Seine à vélo amont : l’étude complète vient de sortir 

Le collectif Vallée de la Seine à vélo publie un itinéraire d’une grande précision pour l’amont de la véloroute, avec relevé des difficultés, propositions de solutions et de nombreuses informations. Il est temps car si certains tronçons sont déjà réalisés, des dangers pourraient survenir ailleurs.  

La situation préalable

La Seine à vélo amont figure bien dans les documents planificateurs

Elle figure au Schéma national des véloroutes du Havre jusqu’à Troyes, officialisé par un arrêté ministériel de fin 2020.  Elle figure aussi dans le Plan de déplacements de la Région d’Ile-de-France de 2014, qui prévoie sa réalisation pour 2020… Elle est également au programme du Département de Seine-et-Marne de juin 2020 sous le numéro V33 jusqu’à Montereau-Fault-Yonne et V39 ensuite … La région Grand-Est s’y intéresse également pour la V33. 

Extrait du PDU de la région d’Île-de-France

Le projet est déjà bien engagé

Pour le collectif, si la Seine à Vélo est bien engagée dans la partie aval de Paris jusqu’à la mer, ce n’est pas encore le cas dans la partie amont de Paris. 

  • Pourtant la partie amont de la véloroute est complètement réalisée à Paris et dans le Département de la Marne. Son tracé est d’ailleurs souvent commun avec celui de la Scandibérique, véloroute créée à l’initiative de l’association CyclotransEurope. 
  • Par contre la véloroute n’existe encore que partiellement dans l’Essonne, la Seine-et-Marne, la Côte d’Or et l’Aube. Dans ce dernier département, et même si tout n’y est pas fini, les efforts sont remarquables, tient cependant à souligner le collectif. Il regrette juste que son réseau de véloroutes, basé sur des voies vertes de qualité, n’affiche pas assez clairement l’identité « Seine à vélo ». Les travaux de la section allant de Nogent-sur-Seine à Crancey sont prévus cette année (voir pp. 88-89 du rapport).
  • En Seine-et-Marne une inquiétude supplémentaire a surgit avec un projet de mise à grand gabarit du canal Bray – Nogent. Il menace la véloroute entre Nogent-sur-Seine et Noyen-sur-Seine (P. 79). Evidemment un tracé alternatif peut être trouvé. Encore faut-il le décider et le mettre en oeuvre.

Pour se faire une idée de la situation présente on pourra lire mes articles :
La Seine à vélo, de Paris aux lacs : une expédition agitée Je passe Montereau-Fault-Yonne et à Troyes puis bifurque vers le nord.
De Paris à la Bourgogne, comment j’ai évité le train de Migennes. Je suis descendue à Montereau, mais cela s’est avéré ne pas être une bonne solution …

Schéma d’ensemble. En vert : ce qui existe déjà.

L’ étude « A vélo de Paris à la source de la Seine » 

Comme annoncé le 20 décembre, le collectif Vallée de la Seine à vélo vient de publier le document A vélo de Paris à la source de la Seine. 
Ce projet de véloroute « Vallée de la Seine à Vélo, de la source à la mer » pousse jusqu’à Dijon, au-delà de la source, afin de faire jonction avec d’autres itinéraires parmi lesquels le tour de Bourgogne et la véloroute des fleuves. C’est en effet une condition indispensable pour que son tracé soit intégré au Réseau National des Véloroutes. 

Le document présenté ici est une proposition de tracé pour les parties non réalisées. C’est une base de discussion pour le futur comité de pilotage. 

Exemple de carte

Le document cartographie tout le linéaire et est illustré de photos, ainsi que d’un texte très détaillé. Les auteurs connaissent tout, les passerelles et rampes en projet, les autres projets parmi lesquels le RERvélo francilien, qui a souvent des intérêt communs avec ceux de la véloroute, les financements attribués, les travaux programmés, les lignes de chemin de fer utiles à transformer …  

Au sortir de Paris tout existe jusqu’au premier confluent, celui de la Marne, et le tracé y est le même que celui de la Scandibérique ou que certains tronçons du RERv. Ensuite c’est plus variable. Certains projets, notamment portuaires ou fluviaux, risquent d’oublier totalement le passage antérieur de la véloroute. Ailleurs c’est l’absence de projet qui est problématique, par exemple pour traverser une ville ou aux abords de ponts ou noeuds routiers. Il y a aussi des projets urbains ou immobiliers, comme à Corbeil, qui offrent d’autres difficultés encore.

