En Ardennes, suite. Une véloroute très attendue

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La nouvelle voie verte du sud des Ardennes a été inaugurée le 3 juin. Elle longe le canal des Ardennes et ses deux extrémités ne sont pas encore faites. Un lien pointe au sud le long de l’Aisne jusqu’à Vouziers. A l’ouest on dépasse Rethel jusqu’à la limite départementale. Au nord, à Pont-à-Bar on rejoint la partie sud de la première voie verte TransArdennes qui va jusqu’à Givet en passant par Charleville, et dont l’ouverture avait complètement bouleversé le paysage mental et économique de la région. Que de progrès en moins de dix ans !

Longer un canal quand on est un Département c’est évidemment la meilleure idée puisqu’on a un accès facile au linéaire. Mais lorsque que ce linéaire passe loin de tout village et qu’en plus il est sans la moindre courbe … cela pose un vrai problème car le visiteur s’y ennuie ferme. 

Tout droit à n’en plus finir, ou tortueux plein de surprises …

  • J1 Est Vouziers – Douziers via Sedan
  • J2 Ouest Douziers – Seuil, à l’Est de Rethel
  • J3 AR Rethel – Blanzy et train à Rethel.
Panneau d’information en bord de voie. N’informe pas sur ce qui n’est pas fini.

C’est ainsi que de Vouziers à Le Chesne je ne fis que du 10 à l’heure et m’ennuyais terriblement. Au retour ce fut moins dur sur ce tronçon car de Voncq à Mongon il y a de nombreuses écluses et donc une pente conséquente dont je n’avais pas pris conscience à l’aller.

Plus au nord cela devient très plaisant, et encore plus haut ce n’est pas encore fait, mais une signalisation de type chantier nous guide très correctement, sauf à la fin où je ne vis ni dans un sens ni dans l’autre le port que nous devions longer (et dû donc rouler sur une RD où je n’enverrais pas des enfants). 

Seule l’AF3V informe sur la réalité, ici les parties non-encore réalisées

Entre deux nous sommes guidés sur la RD 24 qui monte et descend, de façon raisonnable, et se révèle fort intéressante. En bas la petite église de Malmy m’accueillit pour les deux poses du midi, et me reverra. 

Rien à redire… merveilleux !

Les 2 jours suivants je découvris une voie verte plus sinueuse qui traverse divers villages ou villes. Cela devient plaisant et je rencontrais plusieurs personnes bienveillantes qui j’espère se reconnaitront. Un agent de VNF qui allait couper un arbre tombé, une dame à Saint-Etienne les Armes (c’était à J-1) qui me rempli le sac de gâteaux de Reims, et, du côté de Rethel, un sportif soufflant ayant accompagné les filles de Donnez des Elles au vélo pendant 3 jours …

La voie verte intéresse tout le monde, et quand elle devient petite route elle garde son allure de voie verte. Pas besoin de nouveaux concepts, ça fonctionne tout seul.

Les parties si ennuyeuses le seront moins quand les finitions auront été faites. Il n’y a pour l’heure aucune indication de direction, aucune de lieu traversé, et bien sûr pas plus des lieux à visiter, où manger, s’approvisionner ou dormir. Il manque quelques guinguettes, abris et fontaines, des bancs sous les arbres … qu’il va falloir planter en masse. Les maisons éclusières pourraient sans doute servir. Heureusement il y a des panneaux d’information bien faits.
Pour se diriger il faut apercevoir les panneaux réglementaires qui surnagent dans les arbres, quelque fois des marquages au sol (et même des chevrons, qui ne devraient pas servir à ça et qui s’effacent vite), et ne pas trop se fier aux vieux panneaux qui traînent (comme partout en France) ou aux panneaux des écluses puisqu’il arrive qu’il soit inversé depuis le début sans doute !  

Entre marquages provisoires (où tout le monde hésite et se trompe), panneau de maison éclusière confondant la droite et la gauche depuis un siècle … heureusement des panneaux émergent d’entre les arbres.


