Des nouveautés au royaume du vélo électrique

4 nouvelles compagnies de vélos à assistance électrique en libre service se précipitent sur Paris. Elles ne sont pas les seules à tenter leur chance, vous lirez ici des nouvelles d’un vélo à assistance solaire, de deux vélos à assistance électrique, d’un vélo à assistance thermique et d’un vélo qui produit de l’électricité ! Bonne route, pas seulement en Ile-de-France mais … jusqu’au Congo. 

  1. VAE électriques
  2. Vélos produisant leur électricité
  3. Vélos-cargo à assistance
  4. Vélos à assistance solaire
  5. Vélo à assistance thermique
  6. La question des batteries : au-delà de l’acceptable? 

 

1- Les VAE-électriques : 3 compagnies annoncent leur venue en novembre à Paris, et 1 en septembre prochain

Jump, par Uber, déjà dans une dizaine de villes des USA, dont San Francisco qui freine, a été vu à Autonomy. Après les trottinettes voici les vélos rouges qui s’attachent aux arceaux municipaux. Ils fournissent des casques (payants) et s’entourent de recommandations de sécurité. Ils proposent « gratuitement » à qui veut de se proposer pour héberger des stations électriques. Bonne idée pour les commerçants ?

Oribiky, jeune entreprise installée à Stains (Seine-Saint-Denis) joue de la solidarité. Leur application indiquera les emplacements autorisés par la Ville de Paris, ce qui leur permet de dire qu’ils sont en « semi-floating ». Antivol pour les bagages, hauteur de selle réglable par vérin, offres spéciales pour touristes et entreprises (avec blocage spécifique), ou pour les coursiers. Un partenariat avec l’Ecole de la seconde chance favorisera le recrutement de personnes en difficulté. Les abonnements eux-mêmes se diront solidaires, sans prise en charge, avec paiement à la minute (grand public), à l’heure (coursiers), à l’année (entreprises). Les étudiants, les retraités, les fauchés devraient  aussi bénéficier de tarifs adaptés. Premiers vélos annoncés dans les arrondissements du nord de Paris.

Zoov sera sur le plateau de Saclay (Essonne) début novembre. Son service de vélos en libre-service à assistance électrique fonctionne presque sans borne car les vélos s’attachent les uns aux autres, ce qui prend 4 fois moins de place que les stations classiques telles que les Vélib’. Une station peut être installée en une heure. Les vélos peuvent aussi se garer ailleurs, en payant probablement plus cher, mais on le saura un peu plus tard, car ce service, qui vise plutôt les zones peu denses, est en test. Voir l’article de BFMTV. 

Fluow, une société créée pour l’occasion regroupant La Poste, Transdev, Velogik et Cyclez, vient de se voir attribuer la DSP (délégation de service public) de location de vélos électriques voulue par Ile-de-France Mobilté. Ce service sera disponible en septembre 2019 et concernera des locations de 10 à 20 000 vélos pour 6 mois, au prix de 40€ par mois. 200 points de location plus 50 vélocistes seront mobilisés. 500 vélocargos à assistance pourraient ultérieurement être également proposés. Tous ces véhicules seront éligibles au remboursement de 50% par l’employeur comme les abonnements aux vélos en libre-service, et au futur forfait mobilité remplaçant l’IKV.

L’Assemblée Nationale a fait savoir qu’elle envisageait de lancer un appel d’offres pour se constituer une flotte de vélos en libre-service. 

 

2- Les vélos qui produisent leur électricité

Les dynamos moyeux ont replacé les dynamos-bouteilles sur les vélos du 21ème siècle. Elles sont beaucoup plus puissantes, mais leurs connexions sont fragiles et difficiles à réparer, je viens d’en faire les frais. Ces dynamos peuvent être couplées avec des systèmes de recharge de batterie pour les téléphones par exemple. Plus on pédale fort plus on produit d’électricité, au point que certains vélos sont de véritables génératrices.

