fixe, répétition avec toute la population. 
Ce serait la journée de la résilience. 

Si nous mettions tout cela en place nous augmenterions beaucoup la résilience de nos territoires.  

  • Nous régénèrerions  beaucoup de lien social et aurions beaucoup progressé vers un développement durable, nous aurions atteint une forme de sur-vivalisme collectif.
  • Nous génèrerions de la sérénité dans le corps social ; nous diminuerions l’état de stress de la population,  qui est très nocif pour les systèmes nerveux, surtout s’il est permanent.
  • Nous éviterions les paniques en cas de nouveau problème et en particulier la course vers les supermarchés.

Tout cela est très facile et très peu coûteux à mettre en place en période « normale », c’est à dire maintenant. Cela serait très difficile voire impossible en cas de crise majeure. Il faut donc le faire maintenant.

Dr Jean-Luc Saladin,
Blog Vélo, potager et cerveau   

  1. Cet article est rédigé comme un résumé des deux sources indiquées, la conférence de Grégoire Chambaz et le livre d’Alexandre Boisson et André-Jacques Holbecq. IsL
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