Trophée KIDAM: Journée fabuleuse et historique, avant écroulement ?

A. BanoiTrophée KIDAM, la journée de dimanche 29 mai 2016 fut FABULEUSE et HISTORIQUE, nous rapporte-t-on, après avoir vu ce que nous avions publié sur la journée du samedi. Mais le marché du vélo couché s’effondre, nous explique Dominique Perruchon, vice-président de France-HPV. C’est même tout le « musculaire » qui perd du terrain …

Comme quoi il ne faut jamais renoncer à venir à la Cipale même avec une météo incertaine. Ce dimanche aura apporté des bouleversements au classement général et à l’histoire du Trophée KIDAM.
Rappelons que la veille s’étaient déroulées des épreuves de 1000 mètres, départ arrêté, 200 mètres départ lancé, et de courses de l’heure. Les résultats étaient donnés dans le tableau ci-dessous, publié dans l’agenda.

premiers résultats

On peut y voir (parait-il) que l’ancien record absolu détenu par Philippe DUSSART avec 1’06″40, depuis 2001 sur PULSAR 2, est tombé (tombé pulvérisé) !

Philippe sur vélo en bambou 2 vélomobiles 2 vélocouchés

1 trotinette

Bandeau KIDAM

60 km/heure ? Vous rêvez, voyons …
Dimanche Jean-Charles Gosselin, qui n’avait pu faire son Kilomètre départ arrêté samedi, s’est crédité du nouveau meilleur temps KIDAM historique absolu avec 1’05’’ 35 aux commandes du NILGO 2. 1 minute pour faire 1 km, ça fait 60 km en une heure, directement, sans pouvoir accélérer puisqu’il s’agit d’un départ arrêté.  Notons que toutes les longues et véloces exhibitions de Jean-Charles, au fil de ce dimanche, n’ont jamais été en dessous de 60 km/h…JC Gosselin départ

A. Banoi

Erreur de légende. C’est bien NILGO2 que j’aurais du écrire.

Autre exploit : Alexandre Bangnoi, sur skateboard, a réalisé le même Kilomètre départ arrêté en 2’ 23’’ 40 et plus de 22 km parcourus sur sa tentative de l’heure…

Curiosité technique au KIDAM 2016

Regardez bien les roues du Skatebord d’Alexandre Bangnoi, désormais plus personne ne pourra rire sur l’invention de la roue carrée.

roue carrée

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Quelle vocation pour ces épreuves? ——————
La légende du Trophée KIDAM continue, c’est les organisateurs qui le disent, bien que la vocation du Kidam, mobilisation des écoles techniques et de leurs prototypes, ne soit plus d’actualité. Ils l’expliquent :

Le Trophée KIDAM est sous l’influence des évolutions du monde, qui est celle du modelage des subconscients par les médias et aussi celle de la baisse des pouvoir d’achats.

Fin du musculaire ?
Les écoles d’ingénieur ont abandonné leurs projets d’énergie musculaire, dont l’image s’est entachée de dopage et de tricherie motorisée, au profit du solaire ou de mécanique à haut rendement, plus capables de leur servir de faire-valoir en correspondant aux attentes du public, cérébralement malaxé à la mode télévisuelle.

Fin des vélos couchés ???
Le désir d’acquisition d’un VPH performant, mais prioritairement ludique, s’estompe devant la réalité du budget à y consacrer. Les revendeurs de vélos couchés souffrent et même des marques disparaissent. Le marché du vélomobile (couché, caréné) conserve une place fragile en devenant le support ambulant de publicités.
Le client du vélo couché d’hier est devenu celui du vélo cargo ou pliant, plus adapté aux obligations d’emmener ses enfants à l’école, aller au travail, ou réaliser le nécessaire d’un quotidien ou l’économie prime chaque année d’avantage.
Sauf exception, les plus jeunes pratiquants du vélo couché ou des vélomobiles ont maintenant 40 ans… Le salon de Germeshein (SPEZI) est, à ce titre, une bonne photographie de l’évolution du marché de la machine à propulsion humaine, majoritairement devenu celui du trike (couché, 3 roues) destiné à la clientèle du 3ème âge.
C’est pour tenir compte de ces réalités et ne pas s’enfermer sur un écroulement que France-HPV a modifié ses statuts en 2014. L’association a décidé de s’ouvrir encore davantage à tous les aspects de la propulsion humaine (jusqu’aux outillages) et même les assistances et transports à haut rendement énergétique (Hector Delta, Transport par câbles, etc).
Le Trophée Kidam, quant à lui, s’est ouvert à la mise en avant de la propulsion humaine telle que dans la réalité du monde réel, puisqu’il accueille les vélos pliants, les vélos cargo, les skateboards, les trottinettes, sans oublier les véhicules de l’handisport.