C’est un vélo Douze qui est utilisé dans le projet Ciné-cyclo, montré notamment au Festival du voyage à vélo de janvier dernier.  Vincent repart bientôt en Equateur pour 4 à 6 mois. Son carnet de route au Sénégal sera en vente au Festival en janvier 2019. Le courant nécessaire à la projection est produit sur place par le ou les pédaleurs. 

3- Les vélos cargos à assistance

Oklö, une scop créée début 2018, a mis au point un vélo cargo d’aspect nouveau. Pas de caisse sur la roue avant, pas de cadre allongé par derrière, ni remorque ni cabine non plus, mais une sorte de caisse avant, solidaire de la tige de direction. Son plateau, en bois, s’équipe en siège pour bébé, en porte-bouteilles, se remplit de sacs, accueillera bientôt une caisse avec harnais pour le chien. La caisse peut être garnie d’une poche en textile, avec vide-poche et tout ce qu’on veut. Un toit transparent, ouvrable et amovible, est proposé, et un deuxième enfant prend place à l’arrière. Le tout est conçu et monté en Haute-Savoie, le bois venant des Vosges ou de la région d’Annecy.
Le prix assez tiré est obtenu par le fait de proposer tous les accessoires en option et les batteries en plusieurs tailles. Ce vélo se présente comme particulièrement solide, avec d’authentiques, et neufs, cadres de facteur et des freins à tambour inusables.
Il est à peine plus long qu’un vélo classique, et beaucoup moins que n’importe quel vélo cargo, très maniable et plein d’astuces.

Déjà en vente à Bordeaux chez CVMDub, à Lyon chez Cycle chic, à Annecy chez l’Apartelier du cycle et à Thonon-Doussard chez M5 France, et dans quelques autres villes. Ça peut aller vite.

Quant aux vélos Douze à assistance, les plus puissants sont sans doute les « solaires ». Eric Morel est arrivé cette année 3° au Sun trip sur un Douze équipé de panneaux solaires.   

4- Les vélos à assistance solaire  

Grand jeu des écoles d’ingénieurs et des IUT (voir Coup de soleil pour la coupe du soleil à Chartres), les vélos solaires donnent rarement des résultats très probants, sauf au Sun-trip, évidemment. Vous pouvez avoir une idée du foisonnement des vélos solaires en consultant internet.

Il y a deux ans avait été présenté le S-Bike sur un concept proche de celui du SUN-E.

Le SUN-E qui a été présenté tout récemment à Montrouge, en banlieue parisienne, est donc lui aussi un vélo solaire. 5 employés communaux et employés de Bemobi (succursale de la Poste conseillant pour les plans de mobilité) vont le tester. Créé par la jeune entreprise Rool’in, ce vélo a pour vocation de rouler en ville. Son concept repose sur sa roue avant, qui se recharge au soleil même si elle ne roule pas. Des cellules photovoltaïques garnissent aussi le cadre, et s’il manque de soleil le recours au réseau est bien prévu. Voir SUN-E, le vélo «made in Montrouge» qui carbure au soleil. 20 minutes, 24 octobre 2018.

 

5- Le vélo à assistance thermique

L’Hector Delta est un vélo à assistance thermique super-puissant. Il ne consomme pourtant que de 0,3 à 0,8 litre aux 100 km.
Sa vitesse de croisière est impressionnante (35 km/h) comme le montre la vidéo de démonstration.

Son fonctionnement repose sur un moteur 4-temps et l’équilibre entre les 4 données que sont la quantité de gaz, le développement classique géré par dérailleur, la puissance des jambes et enfin la vitesse désirée. Ses émissions de CO2 sont de 10 gr par km issus de l’essence et 5 gr par l’ethanol. Ce vélo entre dans la catégorie cyclomoteurs, et il est vrai que l’on pourrait ne pas pédaler. Le système offrant une infinité de compromis possibles entre les penchants antagonistes pour la paresse et la vitesse, personne ne résiste cependant au plaisir de pédaler !!! Il est présenté par le docteur Saladin comme une des innovations les plus intéressantes du moment. 

 

6- Le vélo électrique, au-delà des limites de l’acceptable ? 

