Ces cyclistes devraient attendre 5 tours avant de traverser. Pourquoi une telle discrimination ?

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Voici la grande saga des feux rouges !

Les systèmes de feux mal conçus provoquent de tels désagréments qu’ils sont forcément franchis à contre-temps. Exemples en proche banlieue parisienne

Quand vous roulez dans une contre-allée et que les feux vous arrêtent alors qu’ils sont verts pour les piétons, vous vous posez des questions. Quand vous constatez que vous ne passez qu’après tout un cycle, soit vous observez, soit vous décidez vous-même quand vous pouvez passer. J’ai fait les deux.

Premier carrefour, 5 phases

J’ai un feu rouge pendant que le feu est vert pour les piétons; il reste rouge quand celui des piétons passe au rouge, puis nous sommes synchrones pour le vert comme pour le rouge.
Ensuite rebelote, début en vert piétons – rouge vélos, laissant passer une auto, en provenance sans doute de la route principale en tournant à gauche ou à droite.

Le cycliste passe 1 fois quand le piéton passe 3 fois, le tout sur 5 phases.

Petite explication provisoire, le passage piétons continue sur la chaussée et se respecte, le couloir vélo s’arrête et ne pourrait donc être respecté. Le vélo est un véhicule, et il le paye.

Deuxième carrefour, 5 phases et une contradiction

Même configuration, vert piétons et rouge vélos, avec en plus des panneaux de police disant le contraire : Cédez le passage veut dire que je peux passer si la voie est libre. Feu vert très court, le feu est déjà rouge pour les piétons.

Vélo et piéton passent une fois chacun, mais pas en même temps. Ils pourraient passer chacun deux fois.

Troisième carrefour, un dispositif trompeur et 2 feux

Plus loin, le long de l’arrière de l’ensemble de Meudon-la-Forêt, ça roule … sauf que … c’est également vert pour les autos, qui ne voient qu’une voie donnant accès à l’autoroute, un peu plus bas… et que les chevrons sur le sol auraient dû vous rendre méfiant.

Le réseau cycliste est indépendant du réseau pour les motorisés, et sa continuité ne s’obtient que par un feu à poussoir. Ce petit rond-point est un faux rond-point, que par deux fois déjà j’ai pris pour un rond-point… avec accident évité d’extrême justesse.

Poussoir pour prier qu’on nous laisse passer

Mais plus bas … retour au côté initial sans aucun feu ni danger. L’organisation des voies, leurs emplacements respectifs ainsi que la position et l’angle de la traversée offrent une vue parfaitement dégagée, à gauche puis à droite, sans qu’aucun feu n’ait été jugé utile. Ceci est une partie de l’enseignement de mon petit reportage. 

Dans de nombreux cas les cyclistes devraient être traités comme les piétons, et pas comme un véhicule. Un exemple en illustration, pour un carrefour chargé en pleine villeJ’aimerais bien qu’on l’expérimente en vrai.

  1. Embouteillage inévitable, tout le monde gêne tout le monde
  2. Motorisés seuls, axe 1. Le carrefour se vide rapidement
  3. Motorisés seuls, axe 2. Le carrefour se vide rapidement
  4. Piétons et cyclistes seuls, axes 1 et 2 à la fois. Fluidité, pas de gêne, le carrefour se vide rapidement.

On peut aussi alterner les modes actifs entre chaque phase de modes motorisés. Il faudrait tester. On pourrait peut-être aussi compléter par un petit rond-point central semi-franchissable. A voir.

Déjà en novembre 2018 le Cerema proposait une journée d’échanges sous le titre « Carrefours à feux : vers de nouvelles pratiques pour une ville des mobilités actives! » dont l’essentiel du programme avait porté sur la suppression des feux ! Mon troisième exemple en est une bonne illustration. On ne peut pas le faire n’importe comment, bien sûr, ni n’importe où. Mon compte-rendu d’alors le montrait aussi, et comporte une illustration de carrefour à deux phases avec certains de ses inconvénients, notamment sur les conflits créés et donc sur la sécurité … auxquels j’ai ajouté ici la création des embouteillages.

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Sam Nantes
5 mois

Ton article sur les feux m’évoque les stops et le dévoiement de l’article R415-14. À Port Bourgenay en Vendée les cyclistes rencontrent 10 stops en 1,65 km. Ils les traitent donc comme un cédez le passage. Plus loin, aux Sables, on trouve des stops devant des parkings ou des impasses. Oui c’est une eurovélo…

Adrien
4 mois
En réponse à  Sam Nantes

Il y a pas mal de voies vertes, y compris sur des itinéraires Eurovélo, où l’usage des stop est totalement abusif comme ça.

Je me souviens de l’avoir remarqué sur celle qui relie Chalon à Mâcon. Des stop pour croiser des accès riverains (un chemin qui, à droite de la voie verte, s’arrête au bout de 10 mètres sur la grille d’entrée d’une seule petite maison) ou encore des chemins de terre.

Quelque part, sur la Via Rhona entre la Suisse et Lyon, j’avais aussi vu un stop très amusant, avec une ligne d’effet bien matérialisée, pour céder le passage à un chemin de terre qui ne croisait pas la piste cyclable, mais permettait à un engin d’y entrer car elle semblait être le seul itinéraire pour sortir de la forêt (elle n’était donc pas légalement à cet endroit une piste cyclable, mais une voie partagée… avec probablement un tracteur par semaine…). Mais la blague, c’est que si un cycliste respectait le stop et s’arrêtait derrière la ligne d’effet, il restait la moitié de la largeur de la piste cyclable pour que le tracteur le croise. Rappelons que certains engins forestiers sont gros ! Évidemment, dans la pratique, le conducteur d’un tel engin a tout intérêt à laisser les cyclistes griller le stop et lui dégager le passage !

Dehousse
5 mois

Chère Isabelle, il ne faut pas oublier qu’en plus, la durée des feux est variable, comme avec le système Gertrude qui gère la temporisation des feux a Bordeaux. En l’absence de voiture repérée a mes côtés, le rouge a duré près de 2 min, et le vert 6 secondes bien comptées car Gertrude ne reconnait pas les cyclistes.

Adrien
4 mois

À propos de la phrase « Même configuration, vert piétons et rouge vélos, avec en plus des panneaux de police disant le contraire : Cédez le passage veut dire que je peux passer si la voie est libre. ».

Oui, mais selon le code de la route, les panneaux fixés au mat d’un feu ne s’appliquent que dans le cas où ceux-ci sont éteints (pour une raison technique ou autre). C’est à ça qu’ils servent. Ils définissent un régime de priorité « par défaut » lorsque les feux ne fonctionnent pas.

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