L’ adhésion au Fonds Mobilités durables progresse mais ne fait pas le plein

Par rapport à l’année dernière le fonds Mobilités durables serait un peu plus connu dans les entreprises (à pas loin de 80% des répondants), mais toujours utilisé par moins de 40% d’entre elles. Son progrès par rapport à l’IKV paraît faible.

Le suivi de cette aide aux mobilités durables des salariés dévoilait les résultats de sa seconde enquête ce matin. Effectuée sur la base d’une participation volontaire elle n’a qu’une valeur indicative. D’ailleurs le panel s’est renouvelé des 3/4 depuis la première il y a un an.

Ce qu’on peut en dégager néanmoins c’est que les petites entreprises utilisent plus le forfait que les grandes, et de façon plus généreuse, et que l’ajout des engins de déplacement personnel parmi les moyens admis a fait flop.

Les modes de déplacement retenus par les entreprises pour leur forfait sont surtout le vélo et le co-voiturage. L’utilisation des  transports publics occasionnels y est également présente, et même le cumul avec le remboursement à 50% des abonnements aux transports. Ceci est favorable aux trajets multi-modaux, mais aussi à l’idée que pour se passer d’auto il faut pouvoir s’adapter aux circonstances. 

Le ticket-mobilité (voir l’article du jour de Noël 2021), qui devait tout simplifier, fait lui aussi un bide, ce qui réjouira ceux qui lui reprochaient d’être lié exclusivement à la consommation. 

Si le forfait a du mal à s’implanter cela est dû, d’après les répondants, d’abord à la dépense (40% des répondants), puis au fait qu’on n’y comprend rien. 23% des entreprises ont aussi déclaré qu’elles participaient déjà au transfert modal par d’autres moyens, flotte de vélos, indemnité kilométrique vélo etc. Enfin tant que les règles ne seront pas plus claires et tant qu’elles sont capables de changer à tout bout de champs les derniers réfractaires le resteront. 

Contrairement à certaines craintes, le contrôle ne semble pas être un véritable obstacle puisque 84% des entreprises se contentent d’une déclaration sur l’honneur, et que les autres ont soit prévu un forfait, sur tout ou selon les distances ou les dépenses. D’ailleurs 1/3 des entreprises concernées ne tiennent pas de tableau de suivi, et, parmi celles qui le font, presqu’aucune ne s’occupe de savoir si c’est à vélo ou autrement, ou si ça sert à quelque chose, rejets évités par exemple, santé ou absentéisme, même, oserais-je suggérer.

Disons alors que ce forfait, institué le 10 mai 2020 (Le forfait « mobilités durables » est institué, il faut maintenant qu’il existe en vrai), aurait mieux fait de s’appeler « des mobilités actives » et tenir compte de la marche. Il aurait pu s’appeler « IKVM », ce qui aurait convenu aux gens du club des villes cyclables « et marchables », au lieu d’être le résultat, probablement, des mêmes  pressions à l’oeuvre dans les pistes cyclables. Pour voir les résultats du premier baromètre, foncez sur Mobilidoc.

Pour l’heure ce dispositif compliqué paraît encore assez peu concluant, si bien que l’on peut dire que d’une usine à gaz on est passé à une usine à vents… si l’on veut bien me pardonner ce jeu de mots. Les moulins à vent peuvent se casser.

Les modes acceptés sont majoritairement … celui de l’IKV …

Cette démarche de suivi a été initiée par le Ministère de la Transition Écologique et de la Cohésion des Territoires et l’ADEME, avec le soutien de France Mobilités. Elle est pilotée par Via ID (accélérateur de nouvelles entreprises dans la mobilité) et ekodev (accompagnement des entreprises vers l’engagement écologique).

 

Print Friendly, PDF & Email

2 réflexions au sujet de “L’ adhésion au Fonds Mobilités durables progresse mais ne fait pas le plein”

Laisser un commentaire