Attention ! Il ne faudrait pas abuser des vélos électriques comme nous avons abusé de tout en se tordant le cul (« moi j’ai choisi » !!!).
Le vélo électrique, au-delà des limites de l’acceptable?  se demande le site velochannel.com, en nous montrant comment sont extraites les matières qui font nos batteries. « De la mine africaine au consommateur » …

Après

voici Alerte sur les vélos électriques 

Si l’informatique et la téléphonie mobile ont enclenché une première hausse de la demande sur une certaine catégorie de métaux rares, l’automobile, mais aussi la mobilité électrique dans son ensemble, a su créer des catastrophes sans précédent au sein des pays en voie de développement.

Et puis, tient, à peine avais-je fermé l’ordinateur et acheté mon 18° numéro du magazine 200 que je tombe sur sa page 108. Que vont devenir nos batteries ? s’y demande-t-on, avec une longue réponse de 8 pages écrites après enquête soignée. Comment ça marche, qui les fabrique, combien de temps durent-elles, quelle est leur empreinte écologique et peut-on les recycler ? On y parle des différents composants, et du cobalt du Congo (source Amnesty international). Le recyclage commence à se faire. Vous devriez lire cet article, et quelques autres, par exemple sur la « longue distance » et autres pratiques époustouflantes. Cela ne vous intéresse peut-être pas mais cela n’empêche pas que cela vous passionnera. 200 étant désormais trimestriel, vous avez le temps. En vente à coup sûr dans les relays.

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3 thoughts on “Des nouveautés au royaume du vélo électrique

  1. Merci d’avoir offert une tribune de réflexion la plus ouverte possible, allant de la réalité de l’extraction des métaux rares jusqu’à la démonstration que logique et législation ne font pas toujours bon ménage.
    Le vélo assisté thermique Hector-Delta est indéniablement la machine la plus aboutie qu’il soit en matière de rendement vrai.
    Hélas son inventeur (Yvan Pesanti que je connais bien) est en proie à une grande solitude industrielle, à la fois causée par la législation (sa machine est considérée comme un cylomoteur à l’identique d’un scooter…) et par le conditionnement populaire qui se refuse à considérer que le vélo électrique ne puisse pas être la solution optimale…

    • Bonjour Dominique, c’est un sujet intéressant en effet, mais la législation cyclomoteur est-elle un frein si puissant ? Quels paramètres devraient être revus à votre avis (Vitesse max, carte grise/immat., RC spécifique, puissance, autre…) ?
      En ce qui concerne l’image du thermique, il est vrai que la tendance actuelle ne lui est pas spécifiquement favorable, et ceci est d’autant plus vrai pour le vélo qui est censé être le summum du « zéro émission », une fois construit s’entend.
      Par ailleurs, il faut considérer le véritable intérêt d’une autonomie de 400 km sur un vélo : même pour les adeptes du voyage au long cours, on trouve très rarement des voyageurs qui font des étapes de plus de 150 km, et que dire de l’acceptation d’un moteur thermique…
      Si la piste de véhicules légers à très faible consommation est non seulement une très bonne idée, et probablement un passage obligé pour les décennies à venir, j’ai le sentiment qu’un format possédant une certaine capacité d’emport aurait plus de facilité à trouver son public qu’un vélo.
      Reste qu’il s’agit d’une très belle réalisation qui pourrait quand même rencontrer un public de passionnés !? Au plaisir de se recroiser prochainement! Jacques

  2. C’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes. C’est bien connu.
    Le Hector Delta n’a rien d’innovant. Il s’agit d’une Bicyclette à Moteur Auxiliaire comme on en produisait au début du siècle dernier : une bicyclette classique, et un moteur thermique peu consommateur. Seule la technologie et la mode ont changé (freins à disques, forme du cadre plus moderne, et moteur sans doute plus efficace que ceux d’autrefois).
    L’Oklö n’a pas grand chose d’innovant non plus. C’est un vélo de la Poste avec une autre couleur et quelques accessoires plus utiles au grand public que des sacoches de facteur.
    Mais, sans surprise, ce sont, de loin, les deux produits les plus intéressants de cette liste.

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