4eme baromètre du vélo : en profiter n’est pas si facile que ça

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par | Mar 26, 2025 | Réflexions | 4 commentaires

La 4eme édition du Baromètre vélo, créé et animé par la Fub, a commencé. Elle a pour objet, territoire par territoire, d’enregistrer le ressenti des citoyens, qu’ils soient cyclistes ou pas, sur la qualité des rues pour les cyclistes.

Les questions changent peu d’une fois sur l’autre, afin que les évolutions puissent être vues. 

Normalement cela sert aux responsables politiques pour savoir ce qu’il y a de plus urgent à faire. Pourtant si les citoyens savent où ils perçoivent du danger, ils ne savent pas où il y a des accidents. La réalité est souvent contre-intuitive. Le baromètre mesure la perception des cyclistes sur la sécurité, le confort, les services autour du vélo et l’engagement des collectivités, pas complètement la réalité.

Alors dire que les résultats pèseront sur les élections municipales de mars 2026 en permettant d’objectiver les besoins, peut-être est-ce vrai; que cela puisse alimenter le débat public cela est beaucoup plus sûr, mais que ce soit grâce à une vision claire des attentes citoyennes, ça je ne le crois pas. D’abord ce ne sont guère que des cyclistes qui vont répondre, et ce sera surtout les plus râleurs, et en plus Il faudra traduire. Pourquoi disent-ils qu’ici c’est dangereux ? 

D’ailleurs la multiplicité des points rouges (danger) ne fait finalement que rappeler ce que l’équipe municipale sait déjà, à moins de s’en moquer totalement, ce qui peut bien sûr exister. Et seulement les 3 points « les plus dangereux » dans une capitale, c’est un peu hasardeux. La multiplicité des points bleus pour stationnement souhaité de même, on sait bien, si on s’y intéresse, que le stationnement est un énorme problème. 

Illustration du document de la Fub

Ceci dit le rôle joué par ce baromètre est plus important qu’il n’en a l’air. Il permet aussi de mesurer l’intérêt pour le vélo, comme l’exprime la Fub :  

  • En 2017 les 113 000 réponses ont permis de dresser un premier état des lieux national, marquant le début d’un outil structurant pour le plaidoyer sur le vélo.
  • En 2019 les 185 000 réponses ont aidé les collectivités à prendre conscience du besoin d’infrastructures adaptées,
  • En 2021 avec 277 000 réponses on a atteint  un record de participation, correspondant à 1620 communes, renforcé par l’essor du vélo post-COVID. 

Et en 2025 nous nous trouvons à l’approche des élections municipales de mars 2026, une époque où le vélo est devenu un enjeu majeur des politiques de mobilité. Les résultats permettront aux associations, aux habitants et aux médias de poser les bonnes questions aux candidates :

  • Quelle place pour le vélo dans votre programme ?
  • Quels financements pour les infrastructures cyclables ?
  • Quels engagements pour une ville plus sûre et accessible à vélo ?

Espérons que l’Etat lui aussi prendra la mesure du phénomène. 

Les questions sont réparties en 5 catégories :

1. Ressenti général : quelle est la place du vélo dans la commune ?
2. Sécurité : les aménagements permettent-ils de circuler sereinement ?
3. Confort : l’infrastructure et l’entretien du réseau sont-ils satisfaisants ?
4. Services : l’offre de stationnement, location ou réparation est-elle suffisante ?
5. Engagement politique : la collectivité agit-elle en faveur du vélo ?

Chaque question est notée de 1 (très mauvais) à 6 (excellent), permettant d’établir une note globale reflétant le climat concernant le vélo dans chaque commune.

Une commune doit recueillir un minimum de 50 réponses pour apparaître dans le classement national, sauf pour la catégorie « Bourgs et villages », où le seuil est fixé à 30 réponses.

Au 11 mars il y avait déjà 49 420 contributions, le 23 à l’heure du déjeuner il y en avait 86 928, deux jours plus tard vers 11h30 on était à 89 071, ce qui, à la même vitesse, donnerait un résultat inférieur à 260 000 contributions (et moins de contributeurs), en dessous des deux dernières éditions. Serait-ce un malheur ? Pas forcément, la politique du chiffre a beaucoup d’effets pervers.

L’enquête est ouverte depuis le 28 février et le restera jusqu’au 2 juin. Elle dure donc environ 3 mois, dont il reste un peu plus des deux tiers.

jusqu’au 2 juin

Y répondre demande d’y réfléchir, mais est techniquement très facile. Et si vous le faites en plusieurs fois, vous aurez un marque-page !  Surtout agrandissez le plan au maximum, cela donnera plus de précisions à vos localisations de danger ou de stationnement demandé. En cas d’erreur vous pouvez mettre votre point à la poubelle et recommencer. Les questions posent parfois problème aussi, et peuvent amener à répondre un peu n’importe quoi, mais ça c’est le propre de tous les questionnaires.

En revanche, si vous répondez sur une commune qui n’est pas la votre, par exemple que vous traversez assez souvent, vous allez répondre n’importe quoi aux questions générales parce que vous n’en savez rien, et que vous voulez en finir au plus vite. Vous allez vous focaliser sur les plans, en particulier pour signaler les carrefours dangereux ou autre. Ma parade est de tout voter « au milieu » et de passer à mes sites au plus vite. Même comme ça, si vous ne connaissez pas parfaitement les lieux, cela ne va pas être facile, notamment parce que les pistes cyclables ne sont pas formellement identifiées sur les cartes et qu’en général vous ne connaissez pas le nom des rues.

Cette enquête est aujourd’hui la plus grande consultation citoyenne au monde sur les conditions de circulation à vélo, selon la Fub. Hans Kremers signalait en 2020 que, par rapport à ce qu’ont fait l’Allemagne et les Pays-Bas, cette enquête « l’emporte sur certains aspects, mais moins sur la qualité de ce qui est évalué. » Il parle en particulier de la cartographie collaborative, qu’il juge, comme moi, globalement peu crédible.


Mais il ajoutait que la France l’emportait largement pour le nombre de réponses rapporté au nombre d’habitants : 1 réponse pour 363 habitants en France, 1/386 aux Pays-Bas et 1/487 en Allemagne. 
Ces différentes appréciations seront actualisées au vu des résultats de la présente édition. Suivez-nous !


  • Baromètre des villes cyclables : une mine d’informations, mars 2017
  • Classements de villes pro-vélo : êtes-vous pour la forme ou pour le fond ? Février 2018 . Peinture ou dorure?

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Meroth
9 mois

Une fois de plus, article posé, réfléchi. Et une fois de plus je suis du même avis. Travaillant dans une collectivité territoriale depuis peu, je me suis posé la question de la pertinence à relayer le Baromètre. Justement pour les raisons évoquées. Et puis finalement, je l’ai malgré tout mis en avant. Ne serait-ce que pour que la cause du vélo soit mise en avant.

Finalement, plus de 330 000 réponses (2700 communes).

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