Christophe Najdovski est le nouveau président de la fédération des cyclistes européens

Christophe Najdovski, adjoint à la maire de Paris, en charge des transports, vient d’être élu président de la fédération européenne des cyclistes. Il succède à l’Allemand Manfred Neun, ancien président de l’ADFC, la puissante fédération allemande des cyclistes, et ancien industriel dans le cycle.  (Maj 20/05/18 à 22h.)

18 candidats avaient été agréés, parmi lesquels Olivier Schneider, le président de la Fub1, semble avoir figuré. La liste finale ne comportait plus que 3 noms, après auditions par le comité de sélection. 

Cette élection surprend, car M. Najdovski n’est pas issu du monde associatif. Il est même adhérent aux Verts depuis 1993, et a été élu conseiller de Paris dès 2001, dans la vague de gauche qui emporta alors la mairie de Paris. 

Alors que son prédécesseur arrivait avec la double expérience associative et industrielle, M. Najdovski n’a pour lui que d’avoir été enseignant à l’université et élu de Paris. Certes son mandat actuel est loin d’être facile, et Paris, c’est Paris … De tempérament il apparaît aussi très différent de M. Neun. Autant ce dernier est jovial et actif, autant M. Najdovski apparaît comme un « jeune homme timide », qui, en conseil de Paris par exemple, sort peu de ses dossiers. Le fait qu’il soit né de parents macédoniens peut par contre avoir joué en sa faveur, au moins aux yeux des représentants issus des parties orientales de l’Europe. 

Alors pourquoi cette candidature ? Est-ce pour parer à une éventuelle défaite aux prochaines élections municipales ? Est-ce pour se donner du poids face à ses opposants dans sa politique du vélo ? Rien de cela. Selon nos informations il ne savait même pas que l’ECF existait, mais on est allé le chercher. C’est sans doute un effet de l’image d’ambition et de courage qu’a su donner d’elle-même la Ville de Paris … 

La Fub s’est empressée de le féliciter, indiquant qu’à son avis c’était une reconnaissance de « la dynamique » engagée par le congrès Velo-city à Paris en septembre 2003. Pourtant à l’heure actuelle, souligne la Fub, le gouvernement français semble hésiter, et ça devient vraiment grave :

« Quand l’ECF préconise un budget national vélo à hauteur de 10 € par an et par habitant, la FUB et ses partenaires demandent  de commencer par un budget de 200 millions d’euros par an, soit 3  € par an et par habitant.  Ceci est le minimum nécessaire pour atteindre les objectifs auxquels s’est engagée la France, notamment l’engagement pré-olympique de tripler la part modale du vélo d’ici 2024 et la stratégie nationale de développement de la mobilité propre (SNMP) qui fixe comme objectif national d’atteindre une part modale vélo de 12,5% d’ici 2030. »

En tous cas on souhaite à Christophe Najdovski bien du plaisir : président de l’ECF ce n’est pas un petit boulot marginal. Il va devoir cumuler avec encore deux ans à la mairie de Paris, à moins qu’il n’en profite pour lâcher ce mandat où, entre fiasco du vélib’, berges de Seine contestées et plan vélo qui patine, les coups ne manquent pas. À défaut il risque de n’être qu’un prête-nom… joyeuses perspectives !

 

Avant l’élection

 

L’ECF, fondée en 1983 par 12 fédérations nationales, dont la FUB (dont le président était alors Jean Chaumien), regroupe 90 organisations nationales de promotion du vélo en tant que mode de déplacement. Parmi les récentes adhésions on note les fédérations de Slovaquie et de Tchèquie ainsi que celle des véhicules à propulsion humaine (en très simplifié : les vélos couchés et carénés) d’Italie. Pour des raisons linguistiques (l’allergie à la langue anglaise) et culturelles (le rapport à l’argent) les fédérations françaises et hispaniques ont longtemps eu une position marginale dans cette organisation.

Basée à Bruxelles pour être proche de la commission européenne, l’ambition de l’ECF est d’être l’interlocuteur des institutions internationales, mais également d’impulser des échanges entre ses membres, notamment à l’occasion des conférences internationale Velo-city (l’édition 2015 s’est tenue à Nantes, après celle de 2003 à Paris).

L’ECF anime plusieurs réseaux autour de communautés liées au vélo : Cities for Cycling, Scientists for Cycling, Cycling Industry Club, et participe à la connaissance de l’économie du vélo.

Enfin, l’ECF pilote le projet Eurovelo, qui vise à couvrir l’Europe de 15 routes cyclables de longue distance. La Loire à vélo est ainsi, avec le Doubs et le Danube, une partie de l’Eurovélo 6 qui relie Saint Nazaire à Constanta, en Bulgarie.

Après avoir noté un fort intérêt en provenance de pays non-européens, l’ECF a fondé la « World Cycling Alliance » dont le champ d’action est le monde entier, et organise tous les deux ans un congrès Velo-city dans un pays hors Europe (en alternance avec le congrès européen). Non, la FFCT ne « gère » pas toutes les pratiques du vélo !

  1. Fub : Fédération -française- des usagers de la bicyclette.
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