Voici, et très sommairement, le comment du pourquoi les écoles d’ingénieur n’ont pas joué au vélo couché et au Trophée KIDAM en 2016.

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3 thoughts on “Trophée KIDAM: Journée fabuleuse et historique, avant écroulement ?

  1. Certes il y avait cette année moins de concurrents à vélo couché, mais de là à conclure à la « fin des vélos couchés » ou au fait que « le marché du vélo couché s’effondre », je ne vois pas le rapport… L’immense majorité des adeptes de vélo couché n’est pas attirée par la compétition, on peut le regretter mais c’est un fait ! Malgré tout, les pratiquants de vélo couché sont de plus en plus nombreux, mais ils recherchent avant tout le confort et le plaisir, ou s’intéressent à la randonnée, au voyage à vélo, au sport-santé, et n’ont pour la plupart pas l’esprit de compétition.
    Les vélos cargo et vélos pliants répondent à des besoins différents ou complémentaires, mais n’empêchent pas le vélo couché de se développer.
    Si la moyenne d’âge des acheteurs de vélos couchés neufs est assez élevée, c’est essentiellement pour des raisons de pouvoir d’achat, et accessoirement parce que les soucis de santé sont statistiquement plus présents au fur et à mesure qu’on avance en âge… Les jeunes s’équipent aussi, mais se tournent plus souvent vers le marché de l’occasion. Le fait que l’âge moyen d’un acheteur de voiture neuve en France soit supérieur à 55 ans signifie-t-il la fin de la voiture ?
    Les marques qui disparaissent sont des marques artisanales ciblées sur des produits d’exception destinés essentiellement à un usage sportif ou à la compétition, ou dans un cas, une marque qui n’a pas su prendre le tournant du trike. Et pendant qu’elles disparaissent, d’autres apparaissent ou grandissent… Si on fait encore le parallèle avec la voiture, combien de marques ont déjà disparu… sans pour autant que ça soit la fin de la bagnole !

    • Tout à fait Philippe, le vélo couché a toujours de nombreux adeptes mais plutôt dans la catégorie cyclotourisme en effet.
      Heureux utilisateur de plusieurs vélos couchés (pour les voyages), j’ai également un pliable (pour la ville et les TC) et un VTT (pour le « hors route »).
      C’est bien l’avantage du vélo que de permettre, grâce à un encombrement limité et un budget raisonnable (en tenant compte du marché de l’occasion et des solutions proposées en atelier participatif), de donner la possibilité de posséder plusieurs machines en fonction des usages. J’ajouterai qu’un vélo cargo ferait certainement partie de ma panoplie si j’avais encore des enfants à conduire à l’école… Tout ceci étant très largement financé par l’absence de voiture… Viva la bicicletta !

  2. J’ajouterai en ce qui concerne le Vélomobile, magnifique engin s’il en est, que son prix et son côté exclusif le condamnera certainement encore longtemps à la confidentialité.
    Son domaine de prédilection me semble être surtout le trajet pendulaire tous temps, mais encore faudrait-il que les infrastructures rendent son utilisation attractive (sécurité, capacité à rouler à bonne allure avec peu d’arrêts…). Donc pour la France on a encore le temps…
    Pour un usage de loisir, il s’agit vraiment d’un jouet réservé aux classes aisées, surtout si Madame et Monsieur y prennent goût tous les deux, ou alors il faut rouler vraiment beaucoup pour l’amortir….

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