La fin de la voiture approôoche ! 

Une belle exposition au CNAM, à Paris, sur l’histoire de l’automobile, se tient jusqu’au mois de mai sous le titre de Permis de conduire ? 

Les auteurs de l’exposition l’ont sans doute pensé, mais ils ne l’ont pas dit publiquement. Cette exposition montre que dès le départ l’automobile était un échec, puisque, comme l’exposition le montre, c’est dès 1893 que fut créé le Certificat de capacité pour la conduite des véhicules, et dès 1921 le code de la route. L’auto est dès l’origine encerclée de restrictions. Le premier feu de signalisation, de croisement, en 1922, s’appelle Trafic Light en Amérique, ce qui est plus explicite sur sa destination, un feu pour organiser le trafic, un feu pour empêcher le blocage de la circulation par les circulants.

Véhicule d’un avenir perdu

Très tôt aussi le système automobile fut en danger. Le 16 mars 1951 est déclenchée une grève des Transports en commun qui a pour conséquence des embouteillages gigantesques et que rues et trottoirs se retrouvent dans un « même combat ». Les visiteurs de l’exposition ne s’attardent guère sur ce trottoir roulant, en réalité un passage devant un défilé d’images relatant l’histoire. Peut-être manifestent-ils ainsi qu’ils ne tiennent pas à savoir. On y voit aussi, par exemple, qu’en 1972 « Mazamet (est une) ville rayée de la carte » selon le titre d’un film qui veut sensibiliser à l’ampleur des accidents de la route. En 1992 les malheureux Chinois connaissent des embouteillages pouvant aller jusqu’à 100 km …

L’exposition se poursuit avec la présentation de modèles de toutes époques. Cela ravira les nostalgiques. Certains modèles ont fait flop, tels que l’Oeuf de l’artiste Paul Arzens, un modèle petit, transparent et électrique créé en 1942. 

Véhicule fictif

La « culture auto » est en fait une méthode pour imposer l’automobile malgré tous ses inconvénients. Elle est illustrée par le matraquage incessant dont on a eu besoin, que ce soient les objets publicitaires ou le cinéma et la publicité directe. Au cinéma l’auto finit par n’exister que par la mise en valeur des qualités athlétiques de son conducteur, sang froid, réflexes acérés, griserie de la vitesse … 

Les dernières images sont celles des taxis volants  qu’on nous promet pour les Jeux-Olympiques, avec cette question : Est-ce encore une auto ? 

Une belle exposition

L’exposition Permis de conduire? vaut d’être visitée avec attention. Elle contient nombre de messages subtils sous un aspect simplement historique. Comme l’entrée est un peu chère profitez-en pour visiter quelques parties du musée, à commencer par le fardier de Cugnot, premier véhicule automobile, la voiture à hélice de Marcel Legat ou la Formule1 n° RE41, reine des « sports mécaniques » des années 80. 

Permis de conduire? Jusqu’au 7 mai 2023
Musée des Arts et Métiers (CNAM)
60 rue Réaumur, Paris-Centre.
Il y a des arceaux à vélos dans la rue à droite de l’entrée.
12 € mais nombreuses réductions et gratuités, notamment les 1ers dimanches du mois et les vendredis de 18h à 21h.

Savez-vous que pour l’avion ce pourrait être un peu la même chose ?   » Permettre à des centaines de passagers de se déplacer à 800km/h à 10km du sol ne sera JAMAIS bon pour la planète. » , dit Arthur Gosset.  » (les avionneurs)  ont des ressources financières et humaines uniques, avec notamment des milliers d’ingénieurs ultraspécialisés en aérodynamique, mécanique, conceptions et assemblages. Si Airbus se mettait sur ce marché, ça changerait tout.  » Le vélomobile pourrait succéder à l’avion dans les entreprises de l’aéronautique.
Quant à l’auto nous verrons… Certains s’obstinent, Stellantis envisage de prendre une participation au capital de Symbio, co-entreprise de Faurecia et Michelin dans le domaine de l’hydrogène et leader des piles à combustible pour le secteur de la mobilité. La Tribune, 23 décembre 22. D’autres montrent que l’obstination sera peut-être vaine : La voiture autonome, encore très loin d’être une réalité, selon les explications du journal Le Monde (22 décembre 22). La revue L’âge de faire (dont je vous ai déjà parlé ici : Cinq plus cinq livres et deux revues à offrir), montre dans son dossier Sortir du piège de la bagnole que toutes les stratégies actuelles visent à sa prolongation, sans aucun bénéfice environnemental.  Tout cela est également montré dans l’exposition.

Sur un sujet très proche : 

Paris, une ville piégée par ses illusions technicistes (Julien Demade) 2015.
« Aux environs de 2020 il y aura plus de déplacements à vélo qu’en auto dans Paris, même si on ne fait rien. » – « Sous moins de dix ans, (le vélo) assurera plus de déplacements que la voiture. »

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4 réflexions au sujet de “La fin de la voiture approôoche ! ”

  1. Merci Isabelle ! Vous trouverez aussi au Musée des arts et métiers, la voiture du tramway hippomobile d’Alphonse Loubat, inventeur du tramway en Europe (et ancien maire de Sèvres.)

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  2. L’ADEME a ainsi lancé l’extrême défi (XD), une démarche collective en compétition, dont l’objectif est d’imaginer, prototyper et produire de nouveaux véhicules intermédiaires entre le vélo et la voiture, sobres et efficaces, durables, simples et peu coûteux, remplaçant la voiture pour les déplacements et la logistique du quotidien dans des territoires périurbains et ruraux.
    Quelques présentations de prototypes le 21 et 22 janvier au Musée des Arts & Métiers 60, rue Réaumur 75003 Paris. Puis conférence les 7 et 8 février à la Cité des Sciences et de l’Industrie, 75019 Paris.

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  3. Cela semble très intéressant. Dommage, pour le coup, que je sois loin de Paris. Comme je m’intéresse à la fois aux problématiques actuelles de mobilité et aux voitures anciennes, j’aime bien quand se croisent un regard historique et un regard critique sur l’objet automobile.
    Je suis tout à fait d’accord avec la phrase suivante : « toutes les stratégies actuelles visent à sa prolongation, sans aucun bénéfice environnemental ». C’est très vrai, en particulier, pour les mesures présentées comme « écologiques » qui forcent à renouveler le parc, sans jamais remettre en cause la place et l’usage de l’automobile.

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