Hackathon du vélo : des résultats pleins d’avenir

Lors de ce hackathon du vélo 4 thèmes principaux ont motivé les participants : le stationnement et le vol, la communication entre cyclistes et envers les non-cyclistes, des questions mécaniques et la location de vélos adaptés. Il a réuni autant de participants que les autres hackathons du vélo, malgré les difficultés, ou pas plus malgré la participation à distance. 

Le 21 novembre ils partirent à 40 avec 22 sujets, le 29 ils arrivèrent à 25 en 8 équipes1 Certains ne sont jamais venus, plusieurs ont renoncé pour cause de liaison insuffisante, ou se rendant compte que ça ne les intéressait pas, un s’est promené puis a disparu … deux ont fusionné puis se sont séparés… La plupart des équipes avait 3 participants, une en a eu 10, plusieurs n’en avait qu’un. Une semaine entière à bosser ensemble mais à distance, parfois sans même se connaître, aura été difficile et expliquera peut-être ce relatif échec. Car le faire « à distance » aurait dû multiplier les participants, comme les articles dans velotaf (le 9 novembre), Cyclotourisme mag (le 16 novembre), le journal Le Parisien (19 novembre) et ce blog (12 novembre), ainsi que l’émission de radio Rayons libres (23 novembre) et d’autres. 

Pourtant, au vu des résultats, d’échec on ne peut pas parler. D’abord parce que les provenances des participants étaient plus diverses que s’il avait fallu se déplacer, ensuite parce que les résultats sont très prometteurs. Les voici : 

Le vol des vélos, les garages sécurisés, la cartographie des stationnements

Le projet Nestor a réuni 5 personnes (de Lyon, du Canada et de Paris) autour de deux architectes qui tentent depuis plusieurs années de créer quelque chose de viable sur le sujet du stationnement des vélos, qu’ils voient plutôt avec services. Pour Nestor il s’agirait de kiosques où l’on confierait son vélo à garer, ce qui serait fait par Nestor, comme ferait un voiturier, dans des emplacements sous-terrains partenaires. Nestor encore irait le récupérer à votre retour. Ces kiosques pourraient proposer de nombreux services liés tels que petit entretien ou autres. Rien que sur Paris il y aurait 150 000 places disponibles dans les garages privés. 

Un projet de cartographie électronique des arceaux, racks et pince-roues, en local et en national, incluant même les amas de vélos en stationnement informel permettant de détecter les plus gros manques.

Le challenge Vòlò, qui a réuni 5 garçons de la région parisienne. L’idée est de constituer une cartographie évolutive des « points chauds » et pièges à vols de vélos, une sorte de baromètre des risques. L’application fournirait aussi plein de bons conseils en fonction du lieu, tout en veillant à avoir un ton amical, non stigmatisant pour les habitants, ni anxiogène pour les cyclistes. Ils ont cité en exemple deux lieux connus … le « triangle des Bermudes » sur le canal de l’Ourcq et le site de la Bibliothèque Nationale de France.

La communication

Le groupe de Silvi, 3 filles (de Berne, Nantes et Issy-les-Moulineaux), a planché sur la communication dans le sens de la gestion des conflits. Savoir par exemple défendre ses droits sans empiéter sur ceux des autres, être ferme mais bienveillant, penser honnêtement. En cas d’impasse, s’écarter et se préserver. Elles ont cité la communication de la sécurité routière mais aussi les réseaux sociaux. 

C’était une réflexion plus qu’une solution, mais rien que d’en parler est un début de solution. Son titre aurait pu être « Faisons baisser la tension ensemble », comme suggéré par elles. Un groupe de réflexion pourrait être utile et reste à créer.

Le parisien Abel a fait son groupe tout seul, après deux défections, et a montré deux choses. D’abord que les préjugés sur les cyclistes ont la vie dure, en témoignent les compte-rendus d’accidents. Le cycliste mort a toujours brûlé un feu, même et surtout lorsqu’il n’y a pas de témoins. Il a ensuite invité les cyclistes à parler en français, et non en patois local (fait de « cdr », de « GCUM » et de « M12 ») afin d’être compris et écoutés. 

Des questions de mécanique

L’un des projets portait sur l’électrification des vélos, l’autre sur l’assemblage personnel des vélos. 

Pour l’assemblage, un début de site a été montré, avec mode d’emploi, liens vers les vendeurs de pièces, explications etc mais avec la conclusion que cela revenait plus cher que d’acheter un vélo tout monté. Cela peut en revanche aider à ne pas acheter chinois. 

La location de vélos adaptés

Enfin, le premier projet portait sur le recensement des locations de vélos adaptés aux personnes souffrant de handicaps physiques. Le site s’était déjà bien fait connaître pendant la semaine par un relai effectué par velook appelant à envoyer des adresses.  Vous pouvez déjà les trouver ici. France vélo tourisme va s’en servir dès cette année ! 

Les lauréats sont le projet de recensement de location de vélos adaptés, le guide d’assemblage et le projet Volo. 

Des échos obtenus, l’équipe a été aux petits soins, et ça se voyait aussi pendant les auditions. Les participants étaient de Nantes, Lyon, Brest ou Paris, surtout Paris. De la séance de présentation j’ai vu des animateurs-trices aux questions affutées et bienveillantes. Dans le jury il y avait Catherine Pilon, la nouvelle secrétaire générale du Club des Villes cyclables, et la députée Paula Forteza. Jusqu’au bout les nombres ont été plus petits qu’espéré : pour la séance finale, de présentation des projets, la jauge redoutée de 100 participants n’a pas été atteinte, nous n’étions que 27, candidats (la moitié environ), jury, inscrits n’ayant pas participé, organisateurs et moi ! En gros, les chiffres de ce hackathon  sont similaires à ceux des éditions normales, deux jours à fond tous dans le même lieu. N’est-ce pas étonnant ? Les techniques digitales ne permettent-elles pas de ratisser beaucoup plus large ? Je cherche encore une explication, mais peu importe, les résultats sont très intéressants ! 

Au fait, le site est ici : Hackathon vélo 2020.
(5 décembre) Les liens vers les présentations y ont été ajoutés. Plusieurs vous intéresseront, j’en suis certaine.

Note sur le nombre de participants

  1. Sur le nombre de participants, seule déception pour moi, j’ai trouvé 35 personnes à Rennes en février dernier, 20 et 4 sujets à Paris en 2016, et de 5 à 50 selon les cas sur le site Cyclehack.com. Les 25 de cette édition font donc un nombre tout à fait ordinaire de participants. Je m’attendais toutefois à plus, grâce à la participation à distance et à la promotion.
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2 réflexions au sujet de “Hackathon du vélo : des résultats pleins d’avenir”

  1. C’était un super hackathon. Bravo aux équipes. Pas évident de faire tout ça en plein confinement. 40 participants à distance et 8 projets : C’est inédit. On en veut encore des évènements comme celui-ci.

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