Vélos Pratiques, le livre qui pourrait vous rendre autonome

Tout pour entretenir et réparer votre vélo, un bouquin très utile et très bien fait pour les 2/3 de ses pages. Et un gros manque de recul pour le reste. 

Voici un bouquin qui trônera dans les ateliers. Tout ce qui est utile de savoir faire est expliqué très clairement, photos et textes en français de France à l’appui. Vous apprendrez que le changement des patins de freins prend 15 minutes et que c’est facile. Pour les freins hydrauliques ça a l’air aussi simple, comme pour les crevaisons ou ce qui concerne les tubeless. Vous apprendrez aussi comment mettre de l’huile sur la chaîne, et comment raccourcir votre chaîne si vous êtes en fixie. La position sur le vélo, les réglages que vous ne pensiez même pas faire (le jeu de direction, la fourche à ressorts…), le changement de roue libre ou de de cassette, tout ça est facile et prend peu de temps. Par contre dévoiler une roue est indiqué comme étant difficile, heureusement, mais changer un rayon pourrait être faisable (difficulté moyenne).  

La première partie concerne la recherche d’un vélo et de ce qui va avec, et là c’est moins brillant. Certes position et taille sont bien expliqués, quoique cela s’avère un peu compliqué.  Mais déjà ce qui concerne les femmes (taille, selle…) est mis à part dans un petit paragraphe « Et les femmes » qui montre que si des deux auteurs l’un est un homme, c’est bien lui qui occupe le terrain. Pour les types de vélo il n’y a même pas de vélo de voyage. Les règles de circulation et les conseils pour rouler « en toute sécurité « (tu parles !) sont quelque peu approximatives, d’ailleurs des lourdeurs de rédaction pourraient révéler l’embarras des auteurs (voir p. 22). 

Enfin, si je puis dire, le premier chapitre, la première page, même, de ce livre de mécanique simple et pour tous s’ouvre sous le titre de « La sécurité avant tout », et ne recule devant rien. Un-Le casque. Boum, sans le plus petit recul. On lui ajoutera la gapette, ce truc moche qui s’appelle casquette cycliste, et on va même jusqu’à proposer l’airbag cycliste que personne n’a certainement encore acheté. Rien sur les cartes routières ou les guides, heureusement il y a isabelle et le vélo, tout passe par l’électronique. De même les règles pour prendre le train sont expédiées en un paragraphe. Quelques conseils de vêtements, assez superficiels aussi et qui ne vous aideront pas beaucoup, et les adresses … laissez-moi rire ! Quel dommage de risquer de gâcher ainsi un ouvrage aussi pédagogique!

Une solution, et une seule, sautez les 79 premières pages. L’atelier occupe les pages 80 à 175. Sur 191 ça reste valable. Ah, ce syndrome de l’éditeur qui en demande plus pour remplir le livre, alors que l’auteur n’est pas spécialement compétent et qu’il en a marre ! 
>>> Je recommande ce livre de ses pages 80 à 175 ! 

Tana éditions, sept 2021. 22 €
Auteurs : Louise Roussel et Laurent Belando

Louise Roussel a publié chez le même éditeur un livre que je vous ai chaudement recommandé : Le guide du vélo au féminin. Son co-auteur en a publié deux, que j’ai aussi présentés (Vélos nomades dont il a repompé ici des morceaux en entier, voir son texte en illustration, et un autre, celui que j’ai qualifié de « distrayant » et « pouvant s’offrir ».) 

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8 réflexions au sujet de “Vélos Pratiques, le livre qui pourrait vous rendre autonome”

