Un observatoire des EDPm

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par | Mai 29, 2024 | En bref | 0 commentaires

Giroroues, giropodes, hoverboards, skates et trottinettes à batterie … après les avoir favorisés (notamment en les mettant dans les pistes cyclables) le Gouvernement se demande maintenant qui sont leurs usagers et comment ils se tuent. On sait déjà que ces engins servent un peu en lien avec d’autres modes de transport, et … que pour les accidents ils sont des champions.
Information issue de Actu-environnement le 28 mai 24.

Le communiqué précise que cet observatoire est une des concrétisations du plan national pour « mieux réguler efficacement »1Décidément les services du Gouvernement ne savent pas écrire en français les trottinettes électriques. Il poursuit :

En complément des modes actifs et des transports en commun, les trottinettes électriques complètenti2lfaut leur payer des formations le bouquet de services de mobilité durables3des services durables?des ménages, répondant ainsi au défi de la transition écologique.

Un plan de régulation a été annoncé le 29 mars 2023 afin de mieux encadrer l’usage des trottinettes électriques qui s’est largement démocratisé ces dernières années : 

  • 1.  Protéger, dissuader et éviter les comportements dangereux ; 
  • 2 Sensibiliser et évaluer les usages ;
  • 3 Responsabiliser les acteurs et offrir des services de trottinettes électriques en libre-service de qualité, durables et sûrs dans les villes.  

Ce plan s’est concrétisé par un relèvement de l’âge minimal d’utilisation d’une trottinette électrique et de tout autre EDPM à 14 ans et un renforcement des sanctions en cas de non-respect des règles de circulation en EDPM (décret du 31 août 2023).  

Quatre campagnes nationales de sensibilisation aux règles de circulation applicables en EDPM et en vélos » ont en outre été conduites en 2023.

Communiqué du 27 mai 24

Cet observatoire portera le nom de Observatoire des micro-mobilités, et réunira les publications scientifiques et les données disponibles sur l’usage, les accidents et leur impact environnemental, qu’ils soient en libre-service ou non. Il a vocation de réunir les opérateurs de micromobilité et les représentants des collectivités locales, c’est à dire les lobbyistes et les communes.

L’observatoire intègre déjà les résultats d’une première étude, financée par l’ADEME, sur l’usage de la micro-mobilité. Les premières données réunies sont :

  • 2,5 millions de Français sont propriétaires d’un EDPM contre 640 000 en 2020, soit une progression de + 290 % en quatre ans. Comprendre : s’il y a des problèmes les entreprises de trottinettes en libre service ne sont pas les seules concernées.
  • 59 villes françaises disposent d’un service de trottinettes en libre-service, ce qui représente une flotte de 22 500 trottinettes sur le territoire métropolitain et 1 million de trajets par mois. Rappelons que Paris n’en a plus depuis 2023. Le baromètre de la mobilité partagée, publié par Fluctuo pour les opérateurs, estimait que 2 millions de trajets en 2020 en trottinettes électriques de location avaient été réalisés en France et 3 millions en 2022. Des données contradictoires, donc.
  • Ce développement des trottinettes s’accompagne d’une augmentation des accidents, ce qui ne surprend pas : 643 utilisateurs d’EDPM ont été gravement blessés en 2023, et 42 utilisateurs ont eu un accident mortel.
  • 1/5ème des déplacements réalisés en une trottinette électrique sont inter-modaux, en combinaison avec des transports en commun dans 62 % des cas. Dans les territoires périurbains, la trottinette électrique personnelle est aussi utilisée en intermodalité avec l’automobile, par 11 % des répondants. Il s’agit probablement de rejoindre un point de co-voiturage.

Pour que ces données soient parlantes il aurait été nécessaire de les comparer avec celles d’autres véhicules et de la marche. Je n’ai que ceci : 42 accidents mortels en EDPM contre 226 décès de cyclistes sur la route en 2023. Mais on ne sait pas grand’chose du trafic cycliste…
Pour être sûrs que ces trottinettes « répondent ainsi au défi de la transition écologique » il faudrait savoir ce qu’elles remplacent : Marche et-ou vélo ? alors c’est perdant. Automobile, en combinaison avec un transport public ? alors c’est mieux. Dans tous les cas, en revanche, c’est continuer dans la mobilité passive.

Sur les accidents de vélo Vélo&Territoires s’ait posé à peu près la même question :

Les accidents collectés par l’ONISR ne prennent en compte qu’une partie des accidents à vélo, à savoir les cyclistes tués ou gravement blessés. De la même manière, les chiffres de fréquentation du vélo ne reflètent qu’une fraction du trafic réel

Vélo@territoires, Accidentologie vélo : mise en perspective des données, 21 février 2024.

Les chiffres montrent qu’il y a bien plus d’accidents en vélo qu’en EPDM, mais je vous laisse lire l’article, ce sera plus sûr. Quelques éléments de réponse vont se trouver dans l’article 6 questions sur les conséquences des mobilités en libre-service, de Hans Kremers, publié en octobre 2022. Je cite :

L’Allemagne annonce pour la Trottinette électrique 5,5 accidents par million de km contre 1,2 pour les vélos. La Norvège va plus loin avec respectivement 89 et 8 accidents4toujours rapporté au nombre de kilomètres.

Hans Kremers, octobre 2022

Il est fiable et désintéressé.

On peut lire également :
Trottinettes, la France se trahit. 4 décembre 2019.

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