Lorsque le cas est trop lourd pour qu’il soit réaliste d’espérer sa transformation même à moyen terme, un tracé alternatif est toujours proposé. 

Eviter une route grâce à une ancienne voie ferrée

La signalisation, on s’en doute, n’a pas été faite partout. Lorsqu’elle existe le document le précise. Les auteurs ont même trouvé des grands panneaux présentant la Seine à vélo comme si elle en était au point de la Loire à vélo. Ils se sont aussi probablement perdus dans la traversée de Troyes, comme moi, puisqu’ils signalent que des améliorations sont à prévoir pour la signalétique et la sécurisation de certains carrefours. 
Enfin le document profite du voyage pour signaler quelques points touristiques intéressants. 

Peut-être ce travail, outre sa fonction première d’outil de surveillance, alerte et négociation, pourrait-il servir aux explorateurs pour aller repérer … la Seine à vélo. Dans certains cas le suivre m’aurait évité certains gros déboires, par exemple à l’approche de Troyes où je n’avais pu éviter de rouler sur la rocade…

La zone de Troyes

Enfin les dernières pages sont consacrées à des « demandes » concernant les largeurs, la qualité des revêtements, la sécurisation lorsqu’il y a partage avec le trafic à moteur, la signalisation et enfin les dispositifs anti-intrusion. L‘association rappelle aussi que les services (eau et WC, commerces et mécaniciens etc) sont indispensables, et que tout ça doit être conçu en tenant compte des déplacements locaux au quotidien sans lesquels les voies vertes perdent une grosse partie de leur utilité.

La conclusion s’impose : « Fort de sa capacité d’expertise, basée sur de nombreuses années d’expérience de ses membres, le Collectif d’associations souhaite apporter bénévolement, mais pleinement, sa contribution à la conception du projet. Il demande à être invité aux réunions du Comité de pilotage ou à son Comité technique, et être consulté à l’occasion des principales décisions à prendre. » Le collectif a pour seul objectif que ce grand projet de véloroute devienne réalité. Il apporte son expertise d’usage de cyclistes, qu’il propose de confronter à celle des collectivités locales pour que le meilleur itinéraire puisse être mis en place. 

Le document est téléchargeable
sur le site de l’association CyclotransEurope

Des études de détails sont également réalisées, comme celle du passage à proximité de Romilly. Cette ville étant desservie par la ligne de trains Paris-Troyes-Mulhouse et ayant des hôtels, il est important de la relier à la véloroute. Les propositions du collectif pour ce faire ont été envoyées aux collectivités concernées avec le souhait d’entamer avec elles un dialogue fructueux. 

Les membres du collectif Vallée de la Seine à vélo

Le collectif « Vallée de la Seine à vélo, de la source à la mer » organise un grand week-end pour populariser la Seine à vélo en amont de Paris. Il y aura des débats, des randos, une fête populaire. Réservez votre week-end de l’Ascension du 17 au 21 mai 2023.

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3 réflexions au sujet de “Seine à vélo amont : l’étude complète vient de sortir ”

  1. Cela fait des années que j’attends un développement touristique sur notre secteur du Sud-Ouest Marnais, pour l’instant peu connu, mais disposant d’un joli potentiel. Je suis donc pleine d’espoir concernant le développement des activités autour de la vélo-voie ! Sur votre circuit, n’hésitez pas à vous arrêter pour une nuit dans mes petites cabanes, à Esclavolles-Lurey. Vous trouverez une boulangerie en face et, à 10 minutes à pied, un excellent restaurant et une supérette.

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  2. Article très intéressant, tout comme le document que j’ai lu intégralement. Deux remarques personnelles :
    (1) Là où le numéro V39 est utilisé, cela doit être une erreur du département concerné. Je ne trouve nulle trace de cette numérotation dans les données de l’AF3V, et le numéro V33 semble bien être utilisé sur toute la longueur.
    (2) J’ai un point de désaccord avec le collectif : quand deux itinéraires sont confondus sur une partie de leur linéaire (comme ici la Scandibérique ou EV3, et la V33), je pense qu’ils doivent suivre exactement le même tracé sur toute leur longueur. Sinon, on multiplie les panneaux (et bien souvent on oublie d’en poser) et ça devient difficile à lire pour les usagers.
    Mais sinon, c’est un beau projet. J’espère qu’il sera réalisé.

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