Code du cycliste, la seconde édition vient de paraître

Cette seconde édition, qui vient tout juste d’être mise en rayon, n’a pu voir le jour que grâce à l’énorme succès de la première, et sans doute ne connaître ce succès que grâce à la haute réputation de son éditeur. L’auteur s’est donc remis à la tâche pour un ouvrage augmenté d’un tiers, et au plan largement remanié.

Ce code du cycliste n’a pas le statut d’un code rédigé par les fonctionnaires placés sous la responsabilité des directeurs de ministère. L’ordre des énoncés ne correspond pas aux pratiques des Journaux officiels auxquels certains d’entre nous sont habitués. Cet ouvrage présente les textes de façon à faciliter la recherche dans un ensemble constitué de bric et de broc, d’ajouts successifs et non de refontes1, et s’adresse aux cyclistes « ni bouc ni bique » (p. 2) qui cherchent leur place dans le labyrinthe des routes et des lois. Il possède donc un index alphabétique, un index par numéros officiels, et une table des matières. 

Cette seconde édition apporte de nombreuses nouveautés, parmi lesquelles  la notion-même de mobilités actives, ce que son auteur n’avait pas été amené à faire dans la première édition. Elle doit répondre de façon simple aux questions qui reviennent sans cesse. Ainsi par exemple le double-sens cyclable est-il bien explicité comme s’imposant dans les zones 30 (p. 113). 

Curieusement ce texte n’est pas commenté, alors que bien d’autres le sont, comme celui qui concerne la double ligne d’arrêt au feu (p. 115). Ce faisant l’auteur dit le droit et rien que le droit, et sait sans doute parfaitement ce qu’il fait : il pourrait tenter de forcer la main pour que le texte soit enfin appliqué tel que : « dans les zones 30 toutes les chaussées sont à double-sens pour les cyclistes sauf … » Il avait adopté le même parti-pris lors de la première édition, mais peut-être l’aviez-vous oublié. 

Parmi les nouveautés on trouvera également l’obligation pour certains transports routiers et ferroviaires de prévoir des places pour les vélos (p. 162), tandis que le stationnement des vélos en gare occupe les pages suivantes. 

A vrai dire le stationnement des vélos occupe tout ce chapitre 3, mais jette le trouble… un encadré (p. 187) décrit un changement qui contredit le texte publié un peu au-dessus, mais ne contredit pas celui donné deux pages plus loin (p. 189). En cas de doute il faudra se référer au texte original. Des « troubles » j’en ai eu d’autres, sur l’éclairage arrière qui ne peut qu’être « de position », ce qui est contredit par un commentaire de l’auteur (pp. 45 et 46), en revanche l’explication des panneaux vous évitera bien des perplexités … espérons, car parfois les agents techniques, eux, peuvent être amenés à faire des erreurs. Reportez vous quand même au texte, une légende est souvent insuffisante… Une bande cyclable est certes conseillée, elle est surtout réservée … 

On trouvera également une section sur les cycles à pédalage assisté qui n’existait pas auparavant, et dont le nom officiel est plus explicite que notre mystérieux VAE.  La gestion des vélos en libre service, les vélo-écoles, les financements… aucun de ces thèmes ne figurent dans le code de la route, et tous ont été intégrés ici. 

Cette seconde édition mesure 1 millimètre de plus en hauteur que la première, et un tiers de plus en épaisseur, ce qui fait que les pages ne sont plus coupées à ras et que l’on passe de 162 à  246 pages pour exactement le même petit prix de 4 €, digne d’une oeuvre de bien public. 

Le texte de présentation change à peine, mais ont été ajoutées une préface et une introduction. Celle-ci contient deux fâcheuses fautes de rédaction, probables erreurs de dactylographie que l’urgence aurait amené à ne pas relire. Nous suivrons son auteur dans ses regrets sur la faiblesse conceptuelle sur le vélo de la Loi sur les Mobilités, loi qui aurait pu « n’être qu’une succession d’effets d’annonce » si le vélo n’était devenu en 2020 un enjeu politique et électoral. Ce sont les évènements qui ont provoqué l’essor du vélo, et non … le Droit.

« Faire du vélo … » commence l’ancien procureur de la République Eric de Montgolfier dans une préface écrite pour la présente édition, « le vélo est devenu le symbole d’un monde qui cherche son souffle »… Familiarisez-vous avec l’écriture toute en nuances qu’implique l’exercice du Droit, cela vous fera du bien si vous êtes de ceux qui se contentent de jugements à l’emporte-pièces. Le Droit n’est jamais binaire. 

Pour ma part je vous recommande de faire ce que je n’ai pas encore fait, c’est-à-dire de lire le code en entier, pas seulement pour le plaisir mais aussi pour vous mettre en tête tout ce que vous pourrez trouver lors de vos questionnements (à moi parfois), et y faire quantité de découvertes. 

Ludovic Duprey
Code du cycliste
Dalloz, 2e édition, avril 2021
8 X 12 cm
4 €

La première édition date d’avril 2019.

  1. Sur le désordre du code de la route je renvoie toujours à mon article Vélo et Droit, un couple mal assorti, qui rend compte de l’avis du professeur Dechepy, de l’université de Rouen, selon lequel il faudrait « changer les bases du code de la route ».
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2 réflexions au sujet de “Code du cycliste, la seconde édition vient de paraître”

  1. Sur les double sens cyclables, cet article d’octobre 2019 est désormais plus large que celui concernant les seules zones 30: Article R412-28-1 Modifié par Décret n°2019-1082 du 23 octobre 2019 – art. 21 : Lorsque la vitesse maximale autorisée est inférieure ou égale à 30 km/ h, les chaussées sont à double sens pour les conducteurs d’engins de déplacement personnel motorisés et les cyclistes sauf décision contraire de l’autorité investie du pouvoir de police. Déjà 18 mois que la rue Blomet (Paris 15) est à double sens ✌️😁!

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