Pour l’heure deux autres problèmes se profilent. Le premier c’est que, pour cause de sécheresse, le sol se fendille déjà, et le second c’est que chaleur plus eau ça fait végétation envahissante. Le Département des Ardennes a fait preuve d’un grand courage en créant la première voie verte dans la vallée à l’industrie sinistrée. Il fait de même avec grande clair-voyance pour le sud… Espérons que ses efforts ne soient pas anéantis par les aléas climatiques … et un entretien insuffisant.

et avant ?

Je débarquais à la gare de Vitry-le-François, nuit pesante à l’hôtel où j’avais mes habitudes (un changement de gérant change du tout au tout l’atmosphère), puis en route par la voie verte de la Marne. 

De la gare à la Marne en passant par la place d’Armes. Mon hôtel ne figure pas ici.

On en trouve l’accès seulement si on connaît, sentier puis grille de parc … mènent à une piste magnifique parfaitement réalisée, y compris le fléchage. J’ai déjà décrit l’accès à la Ville depuis le canal à l’est : J’ai roulé à vélo de la Lorraine à la Champagne, malgré les autoroutes, article dans lequel je faisais aussi savoir que j’avais inventé les autoroutes à vélo …
Je la quitte bien avant Châlons, déjeune au routier de Notre-Dame de l’Epine, la brasserie de la Basilique (loués soient-ils!) et nuit (de rêve!) à Suipppes, Hôtel de la gare, douche et WC au bout du couloir, souper routier, super étape. Le reste, ça me regarde. 

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LeFred
9 mois

Pendant que les Ardennes s’engagent résolument dans les voies vertes et véloroutes, on continue de s’étonner que l’Aisne voisine en soit encore au stade des projets… Un coup d’œil sur la carte de l’AF3V montre de beaux guillemets. Seule réalisation : l’Eurovélo 3, réalisée il est vrai avec bon nombre d’autres acteurs institutionnels, lesquels ont dû pousser le conseil général (devenu départemental).
Honneur et respect au cycliste qui aura eu l’envie saugrenue de quitter l’EV3 au niveau de Manicamp (Aisne) pour rejoindre Vieux-lès-Asfeld (Ardennes). Car il devra se taper, au mieux des pistes sablonneuses (et là, gare aux transmissions s’il pleut : elles n’aiment guère les projections d’eau et de petits gravillons) voire quelques courtes portions d’asphalte, et, au pire, circuler sur des départementales avec les camions de betterave ou de céréales (selon la saison). Bon, il y a tout de même un avantage : les voies ne sont pas rectilignes, et on ne s’y sent pas vraiment seul. Isabelle devrait apprécier…

Adrien
8 mois

C’est vrai que certains chemins de halage rectilignes qui n’entrent jamais dans les villages sont d’un ennui profond. Surtout lorsqu’il n’y a pas de relief autour et que leur paysage ne permet même pas de savoir dans quelle région on se trouve ! Mais d’un autre côté, ils ont l’avantage de permettre de faire des kilomètres sans réfléchir et sans perdre de temps. Comme les anciennes voies ferrées. Pour moi, sur une étape l’idéal est d’avoir à peu près moitié / moitié entre ces sites propres confortables et efficaces mais chiants, et des parcours jalonnés pleins de surprises.
Dans le genre, j’avais bien aimé l’Avenue Verte de Paris à Dieppe, où on avait un peu de tout (boulevards, grands axes avec bandes cyclables, traversées de parcs, départementales, chemins forestiers ou champêtres… qui permettaient de ne pas s’ennuyer…), puis, au moment où on avait envie de faire des kilomètres et d’arrêter de réfléchir, un grand tronçon de voie verte sur ex-voie ferrée. Je l’avais faite en deux étapes de Paris à Dangu et de Dangu à Dieppe, donc le même scénario se répétait les deux jours, avec un itinéraire varié au début et des kilomètres de voie verte à la fin.

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