  1. Oui les livres sur le vélo… J’ai lu Vélos nomades, Le guide du vélo au féminin et Pourquoi pas le vélo, dans l’ordre de portée selon moi. Aucun d’eux n’est inintéressant. Mais il y a des erreurs, inexactitudes et manques dans les trois, et une qui les concerne tous : l’ignorance quasi totale de ce que la France a produit comme plus unique, intéressant et abouti en matière de vélo, le mouvement randonneur/cyclotouriste tel qu’il a émergé au début du 20e siècle, a connu son heure de gloire dans les années 30 à 50 puis s’est effiloché. Je trouve cette lacune significative.
    > Chez Stein van Oosteren, cette ignorance se cristallise dans la manière dont il se moque des mitaines, dont il ne comprend pas l’utilité. Elle n’est pas dans la protection contre le froid ou les cloques, mais contre les vibrations lors des longues heures de selle du touriste-randonneur, et en cas de chute pour le coureur.
    Son livre ne portant que sur le vélo utilitaire on peut comprendre, et il a par ailleurs raison de s’offusquer de l’accessoirisation du vélo actuel en France. Mais il ne cherche pas à en savoir plus et ignore la véritable et unique culture française du vélo, et son type de vélo superbement efficace et parfaitement intégré, le mieux adapté au pays qui est le nôtre (ce n’est pas le « omafiets » néerlandais, adapté à un pays plat de petites distances), qui a pourtant bien existé et pourrait à nouveau servir d’inspiration pour une vraie culture du déplacement cycliste en France.
    >> Chez Louise Roussel, les cyclotouristes françaises d’antan ne montrent le bout de leur nez que très indirectement à travers les portraits du livre. Pourtant quoi de plus inclusif et égalitaire que ce mouvement où vraiment les femmes étaient et sont à la hauteur des hommes, y compris dans les brevets, les compétitions (quand il y en avait) et les concours de machines ? Et quoi de plus inclusif qu’un vélo randonneur classique de 11 kilos qu’une femme peut sans problème soulever et accrocher dans un wagon SNCF ? Pourtant ce vélo n’apparait pas dans ses pages ou est assimilé au vélo trekking/VTC qui pourtant est tout à fait autre chose.
    >>> Le livre de Laurent Belando se veut « du cyclotourisme au bikepacking ». Mais lui aussi ignore le cyclotourisme français et son matériel, assimile le vélo randonneur superbement léger au VTC lourd (et ne mentionne pas du tout le composant le plus utile du vélo cyclotouriste, le garde-boue). S’il mentionne la randonneuse comme vélo à privilégier pour certains parcours, il n’explique nulle part ce dont il s’agit réellement.

    Cet angle mort dans les trois livres n’est pas la faute de ces auteurs qui pour des raisons d’âge, d’origine ou de culture n’ont probablement jamais eu de contact avec cet héritage français du vélo. Ils partagent cette ignorance avec l’immense majorité des cyclistes de ce pays. La cause de cette méconnaissance est d’abord l’oblitération des traditions et des héritages par le rouleau compresseur d’une modernité douteuse.
    
Mais peut-être cet oubli du mouvement cyclotouriste a-t-il quelque chose en commun avec le fait que le vélo utilitaire n’arrive pas à s’imposer en France, que les femmes ne sont toujours pas à égalité ni dans la société, ni à vélo, et que le voyage à vélo reste ignoré du plus grand nombre.

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    • Si on n’est pas cyclotouriste et affilié, on n’a le droit qu’à des critiques. Quand la marmotte sortira de son trou, elle verra qu’il n’y a pas que des cyclotouristes dans le monde du vélo, elle verra qu’il y a surtout du positif dans les trois bouquins cités. Ignorance totale… ignorance de la culture française… Quel mépris ! Quelle suffisance !

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        • Excusez moi pour la violence de mon propos. J’étais un peu agacé par la façon dont vous parlez de « l’ignorance » ou la « méconnaissance » généralisée de ceux qui n’ont pas la seule et la vraie « culture cyclotouristique ». Je pense que cette « lacune » n’a pas empêché bien des clampins d’être heureux sur leurs vélos à quatre sous.

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          • Il peut y avoir « suffisance », il n’en reste pas moins que « l’excellence française » en matière de randonneuses est une réalité, enviée et copiée au Japon comme aux USA, et rendue à nouveau plus visible grâce à la résurrection des Concours de Machines. Par ailleurs Louise Roussel a reconnu (sur twitter) qu’elle ne savait pas tout.

  2. « ce truc moche qui s’appelle casquette cycliste« . Je ne peux vous laisser critiquer cet accessoire qui est à la fois (revenu) à la mode et très utile pour :
    – tenir les cheveux
    – protéger de la pluie et du soleil
    – protéger le casque et les cheveux, tel une charlotte (à condition de la laver régulièrement).
    Je ne sors jamais sans que ce soit pour la ville ou le sport!
    Question sécurité en revanche on ne parle quasiment jamais des gants, qui pour moi sont plus essentiels que le casque, il suffit de tomber une fois pour voir les dégâts que peut faire le macadam sur la peau sensible de nos petites mains.

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    • Pour les paumes on revient aux mitaines. C’est vrai qu’une chute peut faire de gros dégâts aux paumes et qu’il est utile d’avoir de quoi stopper l’hémorragie… Ça n’arrive pas tous les jours.
      Pour le soleil j’ai toujours un foulard, lequel sert de protège-cou et courants-d’air lorsque le temps se rafraîchit. La question du casque ne se pose que pour ceux qui en portent. Quant à « la mode » … c’est un commerce parmi d’autres.

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  3. Deux commentaires reçus hors blog :
    > Catherine me dit que les temps sont sous-estimés et que finalement elle a été chez le mécano, car ce n’était pas aussi facile que prétendu, en dépit des photos.
    > Jauss, sur twiter, m’écrit qu’il a suivi mes conseils mais que « franchement ce livre est très décevant. Je pensais qu’il irait beaucoup plus loin dans le détail de certaines opérations et couvrirait plus de choses. Même le chapitre sur les références de roue est superficiel. »

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