Vous m’imaginiez ministre du vélo? Erreur, mais les manigances sont ouvertes

Le 1er tour des élections présidentielles, c’est dans 10 jours. Le second tour, on verra, car les agendas du pouvoir s’affolent : on ne sait pas encore qui pourrait être chargé du vélo.  

S’il en est un qui est efficace, c’est bien Olivier Schneider, l’actuel président magicien de la Fub, Fierté des Useurs de Bécane. Il aurait toute sa place, et nous nous en réjouiririons, sans rire, au sein de l’appareil gouvernemental, surtout s’il est chef du vélo. On sait qu’il hésite, il me l’a même avoué confidentiellement, il aime trop son jardin et en plus il a un tandem. De toutes façons il y a un problème c’est qu’il faudrait qu’il porte une cravate. Comme il roule un vélo pliant vert (qui finira par se venger), certains pensent qu’il pourrait faire l’effort d’avoir une cravate en carton dans sa poche (mais oui, ça existe!). Mais il ne veut pas, il préfère rester en chemise dirigeant sa troupe d’une main de fer pointée vers l’avant plutôt que de se retrouver chef d’une quelconque agence du vélo. Voilà une drôle de tête de mule, mais on n’y peut rien. 

Que faire alors, se demandent les futurs deuxièmes tourdistes

Il y en a des plus jeunes, dont les hésitations seraient certainement moindres, mais ils ne savent même pas s’ils aiment les pistes à double-sens ou pas. Leur attachement aux guides et règles les honore, d’ailleurs on les voit bien dans un rôle technique comme monter un concours, faire des plans sur Marsinval, manier la souris pour une grande ville… S’ils pilotaient une politique nationale on se retrouverait avec des oppositions de partout, y compris des meilleures spécialistes de France. 

Il y a aussi un assez célèbre diplomate franco-néerlandais qui explique partout que c’est mieux en Hollande. Avec lui pas d’embrouilles, à condition que les Pays-Bas restent européens, mais on a confiance. Cependant il faudrait rehausser les plafonds pour ne pas qu’il devienne bossu, parce que sa passion c’est de faire des films dans la rue. Il a aussi fait savoir qu’il exigerait que tout le gouvernement roule à vélo. Nous voilà bien, jusqu’ici c’est les femmes qui s’en chargeaient. Que faire ? La situation est insoluble.

Lumière !

C’est alors qu’Elisabeth Borne s’est souvenue d’avoir rencontré une dame très bien qui a déjà  les cheveux blancs, un discours toujours prudent mais ferme, et un pragmatisme-de-droite imparable. Pour chez Macron, ça pourrait aller. La dame en question a quelques faits d’armes que l’on cache à la maire de Paris, des fois qu’elle s’aperçoive que c’est pas elle qu’a eu les idées. Cette dame vous devriez l’avoir reconnue, mais j’ai décliné. J’ai alors décidé de servir mon pays en trouvant le futur sous-ministre moi-même. Pour l’allécher je lui ai dit qu’il serait Directeur de l’Agence Nationale pour le Développement du Vélo. Ça en jette, hein ? 

Il faut quelqu’un de très savant, sachant que l’expérience vaut bien mieux que les théories, et qui soit conscient que paroles et actes demandent du temps d’observation. Il faut aussi qu’il me soit respectueux et qu’il soit capable de rouler aussi vite que moi sans me vexer. Je reconnais que c’est haut, mais pour le vélo nous voulons le meilleur. Les offres devaient être faites d’ici le début de l’été, et même avant. On avait raison…

Deux jours plus tard …

Ça a failli même être déjà plié (sans connaître le résultat de l’élection ? On aurait fait semblant, ça serait pas la première fois). Après avoir évidemment pensé à un autre Néerlandais, très expérimenté et ne parlant que s’il a quelque chose d’important à dire, mais qui n’a aucune envie lui non plus de quitter son jardin, ses petits enfants et son AMAP, j’avais piégé un bon malheureux. Il faut reconnaître que j’étais entièrement d’accord, et même éblouie, par son programme (ici : Profession de foi n° 1) ! Il est pour l’heure le seul à en avoir un (les candidats officiels ont eu beaucoup de mal à le faire, nous ne les avons reçus qu’hier soir et c’est assez moyen) il est très connu et reconnu, et se fait parfois appeler Universelle Encyclopédie. Il a lui aussi quelques super faits d’armes, si beaux que certains ont déjà disparu, et d’autres si parfaits qu’on ne les devine pas. Son ami Jérôme a promis d’écrire ses mémoires à sa place, car lui il n’a pas le temps, il a ses comptages à faire. Il avait un seul défaut, celui d’être un Parigot de chez Parigot, avec une devise  : hors du périph y’a plein de virus. Et puis paf, il m’a envoyée balader ! Pourtant j’avais bien monté mon coup.

Alors bon courage à celle qui s’y collera. Je vous préviens, le boulot de sous-ministre du vélo c’est pas de la tarte à la colle de rustine. L’agence de recrutement, qui vient de renoncer elle aussi, a le culot maintenant d’encourager les hésitants à ne pas se laisser tenter, car chez eux  ils se sont rendu compte que c’est un boulot où il faudrait porter casque et armure à poils bien lisses. Ils incitent même les sollicités à crier en choeur Moi sous-ministre du vélo ? jamais ! 
Avec de pareils citoyens, bon courage à nos futures élues, et bonne semaine à vous tous ! 

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