Le GRACQ, comme (le) MDB, a fêté ses 50 ans cette année. L’un comme l’autre sont nés dans leur capitale, puis ont essaimé. Les deux ont fêté leur naissance et leur grand âge comme s’ils n’avaient pas de fondateur (Jacques Essel à Paris, Jacques Dekoster à Bruxelles) ni des membres de l’époque encore actifs.
Paris a très partiellement rattrapé le coup grâce à la présence, non prévue au départ, d’anciens militants et présidents. Ils se sont exprimés brièvement et ce fut très passionnant.
▶️ Voir le récit de la soirée du MDB : A Paris un anniversaire qui faillit oublier les 50 ans passés
Bruxelles vient de publier un opuscule, qui devrait être suivi d’un livre.
▶️ Voici Naissance d’un mouvement cycliste (pdf), par Bernard Dehaye, président d’honneur du GRACQ, devenu Avello.
L’histoire démarre bien avant le GRACQ ! Dès 1950, des milliers de cyclistes venus de tous les coins du pays manifestent en masse dans Bruxelles, à l’initiative de la Ligue Vélocipédique Belge, puis d’autres manifestations sont organisées dans les autres villes dans les années qui suivirent. Manque de chance, en 1958 ils ont l’Expo 58 à la gloire du tout-automobile, et c’est reparti. N’en jetez plus, c’est pire qu’à Paris, l’Europe et l’OTAN s’en mêlent … jusqu’à ce que, en 1972, Jacques Dekoster soit envoyé un an à Eindhoven (Pays-Bas) pour son boulot.
Pour Jacques l’élément déclencheur a été la publication du rapport du club de Rome (rapport Meadows, Les limites de la croissance).
Je vous laisse lire le récit de leurs manifestations … puisque pour Paris personne ne s’y met. On vous raconte ensuite la création du Groupe de Recherche et d’Action des Cyclistes Quotidiens, ça ne prend pas trop de place, ils sont deux au début. Et l’histoire se poursuit sur 44 pages de quasi-dactylographie, avec quelques illustrations. De quoi passer un moment en passionnante compagnie.
A la fin c’est changement de nom à 50 ans, de GRACQ on passe à Avello.


Pour rappel, la Fédération Française de CycloTourisme, vieille de 100 ans, n’a pas non plus le sens des ancêtres.
▶️ Voir La FFCT fête à Paris les Jeux Olympiques, mai à vélo et ses 100 ans.
C’est d’ailleurs la seule des trois qui n’ait pas réussi à changer de nom.
Le 24 juin Avello m’envoie des précisions:
Jacques Dekoster, membre fondateur, a pris la parole lors de cet événement, entouré par ses enfants, et il a profité de ce temps pour mettre à l’honneur toutes les femmes de ces membres fondateurs (dont la sienne) qui ont fait beaucoup pour la cause cycliste, malgré une présence souvent dans l’ombre de leurs maris/compagnons. Les membres fondateurs du GRACQ ont également été explicitement remerciés et applaudis lors du discours de départ fait par la directrice de l’association. De nombreux « anciens » comme Guy Egerickx, ou Marina De Ridder étaient présents tout du long et ont fait partie de la fête, chaleureusement entourés par d’autres membres plus récents.
Toutes choses qu’on croit volontiers sur paroles !




Merci, Isabelle, tu as bien raison de parler des fondateurs, des anciens. Bien souvent, en effet, j’ai l’impression que les jeunes adultes actuels n’ont plus la mémoire des anciens, la reconnaissance et le respect, l’utilisation de leur savoir, dans beaucoup d’associations, pas seulement cyclistes.
Merci pour ta continuité, tes recherches, ton suivi, bravo bravo!
Je l’ai observé dans des associations beaucoup moins anciennes.
Quand je suis arrivé en 2007 dans l’association locale à Besançon, j’ai passé des heures à écouter des anciens (qui n’étaient pas forcément âgés, mais qui étaient dans l’association depuis sa création en 1990) afin de connaître l’histoire (manifestations passées, historiques des revendications et des demandes à la ville…).
Mais quand moi je suis parti, ceux qui m’ont succédé n’ont pas fait ce travail du tout. L’association a fait des choses très bien depuis, mais elle est totalement (ou presque) amnésique. J’ai vu l’association critiquer des réalisations de la ville, alors que celles-ci respectaient à la lettre des anciennes demandes de l’association qui dataient d’avant moi.
Ceci dit, c’est pareil au sein des services de la ville. Il m’est arrivé d’indiquer à des techniciens que des choses promises à l’association en réunion au service voirie-mobilité n’avaient jamais été réalisées, et ils n’étaient au courant ni de la demande ni de la promesse.
Le renouvellement sans transmission des informations conduit aussi à l’oubli de dossiers et autres documents au fond des armoires, de matériel au fond du garage, etc.