A Freiburg, intégration poussée des modes de déplacement

Freiburg im Breisgau, Allemagne, toute proche de Bâle et de Strasbourg, est une petite ville universitaire et ancienne. Son centre-ville est largement piétonnier et les vélos sont partout.

Pas plus qu’à Bâle, pourtant, nous n’avons vu beaucoup de pistes cyclables. Là aussi c’est plutôt rue à priorité cycliste et bande cyclable, et comme à Bâle mais en plus visible, de grands axes terribles, ici de chaque côté de la rivière, c’est-à-dire en plein centre ! En contre-bas cependant on a fini par ménager une piste cyclable de chaque côté, et des pelouses. Ailleurs, on vit au calme.

Du tram au train

Ce qui m’a frappée à Freiburg plus qu’à Bâle encore, c’est l’intégration systématique des modes de déplacements. Vous sortez de la gare, sur la passerelle s’arrêtent les tramways. En haut de votre escalier les indications pour le tram, et pour ceux qui en sortent les indications pour les trains.

Du tram au train il n’y a qu’un pas

Du vélo au train

Les horaires sont affichés en gare, comme chez nous autrefois, sur de grands panneaux imprimés. Si le vélo est interdit, cela est indiqué. La plupart des trains acceptent les vélos, contre redevance.

Du train et du tram au vélo

La vélostation se trouve en contre-bas, entre cette passerelle et une autre, réservée aux piétons et cyclistes. Curieusement d’ailleurs elle est mal indiquée et bien que j’en connaisse l’existence nous ne l’avions pas trouvée ! On y trouve au rez-de-chaussée un grand garage à vélos, et au-dessus des bureaux d’organismes en lien avec le vélo et un restaurant fort agréable. 

Tram, voyageurs, cyclistes, autos, au même endroit mais pas en même temps !

L’intégration des modes va avec la rue à priorité cycliste qui accueille en son centre un tramway dont les quais sont les trottoirs. Lorsque le tram arrive, des feux bloquent toute circulation pour faire place à la montée et à la descente des voyageurs. Résultat cet axe est modérément circulé alors qu’autrement il serait un grand axe. 

En plein entre-ville nous avons été fascinés par le ballet des tramways en tous sens, mêlé à celui des piétons et des cyclistes. Une seule règle, l’ordre des priorités. Le tramway en premier, les piétons ensuite, les cyclistes en dernier. Tout est lent, tout passe. 

On ne « partage » pas, on organise !

Le quartier Vauban

Nous avons été voir le célèbre quartier Vauban, qui fut un modèle marquant lors de sa construction. Venelles et rues empêchent de passer en auto, quelques parkings en édifice sont à disposition en périphérie, et le tram traverse le quartier d’un bout à l’autre en lien avec le centre-ville situé à 2 km. Des garages collectifs pour les vélos devant chaque immeuble, les maisons ont toutes un abri à vélos. révolutionnaire à l’époque, ce quartier mythique ne nous a pas autant frappés qu’alors. ses concepts se sont peut-être un peu banalisés, et la convivialité recherchée alors, notamment par des espaces publics laissés à l’état de brouillon, en cette très chaude période de vacances, ne semblait pas aussi vivante qu’espéré. 

Pour revenir au centre-ville nous avons négligé la grand’route bordée de bandes cyclables. L’itinéraire bien indiqué par des rues secondaires nous a menés à bon port. Un peu pentu, moins direct, il était pourtant visiblement le choix préférentiel de nombreux cyclistes. Très peu aménagé il était certainement organisé afin qu’il n’y ait que très peu d’automobiles. Les sens interdits aux autos peuvent faire des miracles! 

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2 réflexions au sujet de “A Freiburg, intégration poussée des modes de déplacement”

  1. Merci pour cet article sur une ville que je connais bien et que j’ai eu plusieurs fois un grand plaisir à parcourir en tous sens à vélo. Mon dernier passage date de 2013. Il faudrait bien que j’y retourne.
    Il est vrai qu’il n’y a que très peu de pistes mais beaucoup de bandes et d’espaces partagés.
    Par contre, autour de la ville, il y a des pistes (ou des équivalents de nos voies vertes) le long d’un certain nombre de grands axes routiers, ce qui permet de connecter la ville à la majorité des communes proches. Bien évidemment, ces aménagements sont connectés aux aménagements urbains, sans discontinuité.
    Au rayon des surprises (pour nous, Français), on pourrait remarquer l’omniprésence de pavés inconfortables dans le centre ancien (mais c’est joli et ça n’empêche pas les locaux de circuler à vélo) ainsi que l’interdiction des vélos (circulation et stationnement) dans au moins une, voire deux, rues de ce centre, car quand on a 30% (je crois) de part modale vélo, on est obligé parfois de faire des choix radicaux pour laisser de la place aux piétons.

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