L’Aisne à la traîne sur la véloroute des pèlerins

A partir de Guise la véloroute de Saint-Jacques continue à être en site propre mais semble oubliée des dieux. L’axe a l’air de réutiliser l’existant à l’aide de médiocres reconditionnements et les directions sont données de façon approximative. Une nouveauté remarquable dans ce domaine est cependant à souligner.

Au-delà de Guise, vers l’ouest puis le sud, le sol n’a pas eu à être ré-inauguré, contrairement à celui de la voie verte de l’Avesnois (voir l’article précédent). Dans le département de l’Aisne il est de la variété la plus traître qu’il soit, fait de gravillons et petits cailloux qui font glisser et tomber les cyclistes qui n’ont pas encore appris à leurs dépends la leçon. D’ailleurs la voie verte est encore souvent qualifiée de voie piétonne, comme sur le panneau de la photo ci-dessous. Il faudra bien refaire tout ça.

 

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Axe vert : pour piétons ou pour brebis ?

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En plus des cailloux et gravillons, la signalisation s’y fait aussi plus « flottante » et si je ne me suis pas égarée c’est sans doute que j’en connais la logique. Pas de panneau veut dire rien à dire, tout droit sans changer de route. Et l’oeil aux aguets pour éviter les pièges ! 

Pourquoi iriez-vous à Moy ? 

La segmentation de l’itinéraire est parfois un peu curieuse. Moy-de-l’Aisne nous a poursuivie alors que nous visions Tergnier, et Abbécourt a tenu lieu de Chauny. Au sud de Ternier, après l’aller-et-retour étrange de et vers le canal, j’ai roulé quelques mètres dans l’herbe sous la route plutôt que de suivre les panneaux sur un circuit tortueux et piégeux. Et puis j’avoue que la route permettant de rejoindre la gare de Noyon mériterait bien quelques accotements sécurisés pour les cyclistes. Tout ceci respire le bricolage.

En revanche il faut absolument saluer les panneaux de repérage disposés aux endroits utiles tout au long de cette traversée de l’Aisne.

Cet itinéraire a été parcouru en une journée et demi, ce qui peut expliquer la concision de mon texte. J’ai pris le train à la gare de Noyon évitant ainsi les difficultés de la région d’Ile-de-France. Dans cette ville je ne trouvais pourtant pas de boulangerie pour m’acheter un casse-croûte … Ville morte déjà ? Pour les deux hébergements ce fut délicat également. Une belle chambre d’un « lodge » dans un camping, au nord de Hirson, mais ni restaurant ni cuisine, et une chambre dans un « hôtel » qui en a le nom sur la façade mais dont la patronne prétend qu’il ne l’a jamais été (pourtant il l’est aussi dans le guide), et qui ne fait ni table d’hôte ni restaurant. Ce fut pizza que le patron est allé chercher, et vin rouge très picrate facturé le prix d’un vin correct. C’est à Mezières sur Oise, au bord du canal, donc … très bien situé. Pour en savoir plus sur l’itinéraire lui-même voir le site de CyclotransEurope 

Cet article fait suite à l’article Voies vertes, la chaussée doit être parfaite qui relate la découverte de la voie verte de l’Avesnois et la demi-journée de présentations des problématiques de revêtement des sols des voies vertes.
Cette journée fut suivie d’un petit périple sur l’EV3 et retour, avec notamment l’inauguration d’un signal (provisoire en attendant) au passage de la frontière. Vous pouvez en voir des photos et quelques explications sur le blog de Dominique Delcroix. (ajout du 23 juin 2022)

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4 réflexions au sujet de “L’Aisne à la traîne sur la véloroute des pèlerins”

  1. Passé par ici en 2021, bien aimé la contrée, tranquille, mais un peu paumé par moments : balises pas vues ? quelques passages dans la boue ! Avec la micheline carte, réussi à rentrer sur Paris et ensuite à la maison : Beau périple tout de même. Extrait : « Nous tombons même sur la fameuse Eurovélo 3, dont le balisage parfois folklorique nous envoie dans un bois boueux à la sortie de Guise. J’aurais mieux fait de suivre ma carte, au lieu de suivre le jeu euro vélo 3. Nous visitons même une pharmacie de Fourmies, lieu d’un célèbre grand prix cycliste. Hirson est passé sans coup férir, et nous posons nos sacoches dans un petit camping le long de l’Oise à Etreaupont, parmi quelques bataves en goguette, après avoir honoré un typique bistrot local. »

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  2. Merci chère Isabelle pour cet article si lucide.
    Pour l’Aisne, l’EV3 et les Pèlerins constitue un atout majeur de développement pérenne à condition de rendre attractif cet itinéraire en mobilisant toutes les énergies.
    Je me souviens d’une mission à Hirson en 2011 avec CyclotransEurope où nous avions été merveilleusement reçus par le Député et le Maire. Dans cette petite ville sinistrée, il restait pour l’accueil des cyclistes itinérants un restaurant et un hôtel…
    Il est plus qu’urgent que la région des Hauts de France monte une gouvernance pour mettre à niveau l’itinéraire (en suivant les conseils d’Isabelle!) et valorise tout ce qui peut l’être dans la bande des 5 km de part et d’autres de la voie cyclable.
    Le ministère de la Transition écologique avec le CEREMA pourrait se joindre à cette opération de survie.

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  3. La partie Guise Proix juste avant Macquigny ne se fait plus sur route mais en site propre tout fraîchement fini d’aménager 🙂 une super partie très agréable !
    Grosso modo la partie Guise Origny Sainte Benoîte est au top sur l’ancienne voie ferrée ! Sauvage ! Nature ! Dépaysante et calme ! Et très roulante au final ! Ma partie préférée du voyage était Hirson Guise !
    Et jusque Compiègne hormis qq flèches manquantes et qq mètres d’itinéraires introuvables à Bethancourt effectivement et bien des voies plutôt praticables et agréables. Quant au guide le mien date de 2014 donc avant de repartir j’ai vérifié que les hébergements étaient tjs existant ! Surtout après 2020/21 et le covid qui a fait des dégâts pour certains établissements !

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    • Bon, en gros vous n’êtes pas d’accord avec moi et on dirait que vous êtes de la maison. Notez que Hirson – Guise, c’est dans l’article d’avant et que de Bethancourt et Compiègne je ne parle pas du tout. Pour l’art de préparer un voyage, merci de vos bons conseils. A mon tour de vous conseiller de lire l’article précédent et ses commentaires.

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