Mesurer la pollution, chez soi et en chemin

Lors de l’explosion de l’usine Lubrizol, à Rouen, les capteurs d’ Atmo-Normandie ne captaient rien, paraît-il. Personne n’y croit.
C’est au Havre que j’ai rencontré l’animateur d’un fablab qui fabrique des détecteurs personnels de particules fines avec ses élèves de lycée professionnel. 

En Allemagne l’association Luftdaten met à disposition depuis 2015 la méthode pour se fabriquer son propre détecteur pour pas cher : 7 câbles, 2 serres-câble, et suivre le mode d’emploi. Je ne suis pas certaine que ce soit un jeu d’enfant, mais c’est visiblement à la portée de quiconque a des connaissances en électronique.

Finalement il y a pas mal de groupes actifs en France, à Paris (AirCitizens), Grenoble, Rennes, Brest, Caen, Nantes, Toulouse,  etc. qui fabriquent des appareils de mesure destinés à être utilisés par tout un chacun en station fixe comme en itinérant, à l’intérieur du logement comme au guidon du vélo. 

Les fablabs, la localisation des stations

C’est le miracle des recherches effectuées en open-source (libre utilisation), dans les fablabs. Mises en réseau ces données participent à la transparence des données et aux comparaisons. Elles contribuent à la connaissance des conséquences du trafic routier, à la concentration des particules fines dans les zones éloignées des grands axes, produisant de l’information pour le bien de la communauté. Sur les cartes vous verrez la localisation des stations fixes, et, en faisant défiler l’onglet, en temps réel les PM2.5 et PM10 (voir les définitions sur le site de Respire).
La liste des lieux est sur Lufdaten. La carte y est aussi : Il n’y a de détecteur (à l’extérieur) ni au Havre ni à Rouen, les seules qui y soient sont celles d’Atmo-Normandie. Et sur la carte de Paris on voit qu’il n’y en a pas non plus sur l’ïle de la Cité. 

Des détecteurs personnels

Airparif le fait très bien, pour l’extérieur, mais c’est très cher. Les détecteurs dont nous parlons ne mesurent pas autant de données, mais constatent les mêmes évolutions. On peut aussi avoir recours à des détecteurs du commerce, mais alors on ne peut pas les faire évoluer et les données recueillies nous échappent.

Celui que j’ai vu au Havre chez Julien Ledentu a la taille d’une grande main et est installé dans une boîte transparente. Les détecteurs peuvent aussi bien se nicher dans une bouteille en plastique comme dans un reste de gros tuyau de plomberie… 

Une borne plus compacte est en cours de réalisation. Elle aura des attaches adaptées pour un guidon de vélo.

Dans un appartement il met en évidence que le poêle à bois, fut-il clos, libère beaucoup plus de particules que la cuisine, et sans doute qu’il faut faire le ménage et aérer… Dehors il donne des renseignements précieux sur les rues et carrefours, recoins tranquilles ou incendies. Bientôt sera au point une version pour un vélo. Nous y reviendrons.

Les micro-particules sont cause de troubles des apprentissages

Dans la salle d’hôpital comme dans la salle de classe (auxquelles l’association Respire s’intéresse particulièrement en Ile-de-France) leur rôle est essentiel car c’est là que se développent les maladies infectieuses, mais aussi, et on le sait depuis peu, des autismes, des dyslexies, dysorthographies, dyspraxies ou dyscalculies, tous étant des troubles cognitifs et donc des troubles des apprentissages … D’autres maladies, neurodégénératives en particulier, sont également concernées, par exemple la maladie d’Alzheimer. Toutes ont un lien avec la pollution de l’air. On peut affirmer que la pollution de l’air a de vraies et graves conséquences sur la santé, comme cela est montré dans le blog Vélo, potager et cerveau

Ces détecteurs auraient été bien utiles lors de l’explosion de l’usine Lubrizol, ou lors de l’incendie de Notre-Dame. Ils ne seraient hélas plus d’aucune utilité en Australie.

Pour participer, rendez-vous sur le site Air citizen. C’est en français.

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1 réflexion au sujet de « Mesurer la pollution, chez soi et en chemin »

  1. Cardiopulmonaire, oui ; neurologique, non !
    « Contrairement aux effets cardiovasculaires et pulmonaires de la pollution atmosphérique, les effets neurologiques sont plus méconnus… » thèse citée p.46
    La thèse emploie ensuite à juste titre le conditionnel pour les liens supposés entre particules (et autres pollutions) et Parkinson, sclérose en plaques ou autisme. Parkinson pourrait être en partie provoquée par certains pesticides, mais l’autisme a largement assez de causes psychologiques probables pour ne pas avoir besoin d’explications par la pollution !
    Très bon article sur les instruments de mesure. Bonne année à toi, Isabelle !

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